25/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 2

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Pendant le repas, la discussion courut sur la nouvelle association que Kim mettait sur pieds, avec quelques autres femmes intéressées et motivées. Elles devaient se voir d'ailleurs après le diner, pour une réunion dans le salon. Il y avait un nouveau cas, très délicat de discrimination, et le Tribunal avait fait appel à Kim en tant que Présidente de cette association pour essayer de résoudre la situation sans en arriver à la Cour. Kim avait une équipe de médiatrices avec lesquelles elle s'entendait très bien, et voulait en parler ce soir aux autres membres du comité. Si le comité acceptait, Kim pourrait donner son aval à la Présidente du Tribunal et remettre le cas à son équipe. Elle était certaine que cette discrimination était en fait une histoire de jalousie amoureuse qui avait tourné à l'intrigue malsaine. Elle devait être capable de résoudre une telle situation, elle en avait vu d'autres. La difficulté résidait dans la personnalité de l'accusée, elle était très connue, et tout écart serait répercuté dans la presse, ce qui rendait la situation très délicate. Et c'était aussi une raison pour laquelle la Présidente du Tribunal lui refilait le bébé, elle voulait s'en débarrasser pour ne pas risquer sa place.

 

Kim partie, Jo aida Swan à ranger. Cela faisait longtemps que Kim et Swan avait libéré Georges du travail du soir. Il était rentré chez lui au moment du repas, en fait, il pouvait partir quand son travail était terminé. Sauf rares exceptions où sa présence était nécessaire. Kim avait une grande confiance en lui, et disait souvent qu'elle n'aurait jamais pu faire une telle carrière sans Georges. Ce qui en général amenait Swan à soupirer et Kim à ajouter, après Swan, bien sûr. Swan pour l'équilibre psychologique et physique, et Georges pour la logistique.

 

Jo, une fois retournée dans sa chambre, se reconnecta sur les cliniques. Il y en avait plusieurs, et elles ne donnaient pas toutes les mêmes statistiques. Certaines avaient un taux d'avortement relativement élevé dans les trois premiers mois, certaines acceptaient même de le pratiquer après le cinquième mois. Jo pensait plutôt à la probabilité d'être enceinte et aux divers essais successifs qu'elle serait immanquablement amenée à subir. Saman lui avait dit que ce n'était pas douloureux, contrairement à la situation par le passé qui faisait souffrir les femmes, mais que c'était extrêmement frustrant de faire l'insémination et finalement de constater que cela n'avait pas marché. Kim lui avait dit que trois fois était vraiment le maximum, après il était recommandé aux femmes soit de faire une pause, soit de changer de clinique.

Elle reprit son ordi à la page de la clinique de la colline et entra enfin dans le site. Parce que finalement, quoi qu'il advienne, elle voulait un bébé, et elle voulait voir ce que les cliniques proposaient. Elle passa les pages qui montraient les chambres, avec vue sur un parc verdoyant de roseaux et de bassins avec des nénuphars rose sombre, des bancs à l'ombre de saules et une herbe touffue qu'on aurait presque envie de manger. Elle regarda les couleurs des murs, clairs, la taille des salles de bain, les photos du personnel, des femmes en général jeunes et souriantes. Finalement, elle se concentra sur les données statistiques. Le rapport disait :

 

Depuis que la clinique de la colline a ouvert en 2077, les améliorations n'ont cessé de se poursuivre, que ce soit dans le domaine des soins, de la recherche médicale, de l'encadrement ou du bâtiment et des jardins. Tous les chiffres sont accessibles en cliquant sur l'année qui vous intéresse, nous avons retenu les nombres suivants pour vous donner une indication de notre évolution. Jo cliqua sur le sujet « grossesse » et lut :

2077 : 245 patientes dont 123 pour une insémination,

en 2098, nous avons accueilli 1736 femmes dont  825 pour une insémination

en 2077, sur les 123 femmes, 97 ont mené une grossesse à terme, 22 femmes ont abandonné en cours

parmi les femmes qui ont mené leur grossesse à terme, 3 seulement ont eu un succès à la première tentative.

A ce jour, pour l'année 2098, sur les 825 femmes qui sont venues pour une grossesse, 823 ont accouché et 2 ont renoncé. Et sur les heureuses mamans, 200 ont réussi leur insémination à la première tentative.

Jo s'interrompit de lire, songeuse. Il y avait une étoile après les chiffres, elle cherche à quoi elle faisait référence et trouva, en bas de page, une remarque qui la secoua :

« Ces chiffres sont donnés pour des naissances de fille et ne tiennent pas compte des interruptions de grossesse volontaires en raison d'une mauvaise programmation de sexe. On peut évaluer le taux d'erreur à 2 pour mille. »

Il y avait donc encore un risque de tomber enceinte d'un garçon, mais il suffisait d'avorter, en fait. Il était totalement inimaginable d'avoir un garçon pour qu'ensuite il devienne chauffeur ou pire, escort boy. Jo chassa cette pensée de son esprit et reprit sa lecture. Elle se connecta sur la page « préparatifs à la procréation assistée ».

 

 

07:05 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, femme, genre | Lien permanent | Commentaires (0)

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