29/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 2

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Après le déjeuner, Jo se dirigeait vers la salle de cours, quand la profe arriva vers elle.

- Jo, bonjour

- Bonjour madame

- Je vais vous rendre les travaux, le vôtre est très intéressant

- Merci.

Il s'agissait d'une dissertation dont la question était "la justification psychologique, est-elle légalité". Et Jo avait choisi de parler d'une jeune femme qui voulait comprendre ses propres actes en faisant le parallèle avec le comportement de sa mère. La profe reprit:

- Vous avez voulu parler de la quête du sens de cette jeune femme qui voyage au tréfonds de son être en observant sa mère. Vous avez très bien traité le sujet. Mais j'ai une question

- Oui madame

- Vous ne faites aucune description, ni de la jeune femme, ni de sa mère, ni des lieux dans lesquels vous nous emmenez. Rien, que des concepts et des dialogues

- oui, en fait, moi je mets les mots, et vous, en me lisant, vous mettez les images. Mon texte est une rencontre entre mon imagination et la votre. Si je décrivais la jeune femme, vous verriez la personne que je vais essayer de vous faire voir, approximativement. Alors que si je ne dis rien à son sujet, vous verrez la jeune femme que vous créez en fonction de vos émotions à la lecture des mots. C'est ce qui rend le texte unique, non pas parce que ce sont mes mots, mais parce que ce sont vos images. C'est la rencontre de nous deux, intellectuellement, dans la création du texte. Car si vous ne me lisez pas, mes mots ne signifient rien ils ne sont qu'une coquille sans contenu. En fait, vous créez mon histoire en la lisant.

La sonnerie retentit, la profe regarda Jo d'un air pensif, la remercie et entra dans la salle de classe. Jo la suivit, sourit à ses copines qui étaient déjà installées, posa son sac, s'assit et entendit la porte glisser et se verrouiller. Julia n'était pas là.

A la pause, elle partit rapidement à la caf pour voir si Julia s'y trouvait. Elle était en train de lire une plaque, et Jo l'interrompit.

- Alors, tu étais où ? Toi qui détestes rater les cours, cela ne t'arrive jamais !

- J'étais en train d'arriver quand la prof de gram m'a interpellée dans le couloir, elle tenait des papiers à la main, et figure-toi que c'était mes deux pages de me Aiko.

- Tu vois, tu les avais oubliées donc, rien de grave, tu les as retrouvées, mais je ne vois pas en quoi cela t'a fait manqué le cours

- Et bien, figure-toi que ces deux petites pages se trouvaient toutes seules au centre de recherche

- oui, et alors, tu y es allée et tu les as oubliées sur place ?

- C'est vrai, j'y suis allée, mais pas depuis deux semaines. Comme j'étais très surprise, la profe m'a emmenée et on est allées vérifier la liste des personnes qui sont entrées dans le centre de recherche

- Vous avez regardé toute la liste ?

- Non, en fait on a fait l'inverse, elle a indiqué mon nom en donnant mon badge à l'oeil, et il est sorti les dernières dates de mes visites. Et j'avais donc  raison, la dernière fois que je suis passée au centre de recherche remonte à deux semaines, alors que j'ai « perdu » mes feuilles il y a quelques jours

- Peut-être qu'une étudiante les a prises par erreur et les a laissées au centre, pensant que les papiers étaient en sécurité

- Oui, mais alors dans ce cas-là, elle les aurait ramenées au secrétariat, tu ne crois pas ? En tout cas moi j'aurais fait ca

- Alors, qu'est-ce que tu as fait ?

- Et bien la prof, voyant mon trouble, a suggéré que je dépose une plainte administrative. Je suis allée voir la secrétaire et elle m'a aidé à compléter le document. C'est un peu de la paperasse, le genre de trucs qui te prend un temps fou pour pas grand chose. Je me demande qui a pondu un document pareil. Enfin, j'ai fait ce que la procédure demande, et du coup, ai raté le cours. J'ai fini le temps à la caf, ou tu m'as trouvée.

- Et tu penses quoi, des feuilles qui disparaissent ?

- Je pense que quelqu'un les a prises pour les lire, pour me copier

- Mais dans ce cas-là, elle aurait détruit les documents ensuite. C'et super risqué de déposer un papier et en plus au centre de recherche. Si c'est une étudiante qui a voulu te copier, comme tu dis, elle a aussi voulu te rendre tes notes, ce qui serait plutôt sympa. C'est quand le test avec Me Aiko ?

- La semaine prochaine, j'ai largement le temps de bosser encore

- Tu vois, je penserais plutôt que c'est une étudiante qui n'est pas très forte et qui a trouvé tes feuilles, feuilles que tu avais égarées. Elle les a éventuellement copiées et reposées au centre.

La première sonnerie sonna

- Vite, on y va. Enfin, tu les as, c'est ce qui compte

- Oui, sauf que j'avais recommencé le travail...

- Tu vois, il vaut mieux attendre, la patience paye toujours !

- Et c'est toi qui dis ca !

Elles s'engouffrèrent dans la salle, la porte glissa à la seconde sonnerie et se ferma lourdement.

 

 

 

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28/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 2

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Comme toutes les filles étaient sorties des classes, Nam arriva en souriant près d'elle,

- Hello Jo, quelle bonne surprise

- Hello Nam, oui, maintenant, on en a pour une heure. Si tu veux, on va à la boutique, et je te montre les divers vêtements que j'ai achetés. Et je suis sûre qu'elle a de nouvelles tenues à nous montrer

- Ok, super

La boutique ne faisait pas partie de l'uni, donc les règles de sécurité ne s'appliquaient pas. Par exemple, la boutique n'avait pas de portes blindées. Elles ne fermaient pas de manière hermétique, la boutique n'était pas soumise aux contrôles de gaz comme l'uni.

- Il tombe bien ce contrôle, déjà que je me suis rendue compte seulement quand je t'ai quittée, que j'avais oublié ma plaque

- Tu peux en emprunter une au secrétariat, non? En plus, elles te la chargent si tu dis quels cours tu as

- Oui, c'est ce que j'ai fait, je suis vite allée voire la secrétaire, mais avant de me donner une plaque de prêt, elle m'a fait remplir une quantité de formulaires impressionnante

- Ce sont les nouvelles directives? Elles sont sensées améliorer la sécurité administrative...

- Nouvelles, peut-être, meilleures, je ne sais pas. Si chaque fois que quelque chose est nouveau cela provoque plus de paperasse, je ne suis pas certaine de voir l'avantage de la chose. Et si il y a une raison à la production de paperasse en masse, on pourrait nous l'expliquer.

- Ce qui ferait encore plus de paperasse. De la paperasse naît la paperasse. Ou, pour parler académique, de l'administration naît l'administration

- Tu ne veux pas parler moins fort, si l'administration t'entendait

- Et bien quoi, je n'ai rien dit de mal ! Toi, tu as toujours peur de tout

- Pas de tout, mais j'aime bien respecter nos règles, comme ça, on est tranquille, on ne risque pas de se faire remarquer

- Oui Nam, moi j'aime bien me faire remarquer

- Je sais, et parfois j'ai peur pour toi, tu sais, je t'aime tant, et tu ne te rends pas compte des risques que tu prends quand tu dis toujours ce que tu penses

- Bref, Nam, et ton histoire de plaque?

- Et bien, finalement, j'en ai eu une, il était moins deux, les portes allaient se fermer. Donc j'ai pu bosser, disons, une demi-heure, avant l'alarme

- Oui, mais au moins, tu as le matériel et tu pourras reprendre le cours

- Oui. Dis, Jo, tu fais quoi ce week-end?

- Je ne sais pas encore. Je vais aller voir Mami Li, sans doute. Il parait qu'elle a changé de bungalow. Elle voulait avoir une vue sur la mer depuis très longtemps, et il y a une dame qui est partie, donc elle a pu déménager. Elle est très contente de ce changement. Kim et Swan l'ont aidée, c'est magnifique.

Nam se taisait. Jo avait oublié que la mère de Nam et sa belleman étaient en pleine dispute. Jo reprit

- Ce qu'il faut comprendre dans un couple, c'est que la relation n'est pas linéaire. Il y a des hauts et des bas. Et surtout il faut investir dans le couple. Trop de femmes sont ensemble parce qu'elles se sont aimées et ensuite, les seuls moments où elles sont ensemble sont des moments de corvée. Il n'y a plus de spontanéité, plus de diners aux chandelles... Il faut faire des choses qu'on aime ensemble. Tu sais, taman et ta belleman traversent une crise, aie confiance, si elles la traversent, si elles arrivent à se retrouver, leur couple sera encore plus fort après.

- Que maman t'entende Jo, parce qu'en ce moment, c'est vraiment galère

- Et toi, Nam tu fais quoi ce week-end?

- On va aussi aller voir Mami, et belle-Mami. Luce n'a aucune envie de se taper la route, elle aimerait rester ici avec ses copines, mais je ne veux pas y aller toute seule pour entendre nos mères se disputer. Au moins, avec Luce, on pourra parler d'autre chose.

 

La sonnerie retentit, et les filles, bien disciplinées, reprirent le chemin de leurs classes. Nam embrassa Jo très tendrement dans le cou, et lui demanda quand elles partiraient à nouveau faire un week-end toutes les deux en amoureuses? Jo promit que le prochain, ou le suivant, elles seraient ensemble, loin et seules.

 

 

 

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27/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. georges

Chapitre 2

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Nam et Jo avaient le même  âge, à quelques mois près. Mais Nam avait dû redoubler une année, suite à un accident de la main qui l'avait empêchée de passer les examens. Nam avait été très perturbée par ce retard, mais finalement, elle s'y était faite, n'ayant pas le choix. Nam était en deuxième, et Jo en troisième. Jo finirait en 2100, avec son diplôme en poche, et un bébé pensa-t-elle. Est-ce que Nam accepterait sa proposition ! Nam avait l'air si timide parfois, elle avait peur de tout, et surtout, de ne pas faire les choses comme elles devaient être faites. Elles arrivèrent devant l'uni et se séparèrent avec un long baiser. Nam avait vraiment besoin de tendresse, elle devait profondément souffrir de la situation à la maison.

A l'uni, le sujet de discussion sur toutes les lèvres était le match de tennis de dimanche. C'était la finale de Polun, et les deux finalistes étaient très connues. Il y avait le groupe des filles qui soutenait Filia, une petite blonde avec de grands yeux, une peau mate et un revers frappé terrifiant, et les autres admiraient Amy, qui avait raté à six reprises cette épreuve. Amy avait chaque fois été battue, et les paris allaient bon train. Jo traversa la volière et se dirigea vers les salles de cours. Elle avait un peu d'avance alors elle s'installa tranquillement, ouvrit sa plaque et posa quelques papiers devant elle. Bientôt Julia arriva, avec une mine de conspiratrice.

- Bonjour Julia, tu vas bien?

- Oui, merci, et toi?

- Super bien,

- Tu t'es acheté des fringues finalement à la boutique?

- Oui, plein, surtout des dessous bleu ciel avec des dentelles. Elle regarda que personne ne les observait, il n'y avait en fait personne, et découvrit le haut de son épaule

- Regarde, la bretelle à elle seule est ravissante

- Oui, c'est vraiment très joli, c'est cette nouvelle designer qui a complètement changé le look de nos vêtements, c'est génial

- Oui, et je me réjouis de la rencontrer. Elle s'appelle Nowe. J'attends avec impatience le coup de fil de la vendeuse.

- Nowe... pour Nowear?

- Exact, elle a dérivé le nom de la boutique du sien. Ou inversément, il faudra le lui demander ! Dis donc, tu en fais une  tête de conspiratrice c'est quoi tes nouveaux secrets?

- Il s'agit de la fille

- Quelle fille?

- Mais oui, celle qui a été violée

- Violée, il faudrait le prouver

- Oui, et bien la famille a laissé partir le chauffeur

- Et alors?

- Et alors, c'est sûrement parce que la fille est tellement gentille qu'elle a eu pitié. Tu te rends compte qu'il risque sa vie?

- Oui, ou bien c'est parce qu'elle ne peut pas le prouver

- Alors ça, c'est facile, pour la famille Crone, il suffit de prendre une bonne avocate, Me Faure, par exemple, c'est vite réglé !

- Encore faut-il que Me Faure accepte. Elle n'accepte que les affaires ou elle est certaine de gagner. Tu pourrais imaginer un scénario comme quoi Me Faure a été approchée par Mme Crone, et que devant les faits, très minces, Me Faure a refusé de défendre l'affaire

- Tu crois?

- Je n'en sais rien, je suppose. Remarque quand même  qu'on n'a que la version de la famille Crone, et même pas celle de la jeune fille.

- C'est vrai, tu as raison, on est quand même  vachement manipulées, non?

- Ma belle, c'est bien pour ça qu'on fait des études de droit, non? Ne me dis pas que tu as choisi pour faire plaisir à taman?

- Et bien, si, figure-toi que je n'avais pas tellement le choix. Dans la famille Liom, on fait du droit, de mère en fille, tu sais bien. Toi tu as choisi pourquoi?

- Par conviction, par amour de la justice, par volonté de faire régner l'ordre, par idéologie...

 

La sonnerie interrompit Jo, toutes les filles étaient rentrées, la porte se ferma avec un grand mouvement circulaire, et les serrures se verrouillèrent.

