20/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

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Chapitre 2

Connaissance


A la pause, Jo se dirigea vers le bâtiment suivant, dans lequel Mary Mady enseignait. Elle marcha vers la salle des profes, sonna en montrant son bracelet à l'œil artificiel sur la colonne d'entrée. La porte s'ouvrit et une femme, la quarantaine, se dirigea vers elle

- Bonjour, je m'appelle Mary Mady. Vous êtes Jo?

Jo reconnut le visage qu'elle avait enregistré sur son téléphone portable.

- Oui c'est moi, bonjour madame

- Venez, on va s'asseoir ici.

Mary prit place devant une table libre, dans un coin très lumineux derrière de grandes baies vitrées qui donnaient sur le parc. La lumière du printemps était claire et on aurait dit que le ciel avait été lavé à grande eau. Les arbres étaient en fleur. Jo sourit devant tant de beauté que la nature lui offrait et s'assit.

- Je peux vous offrir un café?

- Volontiers, très froid avec du caramel, merci

Mary fit signe à une petite dame qui s'empressa d'aller préparer les boissons.

- Voilà, dit Mary, je voudrais vous parler de votre projet

- Oui? Jo était très attentive

- En fait, ce n'est pas vraiment de votre projet en tant que tel, mais de quelque chose d'approchant,

Jo leva un sourcil, il fallait savoir, on lui parlait de son projet ou non? Mais elle ne dit rien, faisant l'effort de ne pas tout de suite  s'énerver

- En fait, vous m'arrêtez si je me trompe, vous avez répondu à l'appel de la Présidente du Conseil quant à l'organisation de la fête du centenaire. Comme vous le savez, l'année prochaine sera l'année 2100 et on pensait célébrer ce passage qui est une étape importante. Tout est relatif, mais disons que dans notre société, c'est comme un anniversaire spécial qui se fête. Nous sommes d'accord?

Jo acquiesça de la tête

- Dans ce cadre, le Conseil cherche des idées et des personnes pour faire une très belle fête et marquer le coup de façon originale. Les autres universités vont faire de même  et il y aura un concours de l'uni ayant le meilleur projet.

Tout ça, Jo le savait, elle voulait maintenant savoir si son projet avait été accepté ou non. Elle s'assit différemment sur sa chaise.

- Oui, je viens au but. Votre projet est très intéressant, et vous êtes une étudiante brillante. Je fais partie du comité du conseil et nous en avons discuté. Maintenant, j'ai besoin que vous me promettiez de ne pas révéler ce que je vais vous dire. Pour plusieurs raisons : d'abord si vous refusez mon offre, je vais la proposer à une autre étudiante, et ne voudrais pas que son travail soit "saboté" par quelqu'un qui en a connaissance.

Jo haussa les épaules, ce n'était pas son genre

- Deuxièmement, je viens de vous parler de ce concours. Le projet que je vais vous soumettre est ultra confidentiel, et nous ne voudrions pas qu'une autre uni en ait vent et essaie soit de nous le, comment dire, prendre, soit de nous copier. Et troisièmement, il nous faut une personne très capable, et en vous choisissant, nous allons contre notre gouvernance qui nous impose de ne pas favoriser une étudiante vis-à-vis d'une autre. Nous devrions mettre au concours. En vous choisissant, nous faisons un choix arbitraire, ce qui pourrait être attaqué. Naturellement, tout ce que je vous dis n'existe pas, je le nierai si vous deviez le mentionner

Jo regarda à travers le plafond de verre. Les arbres étaient vraiment majestueux, tout ce vert, et toutes ces fleurs.

- Oui, Mme Mady

- Appelez-moi Mary

- Oui Mary. Je vous comprends et j'accepte cette confidentialité et ce silence imposés, vous pouvez avoir confiance, je vous écoute

- Jo, nous avons pensé que votre idée de faire une passerelle avec l'année 2000 était excellente. Prendre pour thème de retrouver comment était l'uni il y a 100 ans est vraiment un bon projet

- Oui, j'aime beaucoup mon uni, notre uni. Elle est l'une des meilleures, et je trouve que ce serait intéressant de retracer la vie de jeunes étudiantes il y a un siècle

- Le problème, c'est que l'uni n'existait pas il y a un siècle

Jo leva les yeux, surprise. Comment, l'uni n'existait pas un siècle auparavant? Elle avait été fondée en 1500, et donc elle devait exister en l'an 2000 !

- Excusez-moi, mais sur la porte principale, il est écrit que l'uni a été fondée en 1500. C'est bien avant 2000, non?

- Oui, mais l'uni sous sa forme actuelle n'existe pas depuis si longtemps. En 2000, tout était différent

- Différent, oui, c'est bien l'idée de mon projet, raconter comment les jeunes filles étaient à l'uni à cette époque. Comment elles s'habillaient, si elles avaient aussi des uniformes de faculté, comment étaient les profes, quel genre de cours était enseigné et des milliers d'autres choses

- Ecoutez, Jo, l'idée est bonne, l'idée est excellente, mais il y a un siècle, il y avait une différence fondamentale, qui pose plein de problèmes

- Comment plein de problèmes?

- Si tu as la formule de la bombe à neutrons, tu es d'accord que tu ne peux pas la mettre dans toutes les mains? Qu'une personne irresponsable ou mal intentionnée pourrait en faire un usage dramatique, juste?

- Oui, naturellement. Mais vous m'inquiétez, cette uni a une bombe dans son passé?

- Oui, mais pas que cette uni, toutes les unis.

- Je ne saisis pas. Maintenant, soit vous me faites confiance, et vous me dites ce secret si lourd, soit je me lève et je pars, et on oublie cette conversation

- Jo, je ne suis pas sûre que vous soyez prête à entendre ce que je vais vous dire...

- Alors, ne le dites pas, au revoir Mary.

Jo se leva, très énervée, bouscula la chaise et sortit de la salle des profes. Qu'est-ce qui pouvait être si dramatique? Et si son projet était bon, quel risque à le développer?

Elle décida, comme elle avait raté la deuxième sonnerie et qu'elle ne pourrait de toutes les façons pas entrer en classe, de retourner à Nowear.

 

Apres avoir acheté une quantité de soutiens, culottes, jupes et chemisiers, elle appela Georges pour lui dire qu'elle voulait rentrer et lui demander de venir la chercher. Il n'était pas très loin, il avait ramené Nam qui se sentait très mal et avait dû aller se coucher. Jo entra dans la voiture et immédiatement abaissa la vitre de communication.

- Nam va comment? Je n'ose pas l'appeler si elle dort

- Bonjour Miss

- Pardon Georges, bonjour

- Miss Nam n'est pas très en forme, elle avait les yeux rouges. Elle ne m'a rien dit, je l'ai raccompagnée chez elle et c'est tout. Vous m'avez appelé ensuite, et je suis venu vous chercher.

- Georges?

- Oui Miss

- J'ai repensé à ce que vous m'avez dit hier, au sujet de votre ami, le chauffeur

- Miss, je ne vous ai rien dit, vous avez du imaginer...

 

 

 

 

07:05 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, femme, genre | Lien permanent | Commentaires (0)

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