05/11/2010

2100 ZONE AMA

Jill S. Georges

Chapitre 3

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Le lendemain matin, dimanche, Jo se réveilla avec un gros mal de tête qui lui tapait les tempes. Nam dormait près d'elle et Jo eut très envie de la caresser. La peau de Nam était douce et veloutée, avec un grain très fin. Jo ferma les yeux et commença par poser sa main sur la base du cou, elle descendit très doucement sur l'épaule, longea le bras, s'arrêta au creux du coude, ou la peau est si douce et fragile. Elle bougeait les doigts tout doucement, en rond, et glissa jusqu'à la paume. Nam soupira et lui demanda de dessiner son corps. Jo, en suivant le contour du bras de Nam, dessinait dans l'espace le bras tel qu'elle le voyait. Et Nam sentait le bras de l'extérieur, et plus comme un membre de son corps. Les frissons lui montaient dans le cou, ses seins se durcirent, Jo continuait son voyage du bout des doigts. Elle remonta vers l'épaule et passa sous le bras, l'endroit où la peau frémit, humide et tiède. Jo, toujours les yeux fermés, plaqua sa bouche sur le sein de Nam et commença à téter le mamelon. Sa main gauche abandonna la zone humide du bras pour les cuisses. Elle s'arrêta au genou, et remonta le long de l'intérieur de la jambe, ralentissant quand la peau commença à frémir. Jo posa sa main a plat sur le pubis de Nam et enfonça sa langue dans la bouche de son amie. Pendant qu'elle l'embrassait, leurs salives mélangées, sa main gauche tournait vivement autour du bouton de rose de Nam, qui finit par tendre les jambes, glissant ses propres doigts dans sa fente mouillée. Quand Jo sentit que Nam était tendue et proche de son plaisir, elle se tourna et posa se lèvres sur le clitoris de Nam, qui gémit de son plaisir.

Jo aimait bien faire l'amour à Nam, elle savait comment la faire venir, et n'utilisait jamais un clittoy quand elles étaient ensemble. Jo pensait que la nature leur avait donné un sexe, des doigts et une bouche pour se faire plaisir, la peau étant sans doute l'endroit ou elle aimait le plus s'attarder. Elle finit par ouvrir les yeux. Nam était couchée sur le dos, les jambes ouvertes, elle souriait en la regardant.

- Merci

- Pourquoi merci, j'adore te faire l'amour, c'est comme un réveil de printemps, ton corps est tellement doux et beau quand il se tend.

Nam se tourna et caressa le ventre de Jo.

- C'est à moi de te donner du plaisir maintenant,

- Oui j'aimerais bien, mais on doit partir, tu as vu l'heure? On va rendre visite à Mami Li et il est déjà tard

Nam fit la moue,

- Tu peux bien rester encore un moment au lit, j'ai aussi envie de te goûter.

Jo sentit la saveur de sa bouche, la saveur de Nam, un peu fade et sucrée. Nam était déjà entre ses jambes, la bouche sur son sexe. Elle se laissa aller et sentit la vague monter de ses pieds jusqu'au plaisir. Elle tendit les bras au-dessus de sa tête et son corps se relâcha.

 

Swan était assise devant, à coté de Georges, et Kim derrière, près de Jo. Elles étaient un peu en retard mais Kim avait appelé Mami Li pour la prévenir. Georges était très élégant. Il aimait tout particulièrement les dimanches ou elles allaient chez Mami Li, il le lui avait expliqué une fois qu'il était de bonne humeur. "Mami Li est une femme qui comprend beaucoup de choses, et elle sait donner leur valeur aux gens" lui avait-il dit. Jo réfléchissait à la valeur des gens. A-t-on une valeur en soi, a-t-on une valeur par le regard des autres, y a-t-il des gens qui peuvent donner, ou enlever - De la valeur?

La route passait à travers la ville, sa ville. Jo aimait comme elle était construite: il y avait un cœur, le centre, un centre historique, avec de vieux immeubles et des fontaines qui entouraient une place ronde. Les immeubles se dressaient fièrement, chacun regardant celui à sa gauche et à sa droite. On disait qu'avant, les bâtisseurs ne voulaient pas que certaines maisons soient favorisées, et qu'il ne devait pas y avoir d'angles, pour ne pas avoir des façades plates et des murs de traverses pour d'autres. Alors toutes les maisons donnaient sur la place, et les rues s'égrenaient comme des rayons depuis le centre. Autour de ce cœur s'étaient construits des quartiers, en arcs de cercle, pour conserver la valeur originale donnée par les architectes du temps. Et chaque arc était comme un pétale, vu depuis le ciel, on avait une vision magnifique d'une grande fleur qui s'étalait sur le sol jonché de champs. Jo habitait dans un quartier chic et calme qui se trouvait sur une colline, pas très loin de son université.

Mais Georges sortait déjà. Ils atteignaient la limite, nette, de la dernière rue arrondie. Les maisons de ce quartier de bordure avaient un regard sur la ville et un autre sur les champs, Jo pensa que c'était là qu'elle voudrait habiter, face aux champs. Mais une autre image lui traversa simultanément l'esprit: ces maisons avaient une vue sur les champs tant qu'un nouveau quartier ne se construisait pas. Donc tôt ou tard, il y aurait un voisinage. Oui, mais, dans combien de temps? Cela valait-il la peine de jouir d'un si bel horizon, même si ce n'était que pour quelques années, voire quelques mois? Le temps se coupait-il réellement en minutes, heures, jours, semaines, mois et années? Jo pensa qu'en fait le temps était constitué de segments, chaque période de temps étant une unité correspondant à un moment de vie. Ce moment pouvait durer une heure, comme le trajet pour aller chez Mami Li, ou bien une semaine, comme pour une semaine de vacances au loft du bord de mer, ou bien des années, comme les années qu'elle avait vécues maintenant dans la maison de saman et de Swan. Tous ces moments n'étaient en fait chaque fois qu'une unité de temps, dont la durée pouvait varier, mais dont la tension dans l'esprit ne dépendait pas. Vivre, ne serait-ce que une journée face à ces champs, resterait un événement remarquable et marqué dans son souvenir, avec autant de force qu'une semaine dans un autre endroit quelconque. « Le temps est lié à l'émotion, et non aux heures qui passent,» conclut-elle.

 

 

 

07:05 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, femme, genre | Lien permanent | Commentaires (0)

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