 

Jo était très concentrée à écouter la profe, en prenant des notes sur sa plaque quand retentit soudain la sirène de sécurité: trois coups longs, trois coups brefs, suivis de trois coups longs. La profe leva les yeux, se leva de sa chaise, demanda à toutes les jeunes filles de se lever, de tout laisser exactement en l'état et de bien vouloir la suivre. Un grand murmure s'étala dans la salle, la porte s'ouvrit avec le clic caractéristique, et les étudiantes sortirent. La profe resta à la porte, une fois toutes sorties, elle vérifia que personne n'était resté dans la salle, et emboîta le pas à la colonne de femmes dans le couloir. Elles connaissaient toutes la procédure, et même  si une aurait oublié où aller, elle n'avait qu'à suivre le troupeau. Jo marchait comme tout le monde, en direction de la sortie. Le point de ralliement se trouvait en haut des escaliers, sous le hall d'entrée. Chouette, pensa-t-elle, elle pourrait admirer la boutique et voir si la vendeuse avait mis les nouveautés en vitrine. Jo sentit son nez la piquer, elle sortit un mouchoir de sa poche et vida ses sinus. On y est, ce sont les tilleuls, ils me rappellent chaque fois que c'est le printemps. Après s'être mouchée, Jo se dirigea vers les bancs qui s'appuyaient aux murs des salles de classe, le long des couloirs. Elle cherchait une poubelle, et quand enfin en vit une, jeta son mouchoir sale dedans. Elle ne put s'empêcher de regarder le fond de la poubelle en même  temps, et sourit. Il y avait une coquine avec son mouchoir. Zut pensa-t-elle, avec son mouchoir. D'ici qu'on fasse une mauvaise connexion entre son mouchoir et ses sinus et cette satanée coquine qui traînait dans cette poubelle! Evidemment, la fille qui l'avait dans la poche l'a jetée dès qu'elle a su qu'elle devait sortir. Jo hésita un instant, puis elle pensa qu'elle n'avait rien à se reprocher et que si jamais, il suffisait de faire un test ADN, on ne pourrait pas prouver que la coquine était à elle. Tout en marchant, elle se demande ce que cela faisait comme effet de prendre une coquine de temps en temps. Elle savait que c'était interdit, toute drogue était interdite, mais il y avait une certaine tolérance vis-à-vis de cette substance. Jo ne savait pas en fait de quoi les ampoules étaient constituées, elle savait seulement qu'il fallait en casser un embout, ensuite l'autre au-dessus d'un verre pour faire couler le liquide. « Quelle drôle d'idée », pensa-t-elle. Une pilule est bien plus vite avalée qu'un sérum! Jo arriva dans le préau couvert et retrouva ses copines. Une nouvelle venue, que Jo n'avait jamais vue, demandait combien de temps le contrôle de sécurité prenait. Julia, qui se trouvait là, expliquait qu'une fois que tout le monde était sorti, ils vérifiaient sur les caméras de sécurité que personne n'était resté dans une salle, ce contrôle visuel s'accompagnait du contrôle à infrarouge classique qui signalait toute source de chaleur. Ensuite, ils envoyaient le gaz, dans toutes, absolument toutes les classes, les toilettes, les salles des profes, les bibliothèques, partout. Le gaz était coloré sur leurs écrans de contrôle, et ils pouvaient suivre le parcours grâce toujours aux caméras vidéo qui se trouvaient dans toutes les salles et dans tous les couloirs. La nouvelle demanda si il y en avait aussi dans les toilettes, et Julia répondît par l'affirmative, en signalant toutefois que les caméras se trouvaient hors des petits coins en eux-mêmes. Une fois que le gaz était distillé dans tous les espaces vides, les contrôleurs vérifiaient les modifications de la couleur du gaz. si le gaz entrait en contact avec des coquines, des armes métalliques ou électriques ou magnétiques, s'il y avait de grandes quantités de substance stockées dans un endroit, si l'image donnée cette fois-ci montrait de grands changements depuis la fois précédente, cela paraissait dans le rapport. En fait, tout figurait dans le rapport. Les filles alentour ajoutaient leurs propres commentaires. Jo pensait à cette coquine qui se cachait dans la poubelle. Il est vrai quelle n'avait jamais lu le rapport officiel qui était affiché quelques jours plus tard sur le tableau au secrétariat, mais cette fois-ci, elle pensa qu'il serait intéressant de voir si la coquine était mentionnée et comment ils en parleraient. Jo avait aussi un petit pincement de se dire qu'elle avait été idiote de laisser son mouchoir à cet endroit.

 

 

 

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26/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. georges

Chapitre 2

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Jo repensa à la limite des trois tentatives. « Cela expliquerait pourquoi certaines cliniques ont des taux de réussite élevés. En fait, elles renvoient leurs clientes vers d'autres cliniques, et elles recommencent ailleurs ! Donc c'est impossible de savoir quel est le taux réel de succès. Et pour les avortements, en fait, pourquoi devait-elles avorter? Si le tri initial avait été bien fait, il y avait peu de risque que le bébé soit malformé ou un garçon. Et il devait quand même  y avoir des cliniques ou les femmes accouchaient de garçons, puisqu'il y avait des hommes comme Georges ! » Jo se promit de demander à saman. Sans doute qu'il y avait des cliniques dans la zone, pour les hommes, mais alors, il devait aussi y avoir des femmes? Jo se jura qu'elle irait dans la zone, avec ou sans Georges. Son téléphone sonna, le visage souriant de Nam lui apparut. "Salut princesse"

- Hello ma belle. Et Jo lui raconta qu'elle avait acheté la moitié de Nowear, la boutique de l'uni, surtout les dessous, ceux avec des dentelles et des rubans bleu ciel, assortis à la doublure des nouvelles jupes. Elles passèrent un bon moment à se raconter leur journée, Nam lui dit qu'elle l'aimait et raccrocha. Jo s'endormit très vite, dans une chemise de nuit ajourée couleur de ciel de printemps.

 

Le lendemain, elle se réveilla avant la lumière et repensa à ses recherches sur la clinique de la colline. Elle réfléchit et se demanda quand serait le meilleur moment de commencer la procédure. Si elle avait de la chance, elle pourrait être enceinte immédiatement que son cycle serait analysé et enregistré. Ce qui voulait dire 9 mois plus un, approximativement. Dans moins d'une année, elle pourrait être maman d'un bébé. Elle sourit, ce serait super. Mais soudain, le souvenir de sa discussion avec Mary lui revint. Si Jo acceptait de mener à terme le projet de recherche sur cette femme du millénaire, elle aurait besoin de toute son énergie. Il serait peut-être souhaitable de remettre la grossesse à 2100, une fois les festivités terminées. Et si elle gagnait le concours pour son uni, elle devrait voyager partout, ce qui serait bien plus difficile avec un bébé. Et si Nam ne voulait pas vivre avec elle sans se marier ? Ce serait encore un autre problème. Jo se leva pour se préparer, elle verrait bien, une chose après l'autre. Ce qui comptait aujourd'hui était Georges, l'ami de Georges. Il fallait qu'elle en sache un peu plus et elle voulait vraiment aller dans la zone. Il y avait donc un monde hors du sien, un monde qu'elle ne connaissait pas et elle se sentait une très forte envie de dépasser les frontières de sa banalité.

- Bonjour Miss

- Bonjour Georges,

- Vous allez bien?

- Oui Georges, et vous?

Le rituel se déroula comme d'habitude, Jo surveillant d'être très souriante. Une fois assise dans la voiture, elle savait qu'elle avait 5 minutes avant que Nam n'arrive. Alors elle entama immédiatement :

- Georges, demain, c'est le week-end, et vous allez m'emmener à la zone

- ...

- Vous m'avez entendue, Georges?

- Oui, Miss, mais demain, j'ai des milliers de choses à faire pour votre mère et Swan, je n'aurais pas le temps de vous emmener à la zone. Et vous savez que ce n'est pas prudent

- Oui, Georges, mman m'a même  défendu d'y aller

- Et vous voulez que moi, Georges, je vous y emmène ! Vous dites vous-même  que votre mère vous l'a interdit

- Georges, je vais avoir vingt ans, et il ne sera plus possible de m'interdire quoi que ce soit, je serai majeure, et vous le savez.

- Oui, mais pour l'instant, vous n'avez pas encore atteint votre majorité, alors je ne peux pas accepter

- Georges, c'est un ordre

- Miss, ne recommencez pas, je ne vais pas accepter

- Georges, si vous ne m'y emmenez pas, j'irai toute seule, et là, ce sera vraiment très très dangereux. Imaginez, avec vous je suis en sécurité, mman a confiance en vous. Mais si je pars toute seule dans la zone, et que mman demande ou vous étiez, elle sera très fâchée

- Miss, vous abusez, c'est dangereux, je vous le dis

- Mais non, pas avec vous. Vous y allez tous les jours, et vous revenez tous les jours, dans le même  état, donc j'en déduis que ce n'est pas dangereux

- Ce n'est pas dangereux pour moi, Miss, mais pour vous, jeune fille qui plus est d'une très bonne famille, c'est risqué

- Mais je promets de ne pas sortir de la voiture, vous ne vous arrêtez pas, on ne fait que passer

- Non Miss

Nam entra dans la voiture, et Jo ne voulut pas continuer à discuter avec Georges. Elle avait peur que Nam, de crainte de faire quelque chose de mal, ne répète ses propos.

- Bonjour, tu vas bien?

- Bonjour répondît Nam en l'embrassant très tendrement dans le cou, la main posée sur sa nuque, à la naissance des cheveux. Nam resta un moment à respirer l'odeur de son amie

- Tu vas bien, dis, princesse, tu as l'air d'avoir un grand besoin de câlin

- Oui, un grand, très grand

 

- Qu'est-ce qui t'arrive?

- Maman et Cat se sont encore disputées

- ça devient une habitude ! Elles ne veulent pas faire appel à une médiatrice conjugale?

- Je crois que c'est plus grave encore, Cat a dit qu'elle allait partir 
- Quelle idiote, de toutes les façons, le divorce est interdit 
- Oui, il l'est encore, mais le Parlement est en discussion pour faire voter une loi disant qu'après vingt ans de mariage, les filles étant adultes, les mères pourraient avoir le droit de divorcer. Sous prétexte qu'on ne peut pas forcer deux êtres qui n'en ont pas envie à vivre ensemble.

- Pourquoi après vingt ans? Pourquoi pas tout le temps alors?

- Parce que la législateure estime que pour l'équilibre des enfants, il est plus positif d'avoir les deux mères ensemble que séparées. En revanche, à leur majorité, les filles quittent, ou vont quitter la maison familiale, et les mères se retrouvent en tête-à-tête, seules. Donc elles devraient pouvoir se quitter

- Quelle drôle d'idée, je me demande si ce n'est pas parce que la Présidente du Parlement en a assez de sa compagne et a envie de trouver un moyen de la virer. Comme elle est super visible, elle ne peut pas juste lui demander de partir et de trouver une nouvelle adresse. Ce serait un scandale.

- T'es dure, que sais-tu de la Présidente du Parlement?

- Rien, mais tu sais, beaucoup de lois sont initiées par les individus. En fait, toutes les lois sont  initiées par des individus. Tu verras ça en cours, l'année prochaine.

 

 

 

 

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25/10/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 2

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Pendant le repas, la discussion courut sur la nouvelle association que Kim mettait sur pieds, avec quelques autres femmes intéressées et motivées. Elles devaient se voir d'ailleurs après le diner, pour une réunion dans le salon. Il y avait un nouveau cas, très délicat de discrimination, et le Tribunal avait fait appel à Kim en tant que Présidente de cette association pour essayer de résoudre la situation sans en arriver à la Cour. Kim avait une équipe de médiatrices avec lesquelles elle s'entendait très bien, et voulait en parler ce soir aux autres membres du comité. Si le comité acceptait, Kim pourrait donner son aval à la Présidente du Tribunal et remettre le cas à son équipe. Elle était certaine que cette discrimination était en fait une histoire de jalousie amoureuse qui avait tourné à l'intrigue malsaine. Elle devait être capable de résoudre une telle situation, elle en avait vu d'autres. La difficulté résidait dans la personnalité de l'accusée, elle était très connue, et tout écart serait répercuté dans la presse, ce qui rendait la situation très délicate. Et c'était aussi une raison pour laquelle la Présidente du Tribunal lui refilait le bébé, elle voulait s'en débarrasser pour ne pas risquer sa place.

 

Kim partie, Jo aida Swan à ranger. Cela faisait longtemps que Kim et Swan avait libéré Georges du travail du soir. Il était rentré chez lui au moment du repas, en fait, il pouvait partir quand son travail était terminé. Sauf rares exceptions où sa présence était nécessaire. Kim avait une grande confiance en lui, et disait souvent qu'elle n'aurait jamais pu faire une telle carrière sans Georges. Ce qui en général amenait Swan à soupirer et Kim à ajouter, après Swan, bien sûr. Swan pour l'équilibre psychologique et physique, et Georges pour la logistique.

 

Jo, une fois retournée dans sa chambre, se reconnecta sur les cliniques. Il y en avait plusieurs, et elles ne donnaient pas toutes les mêmes statistiques. Certaines avaient un taux d'avortement relativement élevé dans les trois premiers mois, certaines acceptaient même de le pratiquer après le cinquième mois. Jo pensait plutôt à la probabilité d'être enceinte et aux divers essais successifs qu'elle serait immanquablement amenée à subir. Saman lui avait dit que ce n'était pas douloureux, contrairement à la situation par le passé qui faisait souffrir les femmes, mais que c'était extrêmement frustrant de faire l'insémination et finalement de constater que cela n'avait pas marché. Kim lui avait dit que trois fois était vraiment le maximum, après il était recommandé aux femmes soit de faire une pause, soit de changer de clinique.

