26/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. georges

Chapitre 2

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Jo repensa à la limite des trois tentatives. « Cela expliquerait pourquoi certaines cliniques ont des taux de réussite élevés. En fait, elles renvoient leurs clientes vers d'autres cliniques, et elles recommencent ailleurs ! Donc c'est impossible de savoir quel est le taux réel de succès. Et pour les avortements, en fait, pourquoi devait-elles avorter? Si le tri initial avait été bien fait, il y avait peu de risque que le bébé soit malformé ou un garçon. Et il devait quand même  y avoir des cliniques ou les femmes accouchaient de garçons, puisqu'il y avait des hommes comme Georges ! » Jo se promit de demander à saman. Sans doute qu'il y avait des cliniques dans la zone, pour les hommes, mais alors, il devait aussi y avoir des femmes? Jo se jura qu'elle irait dans la zone, avec ou sans Georges. Son téléphone sonna, le visage souriant de Nam lui apparut. "Salut princesse"

- Hello ma belle. Et Jo lui raconta qu'elle avait acheté la moitié de Nowear, la boutique de l'uni, surtout les dessous, ceux avec des dentelles et des rubans bleu ciel, assortis à la doublure des nouvelles jupes. Elles passèrent un bon moment à se raconter leur journée, Nam lui dit qu'elle l'aimait et raccrocha. Jo s'endormit très vite, dans une chemise de nuit ajourée couleur de ciel de printemps.

 

Le lendemain, elle se réveilla avant la lumière et repensa à ses recherches sur la clinique de la colline. Elle réfléchit et se demanda quand serait le meilleur moment de commencer la procédure. Si elle avait de la chance, elle pourrait être enceinte immédiatement que son cycle serait analysé et enregistré. Ce qui voulait dire 9 mois plus un, approximativement. Dans moins d'une année, elle pourrait être maman d'un bébé. Elle sourit, ce serait super. Mais soudain, le souvenir de sa discussion avec Mary lui revint. Si Jo acceptait de mener à terme le projet de recherche sur cette femme du millénaire, elle aurait besoin de toute son énergie. Il serait peut-être souhaitable de remettre la grossesse à 2100, une fois les festivités terminées. Et si elle gagnait le concours pour son uni, elle devrait voyager partout, ce qui serait bien plus difficile avec un bébé. Et si Nam ne voulait pas vivre avec elle sans se marier ? Ce serait encore un autre problème. Jo se leva pour se préparer, elle verrait bien, une chose après l'autre. Ce qui comptait aujourd'hui était Georges, l'ami de Georges. Il fallait qu'elle en sache un peu plus et elle voulait vraiment aller dans la zone. Il y avait donc un monde hors du sien, un monde qu'elle ne connaissait pas et elle se sentait une très forte envie de dépasser les frontières de sa banalité.

- Bonjour Miss

- Bonjour Georges,

- Vous allez bien?

- Oui Georges, et vous?

Le rituel se déroula comme d'habitude, Jo surveillant d'être très souriante. Une fois assise dans la voiture, elle savait qu'elle avait 5 minutes avant que Nam n'arrive. Alors elle entama immédiatement :

- Georges, demain, c'est le week-end, et vous allez m'emmener à la zone

- ...

- Vous m'avez entendue, Georges?

- Oui, Miss, mais demain, j'ai des milliers de choses à faire pour votre mère et Swan, je n'aurais pas le temps de vous emmener à la zone. Et vous savez que ce n'est pas prudent

- Oui, Georges, mman m'a même  défendu d'y aller

- Et vous voulez que moi, Georges, je vous y emmène ! Vous dites vous-même  que votre mère vous l'a interdit

- Georges, je vais avoir vingt ans, et il ne sera plus possible de m'interdire quoi que ce soit, je serai majeure, et vous le savez.

- Oui, mais pour l'instant, vous n'avez pas encore atteint votre majorité, alors je ne peux pas accepter

- Georges, c'est un ordre

- Miss, ne recommencez pas, je ne vais pas accepter

- Georges, si vous ne m'y emmenez pas, j'irai toute seule, et là, ce sera vraiment très très dangereux. Imaginez, avec vous je suis en sécurité, mman a confiance en vous. Mais si je pars toute seule dans la zone, et que mman demande ou vous étiez, elle sera très fâchée

- Miss, vous abusez, c'est dangereux, je vous le dis

- Mais non, pas avec vous. Vous y allez tous les jours, et vous revenez tous les jours, dans le même  état, donc j'en déduis que ce n'est pas dangereux

- Ce n'est pas dangereux pour moi, Miss, mais pour vous, jeune fille qui plus est d'une très bonne famille, c'est risqué

- Mais je promets de ne pas sortir de la voiture, vous ne vous arrêtez pas, on ne fait que passer

- Non Miss

Nam entra dans la voiture, et Jo ne voulut pas continuer à discuter avec Georges. Elle avait peur que Nam, de crainte de faire quelque chose de mal, ne répète ses propos.

- Bonjour, tu vas bien?

- Bonjour répondît Nam en l'embrassant très tendrement dans le cou, la main posée sur sa nuque, à la naissance des cheveux. Nam resta un moment à respirer l'odeur de son amie

- Tu vas bien, dis, princesse, tu as l'air d'avoir un grand besoin de câlin

- Oui, un grand, très grand

 

- Qu'est-ce qui t'arrive?

- Maman et Cat se sont encore disputées

- ça devient une habitude ! Elles ne veulent pas faire appel à une médiatrice conjugale?

- Je crois que c'est plus grave encore, Cat a dit qu'elle allait partir 
- Quelle idiote, de toutes les façons, le divorce est interdit 
- Oui, il l'est encore, mais le Parlement est en discussion pour faire voter une loi disant qu'après vingt ans de mariage, les filles étant adultes, les mères pourraient avoir le droit de divorcer. Sous prétexte qu'on ne peut pas forcer deux êtres qui n'en ont pas envie à vivre ensemble.

- Pourquoi après vingt ans? Pourquoi pas tout le temps alors?

- Parce que la législateure estime que pour l'équilibre des enfants, il est plus positif d'avoir les deux mères ensemble que séparées. En revanche, à leur majorité, les filles quittent, ou vont quitter la maison familiale, et les mères se retrouvent en tête-à-tête, seules. Donc elles devraient pouvoir se quitter

- Quelle drôle d'idée, je me demande si ce n'est pas parce que la Présidente du Parlement en a assez de sa compagne et a envie de trouver un moyen de la virer. Comme elle est super visible, elle ne peut pas juste lui demander de partir et de trouver une nouvelle adresse. Ce serait un scandale.

- T'es dure, que sais-tu de la Présidente du Parlement?

- Rien, mais tu sais, beaucoup de lois sont initiées par les individus. En fait, toutes les lois sont  initiées par des individus. Tu verras ça en cours, l'année prochaine.

 

 

 

 

07:01 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, femme, genre | Lien permanent | Commentaires (0)

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