27/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. georges

Chapitre 2

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Nam et Jo avaient le même  âge, à quelques mois près. Mais Nam avait dû redoubler une année, suite à un accident de la main qui l'avait empêchée de passer les examens. Nam avait été très perturbée par ce retard, mais finalement, elle s'y était faite, n'ayant pas le choix. Nam était en deuxième, et Jo en troisième. Jo finirait en 2100, avec son diplôme en poche, et un bébé pensa-t-elle. Est-ce que Nam accepterait sa proposition ! Nam avait l'air si timide parfois, elle avait peur de tout, et surtout, de ne pas faire les choses comme elles devaient être faites. Elles arrivèrent devant l'uni et se séparèrent avec un long baiser. Nam avait vraiment besoin de tendresse, elle devait profondément souffrir de la situation à la maison.

A l'uni, le sujet de discussion sur toutes les lèvres était le match de tennis de dimanche. C'était la finale de Polun, et les deux finalistes étaient très connues. Il y avait le groupe des filles qui soutenait Filia, une petite blonde avec de grands yeux, une peau mate et un revers frappé terrifiant, et les autres admiraient Amy, qui avait raté à six reprises cette épreuve. Amy avait chaque fois été battue, et les paris allaient bon train. Jo traversa la volière et se dirigea vers les salles de cours. Elle avait un peu d'avance alors elle s'installa tranquillement, ouvrit sa plaque et posa quelques papiers devant elle. Bientôt Julia arriva, avec une mine de conspiratrice.

- Bonjour Julia, tu vas bien?

- Oui, merci, et toi?

- Super bien,

- Tu t'es acheté des fringues finalement à la boutique?

- Oui, plein, surtout des dessous bleu ciel avec des dentelles. Elle regarda que personne ne les observait, il n'y avait en fait personne, et découvrit le haut de son épaule

- Regarde, la bretelle à elle seule est ravissante

- Oui, c'est vraiment très joli, c'est cette nouvelle designer qui a complètement changé le look de nos vêtements, c'est génial

- Oui, et je me réjouis de la rencontrer. Elle s'appelle Nowe. J'attends avec impatience le coup de fil de la vendeuse.

- Nowe... pour Nowear?

- Exact, elle a dérivé le nom de la boutique du sien. Ou inversément, il faudra le lui demander ! Dis donc, tu en fais une  tête de conspiratrice c'est quoi tes nouveaux secrets?

- Il s'agit de la fille

- Quelle fille?

- Mais oui, celle qui a été violée

- Violée, il faudrait le prouver

- Oui, et bien la famille a laissé partir le chauffeur

- Et alors?

- Et alors, c'est sûrement parce que la fille est tellement gentille qu'elle a eu pitié. Tu te rends compte qu'il risque sa vie?

- Oui, ou bien c'est parce qu'elle ne peut pas le prouver

- Alors ça, c'est facile, pour la famille Crone, il suffit de prendre une bonne avocate, Me Faure, par exemple, c'est vite réglé !

- Encore faut-il que Me Faure accepte. Elle n'accepte que les affaires ou elle est certaine de gagner. Tu pourrais imaginer un scénario comme quoi Me Faure a été approchée par Mme Crone, et que devant les faits, très minces, Me Faure a refusé de défendre l'affaire

- Tu crois?

- Je n'en sais rien, je suppose. Remarque quand même  qu'on n'a que la version de la famille Crone, et même pas celle de la jeune fille.

- C'est vrai, tu as raison, on est quand même  vachement manipulées, non?

- Ma belle, c'est bien pour ça qu'on fait des études de droit, non? Ne me dis pas que tu as choisi pour faire plaisir à taman?

- Et bien, si, figure-toi que je n'avais pas tellement le choix. Dans la famille Liom, on fait du droit, de mère en fille, tu sais bien. Toi tu as choisi pourquoi?

- Par conviction, par amour de la justice, par volonté de faire régner l'ordre, par idéologie...

 

La sonnerie interrompit Jo, toutes les filles étaient rentrées, la porte se ferma avec un grand mouvement circulaire, et les serrures se verrouillèrent.