Elle reprit son ordi à la page de la clinique de la colline et entra enfin dans le site. Parce que finalement, quoi qu'il advienne, elle voulait un bébé, et elle voulait voir ce que les cliniques proposaient. Elle passa les pages qui montraient les chambres, avec vue sur un parc verdoyant de roseaux et de bassins avec des nénuphars rose sombre, des bancs à l'ombre de saules et une herbe touffue qu'on aurait presque envie de manger. Elle regarda les couleurs des murs, clairs, la taille des salles de bain, les photos du personnel, des femmes en général jeunes et souriantes. Finalement, elle se concentra sur les données statistiques. Le rapport disait :

 

Depuis que la clinique de la colline a ouvert en 2077, les améliorations n'ont cessé de se poursuivre, que ce soit dans le domaine des soins, de la recherche médicale, de l'encadrement ou du bâtiment et des jardins. Tous les chiffres sont accessibles en cliquant sur l'année qui vous intéresse, nous avons retenu les nombres suivants pour vous donner une indication de notre évolution. Jo cliqua sur le sujet « grossesse » et lut :

2077 : 245 patientes dont 123 pour une insémination,

en 2098, nous avons accueilli 1736 femmes dont  825 pour une insémination

en 2077, sur les 123 femmes, 97 ont mené une grossesse à terme, 22 femmes ont abandonné en cours

parmi les femmes qui ont mené leur grossesse à terme, 3 seulement ont eu un succès à la première tentative.

A ce jour, pour l'année 2098, sur les 825 femmes qui sont venues pour une grossesse, 823 ont accouché et 2 ont renoncé. Et sur les heureuses mamans, 200 ont réussi leur insémination à la première tentative.

Jo s'interrompit de lire, songeuse. Il y avait une étoile après les chiffres, elle cherche à quoi elle faisait référence et trouva, en bas de page, une remarque qui la secoua :

« Ces chiffres sont donnés pour des naissances de fille et ne tiennent pas compte des interruptions de grossesse volontaires en raison d'une mauvaise programmation de sexe. On peut évaluer le taux d'erreur à 2 pour mille. »

Il y avait donc encore un risque de tomber enceinte d'un garçon, mais il suffisait d'avorter, en fait. Il était totalement inimaginable d'avoir un garçon pour qu'ensuite il devienne chauffeur ou pire, escort boy. Jo chassa cette pensée de son esprit et reprit sa lecture. Elle se connecta sur la page « préparatifs à la procréation assistée ».

 

 

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23/10/2010

Le Pont de l'Arabe

La traversée de la rade... la traversée de l'Arabe, titre - très ancien - d'un sketche de la Revue. Et on voudrait faire payer la traversée ? Quelle idée ! Si l'on veut désengorger la ville, il faut faire payer la traversée de Genève, et rendre le pont gratuit... on fait souffler le centre et on facilite le transport. Une ville ouverte: aux piétons, aux rencontres, aux bonheurs... et un pont de voitures pour traverser. Genève, la ville de rêve. Flânez ! et embrassez qui vous voudrez ...

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22/10/2010

Cambrioleur versus taxpayer

Jusqu'à six ans de prison pour les cambrioleurs géorgiens

 

Super ! Faisons un petit calcul: 6 ans fois 365 jours fois 10 cambrioleurs... si les calculs estimés sont de 300 francs par jour dans une prison hélvétique, le coût pour notre portemonnaie serait de 6,5 millions de francs... Disons qu'ils n'auront pas le deuxième menu ni les cours d'anglais, en prix deuxième classe à 100 francs par jour, on va règler une facture hotelière d'un peu plus de 2 millions... C'est vrai que cela laisse songeur quand on pense aux allocations familiales...

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Jill S. Georges

Chapitre 2

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En arrivant dans sa chambre, la première chose qu'elle fit fut de se brancher sur son ordi. Elle posa la tasse de thé qu'elle s'était préparée en équilibre précaire sur une pile de je-ne-sais-quoi. Georges était sympa quand même, il ne lui avait jamais fait la moindre remarque sur la difficulté qu'il avait à nettoyer sa chambre en raison du désordre qui y régnait. Pourtant, il arrivait à laisser passer l'aspirateur sans que ce dernier ne lui avale toutes ses affaires importantes qui traînaient sur le sol, comme par exemple, son rouge à lèvre. C'était quand même assez formidable que l'aspirateur passe partout sans lui bouffer son rouge. Jo pensa que Georges devait surveiller la machine et ne pas la laisser travailler toute seule. Où alors, il triait les déchets. Bref, quoi qu'il fasse, c'était super sympa car ses petites affaires étaient toujours là, mais pas la poussière.

L'ordi allumé, Jo tapa "Clinique de la Colline". Une magnifique image d'un bâtiment tout blanc derrière un très grand tilleul en fleurs apparut avec le titre "Clinique de la Colline, votre clinique" et un bouton "entrez". Jo cliqua sur la porte, et son téléphone sonna. Elle le prit et vit que Mary Mady était en ligne. Elle hésita et finit par décrocher.

 

Quand Jo termina sa conversation, elle ne bougea pas. Ce que Mary Mady lui avait dit ne devait pas être vrai, elle en tremblait presque. Kim entra dans sa chambre en même  temps qu'elle frappa,

- Dis ma belle, cela fait de nouveau trois fois que je t'appelle pour manger tu n'entends pas?

Jo ne répondit pas

- Tu n'as pas l'air bien, qu'est-ce qui se passe? Kim regarda l'écran et vit la photo de la Clinique de la Colline

- J'espère que ce n'est pas la clinique qui te met dans de tels états? Elle est très bien, en tout cas, elle était très bien. Toute ma grossesse a été suivie là-bas, et regarde le beau bébé que tu es devenue?

- Non, maman, c'est pas ça

- C'est quoi alors?

- C'est pour mon projet, mon projet pour l'uni

- Ah oui, cette projection rétroactive de l'uni il y a un siècle ! Quoi le conseil a refusé?

- Oui, enfin...

- Ecoute, je peux les appeler, le conseil me doit bien ça, ton projet est excellent, et je suis sûre que tu le mènerais à bien, sans problème

- Non, ce n'est pas ça, c'est qu'en fait on me propose un autre projet

- Un autre? Raconte-moi Jo, je n'arrive pas à comprendre, c'est trop lacunaire

- En fait, Mary Mady, tu la connais?

- Oui, de réputation, elle est très bien, elle a une très bonne aura, mais elle n'est pas en droit !

- Non en socio. Elle a dit que mon projet était très bon, mais que le conseil voulait me proposer autre chose, et qu'il fallait rester très discret pour ne pas se le faire piquer l'idée, en quelque sorte

- Oui, c'est vrai qu'avec le centenaire, tous les coups sont permis. Et c'est ce projet qui te met dans de tels états? Il s'agit de quoi?

- En fait, c'est mon idée de passerelle qui leur a plu et Mary me propose de faire une étude sur une femme

- Je ne vois pas le rapport,

- Une femme qui a vécu il y a un siècle, en 2000, et qui a eu une certaine influence, ou qui aurait pu avoir une certaine influence, je n'ai pas bien compris

- C'est qui cette femme, je connais pas mal de noms de femmes qui ont marqué le siècle

- Celle-la est une femme ordinaire

- Ordinaire? Je ne vois pas l'intérêt

- C'est tout l'intérêt. On ne parle jamais que des femmes qui ont fait des choses extraordinaires, celles qui se sont démarquées, les rares, les uniques. Mais on ne parle jamais de la femme comme tout le monde, qui fait son boulot dans son coin, sans se faire remarquer

- Oui, sauf que cette femme-là est impossible à étudier, car elle ne laisse aucune trace, elle existe au présent, mais pas dans le passé et encore moins dans l'avenir, sauf dans la génétique globale, elle représente LA femme qui est dans toutes les femmes

- Et bien il semble que Mary Mady ait obtenu tout un matériel au sujet de cette femme ordinaire qui vivait il y a 100 ans. En fait, elle m'a dit que l'uni a reçu une immense boîte avec des carnets, des disques, des photos et du matériel qui peut permettre une étude poussée. C'est un très gros travail de recherche !

- Je trouve plutôt génial, cela rejoint ton idée de passerelle, et à travers une femme qui a vécu comme toi ou moi il y a un siècle c'est super, je comprends que cela te fasse un peu peur, mais c'est vraiment un magnifique signe de confiance de la part de l'uni

- Et il y a une autre bonne nouvelle

- Qui est?

- Ce travail serait mon travail de diplôme. Il serait celui mis au concours avec les autres Unis, et mon travail de diplôme. Et Mary m'a dit que même si ce travail ne gagne pas le premier prix, pour autant qu'il soit de qualité, il me vaudrait mon diplôme.

- C'est formidable, Jo, je suis très contente pour toi, bravo. Et si tu as besoin d'aide, Swan et moi on t'aidera tout ce qu'on pourra.

Swan entra dans la chambre, le tablier autour de la taille

- Mesdames, le repas est servi, et je n'ai pas l'intention de venir vous chercher chaque fois. La prochaine fois, je mange tout sans rien vous dire.

Elles partirent les trois dans un grand éclat de rire et descendirent les escaliers, Kim expliquant la grande nouvelle à Swan.

Jo ruminait dans sa  tête la phrase de Mary qui empêchait tout son projet: "il y a un siècle, les hommes venaient aussi à l'université".

 

 

 

 

 

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21/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 2

Diapositive1.jpgConnaissance

- Georges, je vous prierai d'être poli, je n'imagine rien du tout, pour qui me prenez-vous?

- Excusez-moi, Miss, je n'aurais jamais du vous parler, vous ne devez pas être mêlée à de telles histoires. Des histoires de chauffeur. Mame Kim serait furieuse si elle savait, et je ne veux pas lui faire de la peine

- Georges, j'ai repensé à votre ami, et, si ce que vous m'avez dit est vrai, c'est totalement injuste

- C'est ce que je vous avais dit Miss

- Oui, est-ce que vous savez s'il a une avocate? Il paraît que la jeune fille est en clinique psychiatrique, elle était tellement ébranlée.

- Si j'ose, Miss, je crois surtout que saman l'a mise à l'abri des questions.

- Georges, comment s'appelle votre ami?

- Georges

- Georges, comme vous?

- Oui Miss, souvent les chauffeurs s'appellent Georges. C'est lié à leur fonction

- Voulez-vous dire qu'en fait vous avez un autre prénom à la naissance?

- Oui Miss,

- Alors, quel est votre vrai prénom Georges?

- Georges

- Vous vous moquez de moi, Georges, je n'aime pas ça

- Miss, je ne me moque pas de vous, mon prénom est Georges, ça arrive aussi.

Jo pensa que c'était absurde, et que Georges lui mentait certainement. Il ne voulait pas l'impliquer dans ses histoires, et c'est vrai que moins elle en savait, mieux elle se portait. Saman lui répétait souvent que son univers était l'uni, ses études, sa famille, ses amies et sa maison, tout le reste viendrait plus tard. Mais il y avait bien un monde après l'uni et son petit univers douillet?

- Georges

- Oui Miss

- Vous pouvez m'emmener voir Georges, votre ami?

Georges s'enfonça dans le silence, c'était presque visible

- Georges, je vous demande de m'emmener voir Georges

- Miss, je ne peux pas faire ça, je dois vous ramener à la maison,

- Georges, il est tôt, je ne rentre normalement pas avant 19 h, on a largement le temps, juste de passer

- Pourquoi Miss? Pourquoi prendre un tel risque?

- Mais juste pour voir, juste pour voir où il habite. D'ailleurs, il habite où?

- Il habite "zone CKT", comme moi et je ne vous y emmènerai pas, je vous ramène à la maison

- Georges, si vous voulez aider votre ami, il doit se défendre. Il doit prendre une avocate

- Oui, Miss, il le sait. Mais quelle avocate peut avoir un chauffeur quand en face il a la famille Crone?

Jo se tut. Georges ne l'amènerait pas à la zone, mais au moins elle avait obtenu l'adresse. La zone avait été construite il y a longtemps, quand les plans de la ville avaient été repensés suite à la grande grippe semblait-il. La zone était un quartier de 26 rues sur 26, comme une grille, et la première vers le bas, la plus proche de la rivière, s'appelait A, la deuxième B etc. et dans l'autre sens, on commençait à gauche en épelant l'alphabet. Alors pourquoi y avait-il trois lettres pour déterminer l'adresse? Deux suffisent pour fixer l'abscisse et l'ordonnée. Si l'adresse de Georges était zone CKT, cela voulait dire qu'il habitait à l'intersection entre la rue C, parallèle à la rivière, et le rue K, perpendiculaire. Que venait faire le T?

- Georges?

- Oui Miss

- Pourquoi le T?

- Comment pourquoi le thé, parce que c'est l'heure, non? L'heure du goûter, et l'heure du thé

- Georges ne faites pas l'innocent, pourquoi le T dans l'adresse? Pour situer un point dans un système de deux axes, on n'a pas besoin de 3 données. Le C et le K suffisent

- Miss, je vous ai trop parlé, oubliez cette histoire

- Georges, vous allez franchement m'énerver. Je vous le dis, si vous voulez que je m'intéresse il faut m'en dire plus?

- Vous ne devez pas vous intéresser.

- Je vous rappelle Georges que je suis étudiante en droit, que la justice est une valeur essentielle de notre société et que nous sommes un état de droit, on ne vit plus au temps de la préhistoire. Si Georges est innocent, il doit pouvoir le prouver, et s'il n'a pas une avocate efficace, il ne pourra jamais le prouver. Je ne suis qu'étudiante, mais j'ai accès à toute la jurisprudence à l'uni, j'ai les profes les plus compétentes de la ville autour de moi, je peux me renseigner, je peux vous trouver des réponses, ou même  un moyen de défense !

- Je ne sais pas Miss, c'est dangereux. La famille Crone est très puissante, la première mère était la fondatrice de la société UGLA

- Oui, la société qui gère toutes les infrastructures. Jo connaissait le nom, et se rendait bien compte que cela devenait sensible

- Miss, oubliez cette histoire

- Ok, Georges, mais en échange, expliquez-moi le T

- Le T est en fait la lettre qui fixe le bâtiment sur l'axe vertical, celui qui est perpendiculaire à la rivière. La lettre C représente l'avenue qui est le point d'entrée du quartier, elles ne sont pas toutes des grandes artères. A, par exemple, est sur la rivière, donc on ne peut jamais passer par là. La plus importante est la C, si on vient par le sud. La lettre K est la rue qui monte, sur laquelle nous habitons. Le T est le niveau, assez au nord, de notre immeuble. Voilà Miss, Georges habite la zone CKT.

Jo avait compris comment cela fonctionnait. « Intelligent » pensa-t-elle. Les hommes habitaient la zone, mais elle n'y pensa pas.

 

 

 

 

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20/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. GeorgesDiapositive1.jpg

Chapitre 2

Connaissance


A la pause, Jo se dirigea vers le bâtiment suivant, dans lequel Mary Mady enseignait. Elle marcha vers la salle des profes, sonna en montrant son bracelet à l'œil artificiel sur la colonne d'entrée. La porte s'ouvrit et une femme, la quarantaine, se dirigea vers elle

- Bonjour, je m'appelle Mary Mady. Vous êtes Jo?

Jo reconnut le visage qu'elle avait enregistré sur son téléphone portable.

- Oui c'est moi, bonjour madame

- Venez, on va s'asseoir ici.

Mary prit place devant une table libre, dans un coin très lumineux derrière de grandes baies vitrées qui donnaient sur le parc. La lumière du printemps était claire et on aurait dit que le ciel avait été lavé à grande eau. Les arbres étaient en fleur. Jo sourit devant tant de beauté que la nature lui offrait et s'assit.

- Je peux vous offrir un café?

- Volontiers, très froid avec du caramel, merci

Mary fit signe à une petite dame qui s'empressa d'aller préparer les boissons.

- Voilà, dit Mary, je voudrais vous parler de votre projet

- Oui? Jo était très attentive

- En fait, ce n'est pas vraiment de votre projet en tant que tel, mais de quelque chose d'approchant,

Jo leva un sourcil, il fallait savoir, on lui parlait de son projet ou non? Mais elle ne dit rien, faisant l'effort de ne pas tout de suite  s'énerver

- En fait, vous m'arrêtez si je me trompe, vous avez répondu à l'appel de la Présidente du Conseil quant à l'organisation de la fête du centenaire. Comme vous le savez, l'année prochaine sera l'année 2100 et on pensait célébrer ce passage qui est une étape importante. Tout est relatif, mais disons que dans notre société, c'est comme un anniversaire spécial qui se fête. Nous sommes d'accord?

Jo acquiesça de la tête

- Dans ce cadre, le Conseil cherche des idées et des personnes pour faire une très belle fête et marquer le coup de façon originale. Les autres universités vont faire de même  et il y aura un concours de l'uni ayant le meilleur projet.

Tout ça, Jo le savait, elle voulait maintenant savoir si son projet avait été accepté ou non. Elle s'assit différemment sur sa chaise.

- Oui, je viens au but. Votre projet est très intéressant, et vous êtes une étudiante brillante. Je fais partie du comité du conseil et nous en avons discuté. Maintenant, j'ai besoin que vous me promettiez de ne pas révéler ce que je vais vous dire. Pour plusieurs raisons : d'abord si vous refusez mon offre, je vais la proposer à une autre étudiante, et ne voudrais pas que son travail soit "saboté" par quelqu'un qui en a connaissance.

Jo haussa les épaules, ce n'était pas son genre

- Deuxièmement, je viens de vous parler de ce concours. Le projet que je vais vous soumettre est ultra confidentiel, et nous ne voudrions pas qu'une autre uni en ait vent et essaie soit de nous le, comment dire, prendre, soit de nous copier. Et troisièmement, il nous faut une personne très capable, et en vous choisissant, nous allons contre notre gouvernance qui nous impose de ne pas favoriser une étudiante vis-à-vis d'une autre. Nous devrions mettre au concours. En vous choisissant, nous faisons un choix arbitraire, ce qui pourrait être attaqué. Naturellement, tout ce que je vous dis n'existe pas, je le nierai si vous deviez le mentionner

Jo regarda à travers le plafond de verre. Les arbres étaient vraiment majestueux, tout ce vert, et toutes ces fleurs.

- Oui, Mme Mady

- Appelez-moi Mary

- Oui Mary. Je vous comprends et j'accepte cette confidentialité et ce silence imposés, vous pouvez avoir confiance, je vous écoute

- Jo, nous avons pensé que votre idée de faire une passerelle avec l'année 2000 était excellente. Prendre pour thème de retrouver comment était l'uni il y a 100 ans est vraiment un bon projet

- Oui, j'aime beaucoup mon uni, notre uni. Elle est l'une des meilleures, et je trouve que ce serait intéressant de retracer la vie de jeunes étudiantes il y a un siècle

- Le problème, c'est que l'uni n'existait pas il y a un siècle

Jo leva les yeux, surprise. Comment, l'uni n'existait pas un siècle auparavant? Elle avait été fondée en 1500, et donc elle devait exister en l'an 2000 !

- Excusez-moi, mais sur la porte principale, il est écrit que l'uni a été fondée en 1500. C'est bien avant 2000, non?

- Oui, mais l'uni sous sa forme actuelle n'existe pas depuis si longtemps. En 2000, tout était différent

- Différent, oui, c'est bien l'idée de mon projet, raconter comment les jeunes filles étaient à l'uni à cette époque. Comment elles s'habillaient, si elles avaient aussi des uniformes de faculté, comment étaient les profes, quel genre de cours était enseigné et des milliers d'autres choses

- Ecoutez, Jo, l'idée est bonne, l'idée est excellente, mais il y a un siècle, il y avait une différence fondamentale, qui pose plein de problèmes

- Comment plein de problèmes?

- Si tu as la formule de la bombe à neutrons, tu es d'accord que tu ne peux pas la mettre dans toutes les mains? Qu'une personne irresponsable ou mal intentionnée pourrait en faire un usage dramatique, juste?

- Oui, naturellement. Mais vous m'inquiétez, cette uni a une bombe dans son passé?

- Oui, mais pas que cette uni, toutes les unis.

- Je ne saisis pas. Maintenant, soit vous me faites confiance, et vous me dites ce secret si lourd, soit je me lève et je pars, et on oublie cette conversation

- Jo, je ne suis pas sûre que vous soyez prête à entendre ce que je vais vous dire...

- Alors, ne le dites pas, au revoir Mary.

Jo se leva, très énervée, bouscula la chaise et sortit de la salle des profes. Qu'est-ce qui pouvait être si dramatique? Et si son projet était bon, quel risque à le développer?

Elle décida, comme elle avait raté la deuxième sonnerie et qu'elle ne pourrait de toutes les façons pas entrer en classe, de retourner à Nowear.

 

Apres avoir acheté une quantité de soutiens, culottes, jupes et chemisiers, elle appela Georges pour lui dire qu'elle voulait rentrer et lui demander de venir la chercher. Il n'était pas très loin, il avait ramené Nam qui se sentait très mal et avait dû aller se coucher. Jo entra dans la voiture et immédiatement abaissa la vitre de communication.

- Nam va comment? Je n'ose pas l'appeler si elle dort

- Bonjour Miss

- Pardon Georges, bonjour

- Miss Nam n'est pas très en forme, elle avait les yeux rouges. Elle ne m'a rien dit, je l'ai raccompagnée chez elle et c'est tout. Vous m'avez appelé ensuite, et je suis venu vous chercher.

- Georges?

- Oui Miss

- J'ai repensé à ce que vous m'avez dit hier, au sujet de votre ami, le chauffeur

- Miss, je ne vous ai rien dit, vous avez du imaginer...

 

 

 

 

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19/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1

InnocenceDiapositive1.jpg

Jo passa en salle de cours, se sentant prête pour le test, elle n'avait pas trop le trac. Elle avait beaucoup de facilités pour retenir les sujets qui l'intéressaient, et un bon sens de déduction logique. Et elle aimait bien l'uni, sa fac, l'ambiance, ses copines. Ce monde était merveilleux. Et elle voulait un bébé, elle se promit en sortant du cours d'aller le soir même  sur l'ordi pour s'informer au sujet des cliniques. Saman était allée à la Clinique de la Colline, et elle irait peut-être au même endroit. A midi, en arrivant à la caf, Jo sourit. C'était le printemps et on voyait que les filles avaient envie de soleil. Sur la terrasse, elle constata que beaucoup d'étudiantes avait déjà revêtu les jupes de leurs uniformes, abandonnant les pantalons, et certaines étaient déjà en chemiser à manches courtes. Il y avait une grande diversité grâce à ces uniformes. Elles avaient toutes les mêmes vêtements, et pourtant, elles étaient toutes différentes. Jo pensa que cela faisait longtemps qu'elle n'était plus allée à la boutique Nowear de l'uni, et elle décida de s'y rendre immédiatement, ayant encore une demi-heure de libre. Jo avait appelé Mary Mady, et elle lui avait demandé de passer à la pause de l'après-midi. Donc elle avait du temps, et Julia se proposa de l'accompagner. En attendant l'ascenseur, Julia lui demanda si elle savait la suite de cette horrible histoire de viol. Comme Jo répondit négativement, elle expliqua qu'elle n'avait finalement pas eu le temps de regarder les nouvelles. Julia la regarda droit dans les yeux et lui dit :

- La jeune fille a du être internée en clinique psychiatrique cette nuit. Elle était complètement détruite

- Comment tu sais ça toi?

- Je l'ai entendu de maman qui a une amie docteure là-bas. Il paraît qu'elle est arrivée comme un zombie. Ils n'ont même pas pu lui faire des tests sanguins, tellement elle était mal

- Quelle horreur, la pauvre. Tu y crois à cette histoire?

Julia la regarda avec surprise, et Jo sentit qu'elle avait fait une boulette.

- Je veux dire, que son implant était valable? Tu vois un peu le problème si les sociétés pharma commencent à rappeler les hommes pour leur changer leurs implants ! Quelle pub négative !

- Oui, c'est fou, j'aimerais bien être l'avocate de la boîte pharma, elle va avoir du travail et en plus, super intéressant

Jo et Julia arrivèrent à la boutique, elle était située sur le parvis de l'uni, on la voyait depuis l'extérieur et depuis l'intérieur. Il y avait des portes des deux côtés, ce qui était très pratique pour y accéder. La vendeuse se dirigea vers elles avec un grand sourire

- C'est le printemps, et tout le monde arrive ! Et vous avez une chance incroyable, je viens de recevoir la nouvelle collection: les uniformes sont super légers, la qualité des tissus est magnifique. Le lin est doux au toucher, le coton très fin, les chemisiers sont très légèrement plus longs, ce qui est très joli si vous les portez sur les jupes. On a les nouvelles jupes à plis, gris clair comme d'habitude, mais avec une doublure bleu ciel. D'ailleurs, pour celles qui veulent, on a aussi une gamme de sous-vêtements assortis au même  tissu. Mais ça, ce n'est pas dans la liste, c'est à choix ! Devant les mines réjouies de Jo et Julia, la vendeuse sourit et leur dit: « venez, je vais vous montrer. »

 

Elles se dirigèrent vers le fond du magasin. Une mère était au comptoir, avec sa fille, et elles étaient vraisemblablement en train d'acheter le matériel de première année. La mère avait l'air totalement paniquée, une liste à la main, et la fille regardait tout avec des yeux grands comme des soucoupes. Jo rigola en se rappelant leur première visite avec Kim, à peu près à la même date, trois ans auparavant. Le temps filait, et les dessous étaient adorables. Les soutiens pigeonnaient avec des dentelles ajourées, en bleu ciel, blanc ou mauve pale, les slips reprenaient les mêmes petits nœuds en ruban, les broderies vaporeuses se retrouvaient dans les doublures des jupes et pantalons officiels. Jo adora. Elle s'exclamait devant les portants. La vendeuse expliqua que la marque Nowear avait été reprise par une nouvelle designer, une femme très jeune qui voulait, tout en gardant le sérieux et la qualité des vêtements d'uniformes, y ajouter une note très féminine. Elle avait choisi deux moyens de le faire, le premier, utiliser des tissus très nobles et le deuxième, rendre ce qui était invisible beau et agréable. Son principe était que la femme s'habille d'abord pour elle, et elle devait donc se soigner. « Même  si les autres ne voient pas la doublure d'une jupe, la cliente, en la mettant, la voit et elle se fait plaisir à elle-même en la mettant. C'est comme un secret partagé avec soi. » Jo demanda alors

- Et les dessous? c'est nouveau que vous ayez les soutiens et des culottes.