 

Jo était très concentrée à écouter la profe, en prenant des notes sur sa plaque quand retentit soudain la sirène de sécurité: trois coups longs, trois coups brefs, suivis de trois coups longs. La profe leva les yeux, se leva de sa chaise, demanda à toutes les jeunes filles de se lever, de tout laisser exactement en l'état et de bien vouloir la suivre. Un grand murmure s'étala dans la salle, la porte s'ouvrit avec le clic caractéristique, et les étudiantes sortirent. La profe resta à la porte, une fois toutes sorties, elle vérifia que personne n'était resté dans la salle, et emboîta le pas à la colonne de femmes dans le couloir. Elles connaissaient toutes la procédure, et même  si une aurait oublié où aller, elle n'avait qu'à suivre le troupeau. Jo marchait comme tout le monde, en direction de la sortie. Le point de ralliement se trouvait en haut des escaliers, sous le hall d'entrée. Chouette, pensa-t-elle, elle pourrait admirer la boutique et voir si la vendeuse avait mis les nouveautés en vitrine. Jo sentit son nez la piquer, elle sortit un mouchoir de sa poche et vida ses sinus. On y est, ce sont les tilleuls, ils me rappellent chaque fois que c'est le printemps. Après s'être mouchée, Jo se dirigea vers les bancs qui s'appuyaient aux murs des salles de classe, le long des couloirs. Elle cherchait une poubelle, et quand enfin en vit une, jeta son mouchoir sale dedans. Elle ne put s'empêcher de regarder le fond de la poubelle en même  temps, et sourit. Il y avait une coquine avec son mouchoir. Zut pensa-t-elle, avec son mouchoir. D'ici qu'on fasse une mauvaise connexion entre son mouchoir et ses sinus et cette satanée coquine qui traînait dans cette poubelle! Evidemment, la fille qui l'avait dans la poche l'a jetée dès qu'elle a su qu'elle devait sortir. Jo hésita un instant, puis elle pensa qu'elle n'avait rien à se reprocher et que si jamais, il suffisait de faire un test ADN, on ne pourrait pas prouver que la coquine était à elle. Tout en marchant, elle se demande ce que cela faisait comme effet de prendre une coquine de temps en temps. Elle savait que c'était interdit, toute drogue était interdite, mais il y avait une certaine tolérance vis-à-vis de cette substance. Jo ne savait pas en fait de quoi les ampoules étaient constituées, elle savait seulement qu'il fallait en casser un embout, ensuite l'autre au-dessus d'un verre pour faire couler le liquide. « Quelle drôle d'idée », pensa-t-elle. Une pilule est bien plus vite avalée qu'un sérum! Jo arriva dans le préau couvert et retrouva ses copines. Une nouvelle venue, que Jo n'avait jamais vue, demandait combien de temps le contrôle de sécurité prenait. Julia, qui se trouvait là, expliquait qu'une fois que tout le monde était sorti, ils vérifiaient sur les caméras de sécurité que personne n'était resté dans une salle, ce contrôle visuel s'accompagnait du contrôle à infrarouge classique qui signalait toute source de chaleur. Ensuite, ils envoyaient le gaz, dans toutes, absolument toutes les classes, les toilettes, les salles des profes, les bibliothèques, partout. Le gaz était coloré sur leurs écrans de contrôle, et ils pouvaient suivre le parcours grâce toujours aux caméras vidéo qui se trouvaient dans toutes les salles et dans tous les couloirs. La nouvelle demanda si il y en avait aussi dans les toilettes, et Julia répondît par l'affirmative, en signalant toutefois que les caméras se trouvaient hors des petits coins en eux-mêmes. Une fois que le gaz était distillé dans tous les espaces vides, les contrôleurs vérifiaient les modifications de la couleur du gaz. si le gaz entrait en contact avec des coquines, des armes métalliques ou électriques ou magnétiques, s'il y avait de grandes quantités de substance stockées dans un endroit, si l'image donnée cette fois-ci montrait de grands changements depuis la fois précédente, cela paraissait dans le rapport. En fait, tout figurait dans le rapport. Les filles alentour ajoutaient leurs propres commentaires. Jo pensait à cette coquine qui se cachait dans la poubelle. Il est vrai quelle n'avait jamais lu le rapport officiel qui était affiché quelques jours plus tard sur le tableau au secrétariat, mais cette fois-ci, elle pensa qu'il serait intéressant de voir si la coquine était mentionnée et comment ils en parleraient. Jo avait aussi un petit pincement de se dire qu'elle avait été idiote de laisser son mouchoir à cet endroit.

 

 

 

07:06 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, femme, genre | Lien permanent | Commentaires (0)

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