- Oui, cela provient du même principe. Se faire plaisir à soi, se sentir bien dans ses vêtements avant d'affronter la journée. Et les dessous sont les premiers éléments qui touchent notre corps.

Julia la tirait par le bras,

- Il faut qu'on y aille, ça va sonner.

- Ok, je reviendrai plus tard, merci en tout cas, et c'est vraiment une réussite.

- Avant que vous ne partiez, si vous voulez, Nowe, la designer, organise un défilé pour montrer sa nouvelle collection et expliquer son concept. Il est prévu pour le conseil de l'uni et les profes, mais si cela vous intéresse, je suis sûre que je peux vous faire inviter.

- Avec plaisir, je repasse ce soir.

 

Julia était déjà partie, Jo la rattrapa devant les ascenseurs.

- C'est génial cette nouvelle ligne de vêtements, et les sous-vêtements sont vraiment ravissants.

- Oui, tu as regardé les prix?

- Non, toi tu as regardé les prix? Depuis quand tu regardes autre chose que la marque dans les étiquettes?

- Je ne regarde pas, mais j'ai vu. Et bien ma chère, c'est pas piqué des hannetons.

Elles s’engouffrèrent dans la salle et la porte, au son de la deuxième sonnerie, glissa et se referma hermétiquement.

 

 

 

 

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18/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1

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Quand Jo eut fini de travailler son cours, elle avait exactement deux pages de notes, elle imprima une seule feuille de papier, recto verso et regarda l'heure. Il était encore tôt, et elle hésitait à commencer autre chose. Elle descendit et trouva Kim et Swan en train de finir de ranger la cuisine. Il restait du vin

- Swan a gardé exprès un verre de vin pour toi, ma belle. Tu le veux maintenant que tu as fini?

- Oui, merci.

- Tu fais quoi? Tu veux qu'on regarde un film ensemble?

- Non, merci. Dis, tu as entendu cette histoire de viol.

- Oui, bien sur. C'est triste pour ce garçon, il risque vraiment gros

- Et c'est surtout horrible pour cette fille, ajouta Swan. Elle a failli être violée, tu ne peux pas imaginer ce que cela veut dire ! Qu'une personne, un homme, te force physiquement à te laisser pénétrer, à te laisser envahir, et te fasse mal en plus. Le viol est l'atteinte la plus grave avant le meurtre, et c'est très bien que la législateure l'ait qualifié comme ça. Imagine, la femme, sans défense, meurtrie, blessée, salie dans son corps, dans son amour propre, dans sa dignité. Il faut un temps fou, et encore cela ne marche pas toujours, pour digérer et passer outre un tel acte.

- Oui, c'est horrible. C'est bien pour ça que les hommes ont des implants dans le bras, c'est pour retenir leurs pulsions sexuelles

Kim était silencieuse. Elle finit son verre et décréta

- Il est tard, c'est un sujet pénible, je vous propose d'aller se coucher. Bisoux ma fille, à demain,

- A demain mman, à demain Swan.

Jo les embrassa toutes les deux et remonta dans sa chambre. Elle s'assit sur son lit et réalisa qu'elle n'avait pas dit à Kim qu'une profe voulait la voir pour son projet.

 

Georges l'attendait devant la porte

- Bonjour Georges, dit Jo

- Bonjour Miss

- Vous allez bien?

- Très bien Miss, et vous?

- Oui très bien, merci

Jo s'assit dans la voiture. Elle sortit sa feuille et commença à relire ses notes. Au fur et a mesure qu'elle suivait les mots, elle voyait, comme s'ils étaient écrits dans sa tête, les paragraphes complets s'inscrire. Le titre appelait le texte. Quand Nam entra dans la voiture, Jo avait terminé. Elle reçut les trois bises consacrées et regarda Nam

- Tu n'as pas l'air bien en forme ce matin

- Oui, maman et Cat se sont disputées encore une fois

- C'est pénible, mais tu ne devrais pas t'en mêler

- Je ne m'en mêle pas, mais Luce est venue dans ma chambre, elle pleurait, alors on a parlé presque toute la nuit. Evidemment, maintenant, je suis crevée. J'ai pris un Tripan ce matin pour tenir, et en ai un deuxième dans mon sac au cas où je m'endors en cours

- N'abuse pas de ces trucs, ce n'est pas bon, je t'assure. Tu peux éventuellement rentrer à la maison et dormir, c'est mieux

- Oui, mais ce matin, on nous donne les explications pour le sujet de recherche, tu sais. Et mon sujet est assez complexe, donc j'ai absolument besoin d'être là pour écouter.

- Ok, mais si cette après-midi tu te sens mal, Georges peut te ramener, il n'y a aucun souci.

- Merci Jo, tu es super. On verra.

 

 

 

 

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15/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

ChapitrDiapositive1.jpge 1

Innocence

 

- Bonjour Jo, tu vas bien?

Swan était à la cuisine en train de préparer des pâtes aux haricots.

- Regarde les haricots, ils sont magnifiques

- Magnifiques? Ce sont des haricots

- Oui, mais vert sapin, avec un léger duvet, une tige d'un côté, longs et fins, recourbés comme une nouvelle lune, bref, un miracle de la nature

- Oui, un miracle, surtout parce qu'ils viennent de ton jardin, que tu as cultivé avec tes petites mains, avec ton engrais et de l'eau de pluie tous les jours. Jo riait

- Et avec tout mon amour. Ce sont des haricots d'amour

- Et bien Swan, je me réjouis de manger des haricots, pardon, tes haricots d'amour. Et Jo quitta la cuisine pour aller dans sa chambre. Elle était en train de monter les escaliers quand son téléphone portable vibra. Elle le prit dans sa main, et ne reconnaissant pas la tête qui lui souriait, ne répondit pas. Jo avait comme principe de ne jamais répondre aux appels d'inconnues. C'étaient des spams et ça la hérissait d'être dérangée pour des futilités. Elle renouvelait régulièrement son abonnement anti-spams, mais chaque semaine, elle avait au moins deux appels non désirés. Elle regarda l'image de la jeune femme blonde qui lui souriait. Certainement encore une image de synthèse, pensa-t-elle. On vous montre une jolie femme blonde et en fait, vous parlez à un horrible dragon vieux et poilu, édenté, avec des oreilles rouges et des grandes dents... elle sourit et reprit l'ascension vers sa chambre. Arrivée sur le seuil, elle jeta son sac par terre, enleva sa veste, ses chaussettes, et reprit son téléphone. L'inconnue aux oreilles rouges et aux grandes dents lui avait laissé un message. Jo choisit de l'écouter plutôt que de le lire, et pressa sur la touche prévue sur le côté:

- Bonjour Jo, je suis Mary Mady, Professeure à la fac de sociologie. C'est la Présidente du Conseil de l'université qui m'a conseillé de vous appeler. Je ne voudrais pas vous expliquer la raison de mon appel à un téléphone. Pourriez-vous me rappeler demain à votre meilleure convenance? Vous pouvez le faire en-dehors des heures de l'uni,  il n'y a aucun problème. Merci et bonne soirée"

Jo cria de joie. "C'est la profe dont Julia m'a parlé 'c'est pour mon projet, c'est trop génial!"

Elle se regarda dans la glace, se sourit, se trouva très super et descendit pour aider aux préparatifs des haricots princesses.

 Kim arriva assez tard, le repas était prêt et Jo était repartie dans sa chambre pour travailler son test du lendemain. Elle dégagea quelques objets qui encombraient son bureau, installa le clavier de façon à y avoir accès, sur quelques papiers et livres ouverts qui traînaient là, sortit des stylos et une plaque. Elle prit celle du droit des affaires, et commença sa lecture. Son stylo lui permettait de souligner les passages qui lui semblaient importants, éliminant par la suite ceux qui ne servaient qu'à justifier l'idée principale. Le texte se déroulait sur la plaque au fur et à mesure de sa lecture. Sur son ordi, elle voyait les textes qu'elle avait surlignés qui apparaissaient, formant un résumé relativement concis. Elle essayait de ne pas avoir plus de deux pages de résumé pour tous les sujets qu'elle devait retenir, ainsi elle pouvait l'imprimer recto verso sur une seule feuille de papier qu'elle emportait avec elle. Pour réviser, c'était impeccable, il lui était même  arrivé de relire ses notes aux toilettes! Saman arriva alors qu'elle n'avait pas encore fini, et Jo descendit pour manger. Elle embrassa Kim qui avait l'air crevée

- Mman, tu travailles trop

- Oui, je sais, alors j'ai besoin d'un bon verre de vin et d'une chouette compagnie. Cela tombe bien, vous êtes là toutes les deux.

Swan lui servit un verre de vin rouge, sombre et opaque

- Il fait de très belles cuisses sur le verre, il est chambré, lourd, 14 degrés, comme tu l'aimes

- Merci Swan, Jo tu prends un verre?

- Non mman, je suis en train de bosser pour mon test de demain, et je préfère avoir les idées claires.

- Ok, ne travaille pas trop...

Kim sourit, et Jo comprit bien le sous-entendu

- C'est de famille, tu ne savais pas? Chez les Solen, on travaille trop, et tu sais pourquoi? Parce qu'on aime ça, non pas qu'on aime, on adore !

 

 

 

 

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14/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1Diapositive1.jpg

Innocence

Une fois que Nam eut quitté la voiture, Jo reprit son interrogatoire et reposa la question à Georges:

- Alors, pourquoi injuste? Que savez-vous sur cette histoire de viol?

- Miss, n'insistez pas, je ne veux pas me mettre, pardon, vous mettre dans une situation embarrassante.

- Georges, non seulement j'insiste, mais si vous ne me dites pas, je demanderai à mman d'écrire un rapport de désobéissance. Vous savez ce qu'il en coûte...

- Vous ne feriez pas ça, ou même  si vous le faisiez, Mame Kim ne l'enverrait pas, j'en suis certain

- Georges, je suis extrêmement sérieuse. Pourquoi disiez-vous que c'était la famille qui disait que le chauffeur était ivre?

- Ok, Miss, je vais vous dire. Je connais le chauffeur. Il est comme moi, il travaille depuis toujours pour cette famille. Il connaît la jeune fille, elle est un peu, comment dirais-je, gâtée? Saman lui avait offert un escort boy pour ses 18 ans, ce qui est tôt, si je peux me permettre, trop tôt. Et depuis, cette jeune fille harcelait mon ami, son chauffeur. Lui était terrorisé, il me l'avait dit. Il ne savait pas comment réagir. Il ne pouvait rien dire à la jeune fille, elle le menaçait. Et en même  temps, elle le courtisait. Lui promettait des tas de choses s'il l'embrassait par exemple. Je ne sais pas si j'ose, mais elle lui a offert plusieurs soirées dans des clubs, des spas. Il ne pouvait pas refuser,

- Pourquoi n'a-t-il pas parlé à la mère de la jeune fille?

- Il a essayé, avec des mots très faibles, pour voir la réaction. Je vous l'ai dit Miss, cette jeune fille est très gâtée, et saman ne veut pas se poser les bonnes questions sans doute. Enfin, je n'en sais rien, mais je compare avec vous et Mame Kim. Vous vous parlez beaucoup, vous faites des activités ensemble. Cette jeune fille ne faisait rien avec saman. C'est mon ami le chauffeur qui me l'a raconté. Cette jeune fille avait beaucoup d'argent de poche, et elle emmenait mon ami pour le shopping, presque tous les jours. Et lui se sentait de plus en plus mal

- Il aurait pu partir, chercher un nouveau poste?

- En expliquant quoi, comment ! "Oui, madame, je cherche un emploi car la fille de la famille pour laquelle je travaille me harcèle tout le temps ". Qui aurait voulu l'engager? Et en plus, la mère ne lui aurait pas fait de bonnes qualifications. Et qu'aurait-il pu lui donner comme raison?

- N'empêche, alors pourquoi l'a-t-il violée. Il a bu pour oublier et il a voulu se venger?

- Non, Miss, c'est pire

- Pire?

- Oui, ce n'est pas lui qui était saoul, mais elle

- Elle, la fille?

- Oui, quand elle sortait à ses soirées, elle finissait très tard, et buvait trop. Il me l'avait raconté plusieurs fois. Et en plus, elle ne voulait pas qu'il rentre et revienne la chercher, il devait attendre devant l'immeuble, au volant de la voiture. Et il ne savait jamais quand elle allait arriver. Il dormait parfois au volant, ou bien il lisait.

- Et alors?

- Elle revenait très souvent saoule, en riant, et elle l'embrassait. Je vous l'ai dit, la mère lui avait offert un escort boy pour ses 18 ans, et depuis elle avait développé une sorte de manque, je ne sais pas

- Et elle l'embrassait? Jo sentit un dégout lui monter aux lèvres. "Embrasser un homme, et en plus, le chauffeur ! Quelle horreur".

- Continuez Georges

- Miss, je vous parle trop, je sens bien que cela va m'attirer des ennuis, vous en savez assez

- Vous plaisantez, je ne sais rien, vous avez juste commencé à m'expliquer. Reprenons, donc ce fameux soir, elle est revenue complètement bourrée

- Oui, complètement ivre. En entrant dans la voiture, elle s'est jetée sur lui, elle commençait à le déshabiller, il ne pouvait plus remonter la vitre de protection, elle lui disait des mots terribles. Et il se sentait mal, il avait peur, et elle riait. Alors il a pris son courage à deux mains, il lui a dit qu'elle ne pouvait pas le forcer et que si elle continuait, il allait partir, quitter la famille. Elle riait, en disant que s'il faisait ça, elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour le détruire et pour qu'il ne trouve plus jamais une place convenable. Elle lui a aussi dit qu'elle avait des photos des soirs ou il était allé dans les spas, à ses frais, qu'elle dirait qu'il lui avait volé cet argent pour se payer des soirées grand luxe. Il m'a dit, Miss, vous ne pouvez pas imaginer. Il ne savait pas quoi faire. Il a essayé de la raisonner, de lui dire qu'il valait mieux rentrer. Il a aussi essayé de gagner du temps, de lui dire qu'ils seraient mieux à la maison. Rien, elle ne voulait rien entendre, elle a commencé à enlever ses bas. Il a essayé de l'en empêcher, et finalement...

- Finalement quoi, il s'est laissé convaincre? Il a cédé?

- Non, finalement, il a eu tellement peur, il savait bien qu'il risquait la peine de mort s'il la touchait, et en plus, avec l'implant, il n'avait aucun désir pour cette jeune femme. C'est bien le but des implants Miss, vous comprenez

- Oui, je comprends

- Alors finalement, il s'est dit qu'il n'avait qu'une seule chance de s'en tirer, c'était de partir très vite en courant. Tant pis, il perdrait son job, mais au moins, il serait sauf

- Et c'est ce qu'il a fait?

- Oui, c'est ce qu'il a fait et n'aurait jamais du faire. Il s'est enfui,

- Alors, je ne vois pas le problème, il n'y a pas eu de viol?

- Oui, c'est là tout le problème. La jeune fille, voyant que le chauffeur s'enfuyait, s'est arraché le chemisier, et s'est mise a hurler "au viol, au viol". Et comme la voiture était parquée devant l'immeuble où il y avait la fête, il y avait forcément des jeunes filles qui passaient devant. Et la première s'est mise à crier, et la seconde a appelé des secours. La police est arrivée dans les 3 minutes, et ils sont partis en courant pour rattraper mon ami. Il n'était pas très loin, il reprenait ses esprits, en se demandant ce qui lui arrivait, lui qui avait été un très bon employé pendant toutes ses années.

- Et la police l'a arrêté?

- Oui, il ne comprenait pas, puisqu'il n'avait rien fait. Il répétait que c'était une erreur, qu'il ne l'avait pas touchée, jusqu'au moment ou le policier lui a demandé de se taire, car ses propose l'accusaient,

Georges se tut. Il conduisait en se concentrant très fortement sur la route devant lui. Bientôt, ils arrivèrent à la maison. Jo était pensive

- Et vous savez qu'il a le droit d'avoir une avocate, c'est la loi, article 43 du code de procédure pénale

- Oui, mais comment le financer? Et en face de lui il a une famille très respectable. C'est la parole de la jeune fille contre la sienne. Et il vaut quoi, lui, il n'est qu'un chauffeur ! Moi je le connais car on habite dans le même... immeuble, on se croise très souvent. Et je crois que c'est un bon type, je ne l'imagine pas du tout mentir. Il est loyal et correct. D'ailleurs il n'a jamais eu à faire avec la police. Mais maintenant, à cause de cette jeune fille dépravée, il risque sa vie

Jo ouvrit la portière.

- Au revoir Georges, on se voit demain

- Au revoir, Miss. Vous me promettez de ne rien dire? J'ai obéi à vos ordres pour ne pas recevoir un blâme...

- Oui, j'ai abusé de mon pouvoir pour vous faire parler. Je suis désolée, mais sinon vous n'auriez rien raconté. A demain, je ne dirai rien, promis

Jo ferma la portière, et entra dans la maison.


 

 

 

 

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13/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1

InnocenceDiapositive1.jpg

 

Jo rêvassait quand elle se reprit à penser au viol dont toutes les filles parlaient. Un viol. Comment est-ce qu'un chauffeur pouvait violer une jeune fille? Il savait bien qu'il risquait la peine de mort. Et si c'était un chauffeur, comment pouvait-il avoir des envies de femme puisqu'ils étaient tous homos. Etaient-ils tous homos? Jo écarta cette question qui lui semblait loufoque, et revint au chauffeur. Elle savait que les hommes ne prenaient plus la pilule depuis que des implants efficaces d'hormones avaient pu être testés il y avait une dizaine d'année. Avant, les hommes prenaient une pilule chaque jour pour contenir leurs pulsions, ça devait être dingue, tous les jours penser à prendre une pilule ! La science médicale avait fait de grands progrès en inventant ces implants qu'on leur mettait dans le bras, au-dessus du coude. Ils duraient environ trois ans et étaient remplacés sous anesthésie locale. Une remarquable avancée. Les femmes étaient tranquilles avec n'importe quel homme, elles ne risquaient rien. Alors que s'était-il passé avec ce chauffeur? S'il arrivait à prouver que son implant avait dysfonctionné, il pourrait s'en tirer et reporter la faute sur la société pharma. Mais aurait-il les moyens de se payer un bon avocat quand une marque pharmaceutique avait des armées de juristes à disposition? Et les meilleurs? Et viol, y avait-il eu viol? L'article 246 du code disait très clairement que le viol était toute action entreprise dans un but sexuel sans l'accord de la femme. Jo pensa que c'était curieux de penser qu'on ne pouvait pas violer un homme mais seulement une femme. « Normal » pensa-t-elle, « une femme porte l'enfant, pas un homme. Donc il est tout à fait logique que le viol ne s'applique qu'aux femmes, victimes et aux hommes, coupables. Notre législateure fait bien les choses. »

Georges l'attendait comme chaque soir sur le parking prévu pour les chauffeurs. Il discutait avec un de ses collègues et semblait très agité. Jo le regarda un moment avant de s'approcher de la voiture. Georges, surpris, s'excusa vaguement et se précipita au volant, en lançant à l'autre qu'il trouvait cela franchement injuste. Une fois dans la voiture, comme Nam n'arrivait pas, Jo appuya sur le bouton qui permettait la communication avec le chauffeur et demanda à Georges si elle pouvait lui poser une question. Georges répondit que oui mais qu'il ne promettait pas une réponse.

- Georges, je vous ai entendu dire que cela était trop injuste, de quoi parliez-vous?

- Je ne veux pas vous déranger avec cela Miss

- Vous ne me dérangez pas, Nam n'est pas là, je suis étudiante à la fac de droit, donc la justice devrait m'intéresser ! Et en général, je ne vous trouve pas en train de discuter avec d'autres chauffeurs quand j'arrive

- Miss, ne dites rien, je suis désolée, j'aurais dû vous  attendre dans la voiture, veuillez m'excuser

- Mais non Georges, je ne vous excuse pas, je vous demande de me dire en quoi quelque chose est injuste

- Je ne sais pas si je peux vous le dire, Miss

- Georges?

- Oui Miss

- Ce matin, je pensais que cela fait vingt ans que vous me connaissez et que vous travaillez pour Swan et maman

- Pour votre mère, Miss, c'est une femme formidable et je suis très content d'être à son service. Elle me traite bien et je la respecte énormément

- Ne changez pas de sujet, Georges, cela fait vingt ans que vous me trimballez partout. Je vais avoir vingt ans cette année et c'est la première fois que je me permets de vous demander quelque chose de personnel

- Oui Miss, mais je ne crois pas que je peux vous le dire

- Pourquoi, vous n'avez pas confiance en moi?

- Miss, la confiance est une chose, le danger en est une autre

- C'est vraiment si grave que cela?

- ....

- Vous avez entendu les nouvelles, Georges, ce matin, ce que je n'ai pas entendu à la radio est qu'il y a eu un viol

- Une tentative, Miss, interrompit le chauffeur

- Une tentative? Qu'en savez-vous? Il parait que c'était à la fin d'une soirée et le chauffeur avait bu

- Oui, Miss, c'est ce que la famille de la jeune fille dit

La portière s'ouvrit en grand, et Nam se jeta dans la voiture.

- Je suis navrée d'être en retard, mais ma profe voulait me voir pour le sujet de ma prochaine dissert. J'avais proposé "le respect des lois dans une situation de catastrophe naturelle" mais elle est revenue sur cette histoire d'attaque à main armée de l'uni, tu sais, il y a 7 ans.

- C'était il y a 7 ans déjà?

- Oui, alors elle me propose de choisir le thème du "respect des lois dans le cas d'une attaque atteignant l'intégrité corporelle et institutionnelle". Elle me suggère le cas de notre uni et d'une autre qui a subi la même  attaque trois fois de suite avant de prendre des dispositions.

Georges avait démarré le moteur, et roulait en direction de la maison de Nam.

- C'est dingue, trois attaques avant de bouger? J'aurais été une mère, je leur aurais fait un procès du tonnerre. Attendre d'avoir plusieurs mortes, c'est monstrueux.

- Oui, c'est pour ça que la profe veut que je fasse mon travail sur cette histoire. Notre uni semble une uni pilote, modèle, n'empêche que c'est intéressant de savoir pourquoi l'autre n'a rien fait? Manquait-elle de moyens? Leur Conseil était-il trop faible pour imposer ce choix de sécurité? Les autorités de la ville ont-elles refusé? Si oui, pourquoi? Tu vois, il y a plein de questions auxquelles il faut répondre. Je crois qu'elle a raison, ce thème est excellent.

- Tu as entendu du nouveau au sujet du viol?

- Oui, tout le monde en parle. C'est dingue. Comment se fait-il qu'avec un implant il ait tenté de l'agresser? Cela semble incroyable.

- Peut-être que son implant fonctionne mal?

- Tu te rends compte si c'est ça? La boîte pharma peut fermer, le risque est trop énorme ! On verra si les hommes qui ont leur implant dans le bras sont rappelés. Je vais regarder les nouvelles ce soir pour en savoir plus

- Moi aussi. ça ne m'arrange pas car j'ai un test demain et il faut que je bosse ! Je ne suis pas prête !

- Oui, mais toi, même  pas prête tu t'en sors toujours, ton intelligence est surprenante

- La connaissance est souffrance, et l'intelligence est solitude

- La connaissance, je ne sais pas, mais la solitude? Qui c'est qui ne veut pas se marier?

- Toi, tu trahis tes promesses, ce n'est pas encore ton anniversaire !



 

 

 

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12/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1

Innocence

Diapositive1.jpgNam ne daigna pas répondre au chauffeur, elle sortit, attendit Jo et, après lui avoir collé les trois bises de rigueur, elle se dirigea vers sa salle de cours. Jo resta dans le hall. Elle voulait voir Julia pour savoir ce qui s'était dit la veille au Conseil quand un groupe de copines qui parlait fort l'interpella. Elle se dirigea vers elles et entendit qu'elles discutaient de cette nouvelle de viol qu'elle avait entendue à la radio. Jo se permit d'interrompre les commentaires et demanda qu'on lui explique de quoi il s'agissait, n'ayant pas capté la nouvelle et Georges ayant préféré se taire. Une des filles avait l'air bien informée. Elle raconta que c'était une fille d'une autre fac, qui avait été agressée par son chauffeur, le soir, alors qu'il devait la ramener chez elle après une soirée dansante. Le chauffeur devait être saoul et il avait tenté d'abuser d'elle. Elle s'était débattue et comme elle commençait à crier très fort, des autres invitées de cette soirée s'étaient approchées de la voiture et le chauffeur avait cessé sa tentative. Toujours est-il que la jeune fille avait porté plainte et que le chauffeur risquait gros, très gros. Chacune y allait de son commentaire. La première sonnerie retentit, et les filles partirent en courant dans toutes les directions. Il était impossible d'arriver en retard, car la porte restait fermée dès la deuxième sonnerie, pour des raisons de sécurité. Le Conseil de l'uni avait décidé de bloquer toutes les portes, dès la deuxième sonnerie suite à des attaques avec des armes qui avaient fait plusieurs mortes dans des facultés. Un fou était entré avec une mitraillette et avait tiré sur toutes les femmes, qu'elles soient profes ou étudiantes. Il avait fait très attention à ne pas blesser les ménagers qui étaient présents, et d'ailleurs beaucoup de filles avaient eu la vie sauve grâce à ces hommes qui s'étaient interposés. Il avait fallu un temps qui avait semble une éternité avant que les forces de sécurité arrivent pour maîtriser le forcené. Il s'était retranché dans une classe avec des étudiantes, et il en tuait une à la fois, en tirant au sort. Les filles devenaient folles, ne sachant qui serait la suivante. Une survivante avait écrit un livre et raconté l'horreur. Quand les forces d'intervention étaient arrivées, le fou s'était suicidé, devant les filles qui hurlaient et pleuraient. Un cauchemar. Suite à cet affreux épisode, le Conseil avait décidé de blinder toutes les portes et de les bloquer au moment des cours. En conclusion, pensa Jo, si un fou se prenait l'envie de vouloir tirer sur toute une série de femmes, il ne trouverait que les rares retardataires qui attendaient à la caf ou dans les couloirs. Jo frissonna en pensant à ce que les filles qui n'avaient pas été éliminées avaient du ressentir. Et en passant la porte de son cours, elle pensa fugacement à ce fou, pourquoi?

 


A la pause, Jo chercha Julia qui était en grande conversation avec d'autres nanas. Toutes ne parlaient que de ce viol, et racontaient des histoires de copines de copines qui avaient entendu, ou bien vu ou bien vécu un drame semblable. Jo pensa que finalement, elle ne savait rien de cette histoire, il lui faudrait écouter les nouvelles à la TV le soir. Quand elle demanda à Julia de s'écarter du groupe pour lui raconter ce qu'elle avait entendu la veille dans les couloirs après la séance du Conseil, Julia lui proposa de venir prendre un café sur la terrasse du toit.

- Alors? demanda Jo une fois installée sur une chaise sous un parasol, sirotant un cafélait

- Tout d'abord, excuse-moi mais je n'ai pas tout entendu, mais ce que j'ai entendu est que le Conseil avait parlé de ton projet

- Comment, dis-moi ce que tu as entendu?

- La Présidente du Conseil s'adressait à une profe d'une autre fac, je ne la connais pas. Et elle lui disait que dans la fac de droit, il y avait une étudiante qui avait proposé quelque chose dans le genre, et que cette étudiante était brillante et pouvait certainement mener un tel projet à terme. La profe avait l'air super intéressée et hochait de la  tête. Finalement, elle a demandé le nom de l'étudiante, et c'est la que j'ai réalisé qu'elles parlaient de toi ! La Présidente a dit "Jo Solen", alors tu penses, j'ai fait semblant de farfouiller dans mon sac pour rester là, l'air de rien.

- Et puis, quoi encore, elles ont dit autre chose?

- Les autres membres du Conseil sont sorties de la pièce, et le sujet a dévié. Toujours est-il qu'avant de se quitter, la profe a demandé à la Présidente si elle pouvait te contacter, et la Présidente a acquiescé, en souriant et en répondant que : "Jo serait certainement ravie de recevoir ton appel".

- Donc cette femme devrait me contacter, mais je n'ai encore rien entendu de sa part

- Attends ! Toi et ton impatience, tout le monde ne fonctionne pas à ta vitesse, relaxe, elles se sont vues hier soir, cette profe va t'appeler, laisse-lui 48 heures ! N'empêche, c'est vrai que ton projet est génial. Génial et délicat en fait. Si le Conseil accepte que tu le mènes à terme, c'est un grand signe de confiance de la part de l'uni

- Oui, j'en suis tout à fait consciente. Mais c'est aussi vrai qu'on ne fête pas tous les jours un centenaire ! Imagine, il faudra attendre au moins quatre générations, voire cinq pour repasser un siècle. C'est un événement qui doit se fêter

- Oui, avec toi, tout est prétexte à faire la fête, alors c'est vrai que passer un siècle, c'est une bonne raison. Dis, il faut que j'y aille, j'aimerais voir ma profe avant le cours. J'ai bien récupéré mon dossier hier, mais il manque des pages, ça m'énerve.

- Tu as du les oublier quelque part, non?

- Peut-être, j'ai plus l'impression qu'on me les a piquées, et ça, je déteste

- Allez, tu vas les retrouver, c'était quoi en fait?

- Deux pages de résumé du cours de Me Aiko, et je peux te dire que résumer un cours de Me Aiko, c'est pas simple, j'y ai passé des heures, ça vaut de l'or. Allez, à plus

- A plus.

Et Julia quitta la terrasse. Jo n'avait pas envie d'aller au cours suivant. La profe ne l'aimait pas et chaque fois il fallait subir les remarques désobligeantes. En fait, cette profe en voulait à saman, pour sûr, et Jo en faisait les frais. Admirant les arbres du parc, Jo étendit ses pieds sur la chaise que Julia avait laissée vide et plongea dans ses pensées. Son mariage. Pourquoi devait-elle se marier? Et pourquoi ne voulait-elle pas se marier? Peut-être par esprit de contradiction? Toutes ses copines ne rêvaient que de se marier, et elle, Jo, n'aimait pas faire les choses comme les autres. Oui, mais elle restait bien dans le cadre quand même. Et se marier n'était pas une obligation légale, comme il n'était pas interdit de ne pas se marier. Swan et saman étaient mariées, bien que Swan n'aie pas pu avoir d'enfant. Elle avait essayé à plusieurs reprises, mais sans succès. Jo pensa qu'aujourd'hui la situation aurait sans doute été différente, les progrès en médecine étaient énormes. Elle se promit d'aller consulter les sites des cliniques de maternité pour choisir celle qui lui plaisait. Parce que quand même, elle voulait un bébé, et ça c'était important. Et elle l'aurait, avec ou sans Nam, définitivement.



 

 

 

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11/10/2010

2100 ZONE AMA

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1

InnocenceDiapositive1.jpg

- Tu as entendu? à la radio, ils ont parlé d'un viol

- Non, j'étais plongée dans un sujet un peu plus personnel, vois-tu, mon mariage

- Oui, oui, c'est hyper important, mais il y a eu un viol? J'aimerais bien savoir.

Jo appuya sur la touche qui permettait de communiquer avec le chauffeur et demanda

- Georges, vous avez entendu? Aux nouvelles, ils ont dit qu'il y avait eu un viol

- Non, Miss, je n'ai rien entendu, je suis désolé.

Bien sûr pensa Jo, il a entendu mais ne veut pas répondre, comme d'habitude. Il pense qu'il n'a pas le droit de m'adresser la parole. C'est vrai qu'il y a eu tant de plaintes déposées contre des chauffeurs qui se sont permis des remarques ou des commentaires, que si on leur fait payer des amendes salées, je comprends qu'ils ne veuillent plus rien dire. C'est vraiment trop bête. Mais compréhensible. Nam la tira de ses reflexions:

- Jo, tu sais ce que j'ai fait hier quand on s'est quittées?

- Non, tu as dormi, tu étais crevée ! Ou bien tu as repensé à ma magnifique proposition, dont l'échéance est proche et que tu as tout intérêt à accepter avec enthousiasme.

Elle s'arrêta pour éclater de rire.

- Je ne sais pas, tu as lu un nouveau bouquin?

- Non, je me suis achetée des fringues, je suis allée sur le site de Mour, il y a des tas de nouveautés. J'ai essayé une quantité incroyable de robes et de jupes, tu sais, c'est un nouveau logiciel qui t'habille. C'est juste génial.

- Logiciel, moi j'aime mieux acheter quand je suis sur place, dans le magasin

- Oui mais tu payes nettement plus cher, il faut y aller, tu perds du temps, tu dois essayer en vrai, te mettre en sous-vêtements puis essayer, puis la taille ne va pas, il fait chaud, c'est crevant. Non, c'est bien mieux de le faire depuis ta chambre, je mets la lumière que j'aime, je peux choisir la musique dans leur programme, je m'installe dans un fauteuil, face à l'écran, et en cliquant je me vois dans une robe rose, ou bien une jupe bleue, je peux l'allonger, changer la couleur ajouter le haut que je veux, ou un autre, et tout ça depuis ma chambre, devant le miroir.

- Oui, ce que tu ne me dis pas, c'est que tu as pris une heure à enregistrer tes mensurations pour que le programme calcule juste

- Pas du tout, cela se fait en réel, devant l'écran, l'ordi calcule ta taille et te projettes avec les habits que tu choisis. Le seul truc, il faut un grand miroir, la projection ne marche pas bien devant un mur.

- Tentant, mais moi j'aime mieux choisir quand je me promène dans une rue sympa, après un super déjeuner au champagne, m'arrêter dans une boutique, demander à la vendeuse de me montrer certains articles de mon choix, toucher les matières, faire quelques jeux de mots avec elle, essayer et...

- Et quoi?

- Et te demander ton avis, patate. Comment pourrais-je acheter un vêtement sans toi? C'est une « shopping expérience », avant, me réjouir, pendant, choisir, et après, me souvenir. Il y a trois niveaux de plaisir, et en plus, je les partage avec toi.

- ...

- Tu n'es pas d'accord? Tu te souviens la dernière fois que nous sommes parties les deux? Mman et Swan nous avaient prêté leur loft au bord de la mer, et on a fait quoi, princesse?

- Du shopping...

- Pas seulement du shopping, mais du plaisir. On a une double voire une triple expérience et on utilise beaucoup plus de nos sens: la vision, le toucher, l'odeur, car les tissus sentent, et l'atmosphère du magasin a aussi une odeur, le sens du temps, l'excitation de ce qu'on prend et qu'on va essayer. Enfin, plein de choses. D'ailleurs, je me réjouis de repartir en week-end avec toi. Cela te tente?

- Toujours, surtout si on se marie

- Dis, tu ne vas pas me ramener tous les trois mots qu'on doit se marier ! Je te propose un accord, on n'en parle plus jusqu'à la date qui te convient

- Mon anniversaire?

- Oui, c'est une bonne idée, jusqu'à ton anniversaire. Tu vas faire une fête?

- Oui bien sûr, je ne sais pas encore où. J'aimerais bien au "Cercle Rouge", mais c'est un peu cher, je vais voir ce que maman me dira. Et aussi Cat. Elle est pénible des fois, elle pense toujours que tout est normal pour sa fille, mais pour moi, il faut tout négocier âprement. On est sœurs pourtant ! La loi est claire, on a les même s droits puisque nos mères sont mariées.

- Tu la détestes tant que ça?

- Qui, Cat? Non pas tant, c'est Luce qui me tape sur les nerfs. Elle fait tout comme moi, j'achète un pull noir, elle achète un pull noir, si possible le même, je veux m'inscrire à des cours de gym, elle veut s'inscrire aux mêmes cours de gym, du coup, je n'ai plus envie d'y aller, et donc n'y vais pas et me prive. C'est vraiment horripilant d'être toujours copiée comme ça.

- Mieux vaut être copiée que celle qui copie ! Et tu sais, Luce, elle est plus jeune que toi

- Oui, d'un an à peine

- Quand même, une année, quand on a 20 ans, cela fait une différence. Et puis, tu es son rôle modèle, elle t'admire et aimerait tout faire comme toi. Plutôt flatteur je trouve!

- Oui, facile pour toi de dire ça, tu es fille unique, tu n'as pas besoin de partager avec une autre. Tu es le chouchou et de taman et de Swan, que demande le peuple?

- Du pain et des jeux. Je ne me plains pas moi, mais parfois, j'aimerais bien avoir une sœur pour discuter le soir, raconter des bêtises, partager les fringues, aller au ciné ou faire une promenade.

- Tu as moi, c'est mieux qu'une sœur, je te le dis

- Ne me refais pas le coup de ta jalousie ! J'ai beaucoup de chance de te connaître et de t'avoir avec moi.

- Et quand on sera mariées...

- Stop, je t'arrête, ce n'est pas ton anniversaire, tu ne dois pas me parler de mariage. D'ailleurs on arrive. Merci Georges, bonne journée

- Bonne journée Miss, bonne journée Nam.

 

 

 

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08/10/2010

2100 ZONE AMA

 

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1

InnocenceDiapositive1.jpg

- Jo? ...

- Jo? ...

- Jo, cela fait trois fois que je t'appelle, tu ne peux pas répondre?

- Excuse-moi mman, répondit Jo en baissant la musique, je ne t'ai pas entendue,

- Tu n'entends jamais quand on a besoin de toi. Georges est en bas, il t'attend,

- J'arrive, j'arrive.

Jo ferma son sac, regarda saman qui regardait la pile de vêtements en tas sur sa chaise, soupira et, s'approchant de Kim, lui lança un bisou sur la joue et descendit en courant les escaliers.

- Jo, on se voit ce soir?

- Oui, mman, si tu es là, je n'ai rien de spécial, il faut que je bosse, demain j'ai un test super super important,

- Ok, alors à ce soir, bonne journée, je t'aime

- Moi aussi, mman, je t'aime.

 

Jo ferma la porte de la maison après avoir fait un bisou à Swan qui prenait son café dans la cuisine en regardant les nouvelles. Georges l'attendait dans la voiture, en face de la maison.

- Bonjour Georges, vous allez bien aujourd'hui?

- Oui, Miss, merci, très bien, et vous?

- Super Georges, merci.

 

C'était son petit rituel à elle, chaque matin, de demander à Georges comment il allait. Beaucoup de ses amies n'adressaient pas la parole à leurs employés de maison, mais Kim avait toujours insisté pour que Jo soit polie, même  avec le chauffeur. "La politesse est d'abord un respect de soi" disait-elle. Et Jo pensait qu'elle avait tout à fait raison. Georges était avec elles depuis des années. Combien au fait? Mman avait toujours dit que Georges était là quand Jo était née, c'était lui qui avait emmené Kim à la clinique et l'avait attendue toute la durée de l'accouchement. Et Georges avait aussi ramené Kim et son bébé à la maison, avec Swan, évidemment, Jo ne s'en souvenait pas, mais Kim le lui avait raconté. Jo avait été le plus beau bébé du monde. Elle regarda la nuque de Georges. Quel âge pouvait-il avoir? Si elle allait bientôt avoir vingt ans, et qu'il avait disons 18 ans quand il avait rejoint Kim, il devait avoir son permis de conduire, puisqu'il était leur chauffeur ! Donc il devait avoir 38 ans au moins. Jo se perdait dans ses pensées, elle se disait qu'en fait elle ne savait rien de Georges, si ce n'est qu'il travaillait pour Kim et Swan depuis vingt ans. Une vie ! et Georges était formidable, car, contrairement à beaucoup de ses amies qui avaient aussi un jardinier, un cuisinier ou un ménager et un linger, Georges faisait tout. Kim avait dit qu'elle et Swan pouvaient aussi faire des choses dans la maison et qu'un seul employé suffisait. Julia par exemple, avait un chauffeur, un linger et ménager, et un cuisinier qui faisait aussi jardinier. Trois employés de maison. Julia ne savait même  pas le nom de ces gens.

La voiture s'arrêta, et Nam ouvrit la porte en souriant:

- Coucou, tu vas bien?

Elle s'engouffra dans la voiture et embrassa Jo sur les joues, trois fois, comme il se devait dans leur société. T'as bien dormi? Moi je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.

- Pourquoi?

- Ne me dis pas que tu ne te souviens pas de notre conversation d'hier soir?

- Ah oui, c'est vrai. Alors tu as réfléchi? En fait, après toi il y a aussi Julia qui m'a appelée, et tu sais pourquoi?

- Non

- Elle avait oublié un dossier à l'uni, et il semble qu'elle soit arrivée à la fin du Conseil et que dans le couloir, la Présidente était en train de parler de mon projet.

- Super, et elle a dit quoi?

- Julia n'a pas voulu me le dire, elle m'a dit qu'elle me raconterait tout aujourd'hui. Et toi, tu as réfléchi?

- Ecoute Jo, ce n'est pas un truc auquel on pense pendant la nuit et au matin, comme ça, on se réveille et on est pour ou contre ! Ce n'est pas du blanc ou noir, c'est un sujet à réfléchir, à mûrir, à laisser maturer...

- Ok, j'accepte, et je vais faire des efforts de patience, j'attendrai, j'attendrai et j'attendrai

Les jeunes filles se taisaient en regardant par la fenêtre

- Mais, reprit Jo, j'attendrai disons jusqu'à demain, ça va?

Elles éclatèrent de rire, et Nam lui embrassa le dos de la main amoureusement.

- Si tu savais à quel point je tiens à toi ! La question est de savoir si toi tu as réfléchi?

- Moi, réfléchir? Toujours, malheureusement, tu sais bien

- Alors?

- Alors quoi? Mon projet? La nouvelle association de maman? Georges dont je ne connais rien?

- Non, non, le mariage. Es-tu d'accord de te marier avec moi?

- Eh, mais il me semble que c'était à toi de réfléchir si tu voulais vivre avec moi et faire un bébé, tu retournes la causalité...

La radio diffusait les nouvelles, et Jo tendit l'oreille quand elle entendit le mot "viol".

 

 

 

 

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07/10/2010

2100 ZONE AMA

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1

Innocence

Diapositive1.jpgJo quitta la pièce et monta les escaliers pour aller se coucher. Kim regarda Swan:

- C'est difficile,

- Normal, toi aussi tu as eu ce genre de réflexions

- Oui, mais je me suis mariée avec toi, ce qui ne me semblait pas à remettre en cause

- Et moi, je n'ai pas eu d'enfant. Tu vois, si nous avions été ensemble sans être mariées, tu aurais pu me quitter, et rencontrer quelqu'un avec qui tu aurais pu partager cette expérience

- Tais-toi, même  libre, je serais restée avec toi. Ce n'est pas parce que tu ne pouvais pas avoir de bébé que j'allais te quitter !

- Mais regarde, Jo ne me considère jamais vraiment comme faisant partie de la famille, peut-être aussi qu'elle m'en veut parce qu'elle n'a donc jamais eu de sœur, elle était toute seule tout le temps.

- Mais non, justement, elle a eu Nam, très vite, on s'est trouvée avec saman, tu te souviens d'ailleurs? Au cours prénatal, elle était venue seule et moi aussi, on s'est trouvées là. Et toi, quelle crise de jalousie quand je suis rentrée !

- Oui, tu dois me comprendre, j'avais sans doute très peur que tu me quittes. Et en plus, je réalisais que jamais je ne pourrais connaître cette expérience de la grossesse et des joies qui vont avec. Mais c'est vrai qu'en fait, pour Jo en tout cas, ça a été une magnifique rencontre avec Lis qui venait d'avoir Nam.

- Lis était comme une sœur, j'espère que tu n'es plus jalouse, cela fait vingt ans maintenant !

- Non, je sais bien, allez, on va se coucher?

Swan se leva, sourit, se dirigea vers Kim et l'enlaça gentiment autour de la taille. Elle lui glissa un baiser dans le cou, chuchota : « tu es super, ne t'inquiète pas, on reparlera avec Jo » et monta les marches. Kim resta assiste sur le canapé un moment en silence, puis reprit la télécommande et rejoignit le groupe du comité de l'association de la protection des minorités. En un clic, toutes les femmes retrouvèrent leur place sur les canapés et accueillirent Kim avec des sourires.

 

Jo, dans sa chambre, constata que le désordre était toujours aussi visible. Elle n'arrivait pas à ranger, saman le lui disait tout le temps, Swan essayait gentiment de lui montrer les avantages d'avoir un fauteuil libre plutôt qu'une montagne de vêtements, elle n'y arrivait pas. Son bureau était à l'identique : une foule de paperasses, des tasses vides, des cuillers, des verres... saman avait demandé au ménager de ne plus venir dans sa chambre pour qu'elle soit tellement dégoûtée du désordre qu'elle finisse par ranger, mais Jo n'y arrivait pas. Elle écarta quelques papiers et posa sa tasse de thé en équilibre. Elle chercha des cotons, du démaquillant, se frotta les yeux pour enlever le noir qu'elle adorait y accrocher et lorgna sur son ordinateur. "J'allume, j'allume pas?". Elle hésitait quand son téléphone portable lui signala un appel. Elle regarda l'image, c'était Julia, une copine de fac. Jo accepta l'appel et l'image s'agita, Julia lui souriait.

 

- Merci Jo de me répondre, c'est super tard je sais, mais c'est un drame

- Salut Julia, quel drame? Tu as encore oublié un truc à l'uni?

- Oui, et non. En fait, j'avais oublié un dossier

- Tu avais, ça veut dire que tu l'as retrouvé?

- Oui, je l'ai retrouvé, mais parce que je viens d'y retourner !

- C'est pas un peu tard pour aller à la fac chercher un dossier, tu n'aurais pas pu attendre demain?

- Oui, mais tu me connais, je n'en aurais pas dormi de la nuit

- Ok, mais tu m'appelles à minuit ou presque pour me dire que tu as retrouvé ton dossier, Julia, je t'adore, mais c'est tard...

- Attends, je ne te dérange pas pour un dossier que j'ai retrouvé, mais parce que quand je suis allée à la fac, j'y ai entendu quelque chose

- Ah oui? Quoi? Il y avait une autre nana qui avait oublié son dossier?

- Non

- Son rouge à lèvre peut-être?

- Arrête, t'est bête, moi je n'irais pas pour mon rouge à lèvre en tout cas

- Julia, abrège, s'il te plait, je suis fatiguée, j'ai eu une longue soirée, et j'ai une folle envie d'aller dormir

- Ecoute, j'ai entendu la fin du Conseil

- La fin du Conseil?

- Oui, il était presque terminé, mais les membres étaient dans le couloir quand je suis passée et j'ai entendu des choses

- Julia, je vais te tuer, tu as entendu quoi?

- Tu aimerais bien le savoir?

- Oui ma belle, tu me fais mourir, que dit le Conseil?

- La Présidente était en train de parler de toi

- De moi?

- Oui, et de ton projet

- Génial, et elle en disait quoi? Dis-moi Julia, arrête de me faire languir !

- Oui, et bien, dors bien, je te dirai demain,

- Ah non, Julia tu ne peux pas faire ça,

- Si si si si, je vous embrasse, le Conseil, ton projet et toi. Bizz.

Julia lui envoya un énorme baiser et le téléphone s'éteignit.

« Zut alors, quelle garce, je ne vais pas en dormir. Le Conseil parlait de mon projet, c'est super mais je ne rappelle pas Julia, elle attendra. Elle me fait attendre, je lui rends la pareille. »

Jo termina son thé, se coucha, éteignit la lumière et s'endormit très vite en pensant à son projet.

 

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06/10/2010

2100 ZONE AMA

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 1Diapositive1.jpg

Innocence


Jo vit que Nam avait quitté la plateforme. Elle regarda encore l'écran qui lui demandait s'il devait s'éteindre ou non, et soupira. Oui, elle voulait un bébé, non elle ne voulait pas se marier, oui elle voulait vivre avec Nam, non elle ne voulait pas être seule avec le bébé. Elle répondit à l'ordinateur de bien vouloir s'éteindre et quitta le bureau. Au salon, saman, Kim, discutait avec Swan, assise dans le canapé. D'autres femmes étaient aussi confortablement installées dans les fauteuils, mais comme elles étaient leur projection, Jo fit un signe à saman, l'embrassa sur les joues, et se dirigea vers l'escalier qui menait à sa chambre. Kim, voyant que sa fille avait un drôle d'air, demanda aux visiteuses si elle pouvait faire une pause pour lui parler. Toutes ayant accepté, en un clic de télécommande, Kim éteignit toutes les représentations et s'adressa à Jo:

- Que se passe-t-il mon bébé d'amour? Tu en fais une  tête, viens t'asseoir. Swan souriait en lui montrant une place sur le canapé. Jo hésitait, elle voulait aller se coucher, mais devant l'insistance de saman, elle s'assit.

- C'était qui toutes ces femmes?

- C'est les membres du comité du « club de défense des droits des minorités »

- Les minorités?

- Oui, parfois, une femme noire peut se trouver seule dans un groupe de femmes blanches, ou bien une femme sans enfant au sein d'un groupe de travail de femmes où toutes on des enfants, ce qui provoque un sentiment d'exclusion parfois. On essaie de mettre sur pieds une association où toute femme qui se sent en minorité peut venir nous parler pour nous expliquer ce qui se passe, ce qu'elle ressent, et on essaie de l'aider, de lui donner des trucs, ou bien de la faire parler au groupe, si on n'arrive pas à la faire se sentir mieux

- C'est nouveau?

- Oui, on lance le comité. On est soutenu par le Ministère de la Justice, ce qui nous donne une bonne crédibilité. Tu sais, parfois c'est très dur d'être seule face aux autres, ensemble.

- Il me semble que cela s'appelle le tokénisme, non?

- Mais ma fille, tu en sais des choses....

- Oui, tu crois qu'on fait quoi à l'uni en fac de droit?

- Je suis ravie que tu étudies ce genre de problématique. Mais dis-moi, tu en fais une  tête, qu'est-ce qui se passe?

- C'est toi,

- Comment c'est moi

- Oui, tu veux que je me marie, et moi je ne veux pas

- Mais ma chérie, je veux que tu te maries parce que je pense que c'est le bon moment, tu t'entends super bien avec Nam, vous vous connaissez depuis toujours, alors pourquoi attendre? En plus, tu vas bientôt finir tes études, donc tu pourrais profiter de cette année pour vivre pleinement ta grossesse, et quand bébé sera là, tu pourras tranquillement, après ton arrêt d'une année, trouver un super poste qui te tente et dans lequel tu pourras t'épanouir.

- Je peux aussi attendre de commencer ma carrière et avoir mon bébé quand je serai plus installée dans ma vie professionnelle, non?

- Oui, mais quand tu seras lancée, tu seras prise par ton job, tes responsabilités, et on comptera sur toi. Si tu commences et que tu t'arrêtes après deux ans pendant une année, tu risques de ne plus avoir ta place à ton retour. Les temps sont très durs, et la concurrence est féroce. Et tu auras presque tout perdu de ce que tu auras fait avant la naissance de bébé

- Ok, mais alors pourquoi me marier? Je peux très bien avoir un bébé et ne pas me marier, ce n'est pas interdit

- Oui, mais c'est quand même  mieux d'être deux, crois-moi. Un enfant demande beaucoup de temps, de soin, d'énergie. Si le bébé a deux parentes, il a un meilleur équilibre, cela a été prouvé

- Oui, mais je ne vois pas où est le mariage là-dedans. Je peux vivre avec Nam, faire un bébé et ne pas me marier, je ne vois pas le problème !

 

- Sauf qui si Nam rencontre quelqu'un d'autre, tu restes seule, et c'est très difficile, crois-moi, de trouver une compagne si tu as déjà un bébé. Cela peut arriver, mais en général, c'est plus classique disons de commencer une nouvelle vie ensemble. Et en plus, Nam pourrait aussi avoir un bébé en même  temps !

 

- C'est ce que je lui ai dit mais elle ne sait pas. Il lui reste deux ans à la fac, et elle n'y a pas encore pensé. En revanche, elle m'a juré que c'était avec moi qu'elle veut vivre. Donc tu vois, on peut vivre ensemble, et moi avoir un bébé, simple !

- Oui, sauf que si elle veut, elle peut partir quand elle veut, et faire un bébé avec quelqu'un d'autre, et toi, tu restes toute seule

- Je ne suis pas toute seule, tu es là, et Swan aussi

- Oui, c'est vrai mon bébé d'amour. Ecoute, on en reparle demain? C'est un sujet capital et je crois qu'il est vraiment très très tard, temps d'aller faire un gros dodo. D'accord?

- Oui mman. Bonne nuit, à demain

- Eh, Jo, je t'aime, n'oublie pas, rien n'est définitif et on peut parler de tout, d'accord?

- D'accord, à demain.

 

 

 

14:28 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, femme, genre | Lien permanent | Commentaires (0)