26/11/2010

2100 ZONE AMA

Chapitre 4

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Jo avait pris rendez-vous dans la Clinique de la Paix où la jeune Crone séjournait. Elle allait demander des renseignements sur la grossesse qu'elle planifiait et en profiter pour rencontrer, si possible, la fille Crone. Elle demanda à Julia de l'accompagner. Georges les conduisit dans un quartier assez proche du sien, très verdoyant, avec de grands eucalyptus et des allées de lauriers roses. L'entrée du parc de la clinique sentait la sécurité et l'argent: un immense portail en fer forgé, très haut et très décoré, s'ancrait sur le coté de la rue. A leur arrivée, il s'ouvrit sans bruit, et Jo vit en passant qu'il y avait une guérite avec une équipe de sécurité qui les surveillait, Georges s'arrêta et présenta son bracelet dans la borne. Il avança d'un mètre, et à leur tour, Julia et Jo passèrent leur bras dans la borne de sécurité. Georges roula doucement à travers les arbres. Cette clinique était très réputée, et le jardin était de toute beauté. Des hommes en tenue de jardiniers s'affairaient dans le fond. Arrivées au perron, Georges leur ouvrit la portière. Une dame d'une cinquantaine d'années les attendait en haut des marches.

- Bonjour mademoiselle Liam, bonjour mademoiselle Solen. Bienvenue à la Clinique de la Paix, je suis Mme Emma, la Directrice, veuillez me suivre, je vous prie.

Julia et Jo montèrent les marches et suivirent la dame dans un hall formidable, avec un plafond si haut qu'on ne le voyait pas. Elles entrèrent dans une pièce qui semblait être un bureau avec un coin réception. Tout était blanc, les meubles de bureau et le salon de cuir blanc. Au mur, un tableau, une fleur immense qui mangeait toute la toile. Jo s'arrête devant le tableau, comme happée par la lumière.

- Oui, c'est une toile de Miss Niva. Admirable, non?

- Cette fleur vous absorbe comme une pensée profonde, c'est extraordinaire

- Oui, Miss Niva a un don, un talent absolument inouïs. Elle peint comme personne d'autre ne peint. on dirait qu'elle a plusieurs styles, qu'elle peint sur divers niveaux, qu'elle transmet à nos yeux mais aussi à nos émotions. Elle est magique. L'avez-vous déjà rencontrée?

- Les deux jeunes femmes hochèrent la  tête négativement

- J'ai eu la chance de la rencontrer une fois, à un vernissage. D'ailleurs celui ou j'ai acquis cette toile. Quand vous voyez Miss Niva, elle est toute petite, toute simple, elle fait plus penser à une femme d'affaires qu'à une artiste. J'étais éblouie par cette fleur

- Alors vous l'avez achetée

- Oui, et à vous dire la vérité, c'est mon cadeau d'anniversaire pour mes 50 ans. Toutes mes amies se sont cotisées pour m'offrir cette toile. J'étais tellement émue ! J'attends avec impatience la prochaine exposition, je vous conseille d'y aller, si vous aimez, c'est une expérience !

- Oui, c'est une super idée, elle aura lieu quand?

- Je ne sais pas, on ne sait jamais à l'avance. Un jour, on sait que la semaine prochaine Miss Niva va exposer. Avant, on ne sait rien. Et on ne peut pas aller lui rendre visite, ou voir ses tableaux en cours de réalisation. Miss Niva baigne dans un grand secret et un grand mystère. Sans doute pour alimenter sa propre légende ! Mais venons-en à vous, dites-moi comment puis-je répondre à vos questions.

Jo s'était assise dans un fauteuil, laissant Julia seule sur le canapé. Elle ne voulait pas dire qu'elle voulait un bébé toute seule, sans se marier. Cela n'était pas interdit mais pas non plus recommandé. Julia permettrait de donner le change et de laisser penser qu'elles étaient deux.

- Voilà, nous aimerions connaître vos conditions et la procédure à suivre pour une grossesse.

- Merveilleux, je vous félicite tout d'abord de votre décision. Vous avez vingt ans?

- Non, pas encore, mais très bientôt, c'est pour cela que je me renseigne avant

- Très bien. Il y a plusieurs aspects que nous pouvons aborder ensemble: tout d'abord l'aspect biologique, ensuite génétique, technique et administratif. Je dirai dans un premier temps que notre taux de succès est de 97 %, nous avons le meilleur taux parmi les cliniques qui comme nous font les certifications nécessaires. Ce qui veut dire pour vous que le risque de devoir recommencer la procédure, qui peut être un peu pénible, est faible. Ensuite, nous prenons en charge la grossesse depuis la fécondation jusqu'à l'accouchement, et, service unique de notre clinique, encore trois mois après la naissance. Il y a vraiment trois étapes, la fécondation, la grossesse, la naissance. Vous savez, ici nous disons que c'est la mère qui fait le bébé, naturellement, mais surtout que c'est le bébé qui fait la mère. Vous êtes une jeune femme, et quand vous avez accouché, vous êtes une jeune mère, et vous êtes devenue mère grâce à votre bébé. Votre statut change, et nous vous accompagnons durant cette nouvelle période de votre vie. Vous n'êtes plus jamais la même.

Madame Emma s'interrompit et leur demanda si elles avaient des questions,

- Je vous propose, avant d'aller plus loin avec de la documentation que je vais vous remettre, de procéder à une petite visite. Nous pouvons visiter la partie médicale, pour la fertilisation et l'accouchement, ensuite la partie pouponnière, pour le suivi. Nous terminerons notre petit tour par les jardins et les restaurants, ou nous prendrons un café si vous le désirez.

Jo se sentait tout excitée. Cette clinique lui semblait magnifique. "C'est le bébé qui fait la mère". Je vais avoir un nouveau rôle de mère, c'est l'inconnu qui s'ouvre, avec toutes ses promesses et ses rencontres futures extraordinaires. Jo avait une confiance absolue dans l'avenir. Il ne pouvait y avoir que des choses fabuleuses. Il y avait aussi les autres choses, les moches, mais elle ne les voyait pas, elle faisait l'effort de concentrer son attention sur le beau, le bien, et elle ne donnait pas de valeur particulière au négatif. Ce qui n'allait pas ne méritait pas de s'y enliser, chacune avait un moteur et devait l'utiliser pour faire de sa vie un moment positif et agréable. Tant pis pour celles qui ne l'avaient pas compris. Elle pensa à Nam qui pleurnichait pour un oui ou pour un non. Comment allait-elle affronter la vie si déjà à 20 ans elle trouvait tout difficile? C'était encore elle, jo, qui allait lui organiser son anniversaire. Jo sentit une pointe d'énervement et chassa vite Nam de son panorama, se concentrant sur la magnificence du lieu. Tout était conçu pour le plaisir et le confort. Les salles d'accouchement étaient agrées du plus récent certificat possible d'obtenir, et la dame leur avait longuement expliqué la nécessité de bien vérifier quand on choisissait une clinique, les dates des derniers contrôles. Jo avait ensuite voulu rester dans la pouponnière. Il y avait des mères avec leur bébé de zéro à trois mois, certaines discutaient en petits groupes, d'autres étaient occupées avec des nurses, ou des psychologues, avait expliqué la responsable. Il y avait des jeux partout, des brochures, une salle de dimension modeste avec un mur écran sur lequel passaient des films sur le thème de la mère et de son enfant, la directrice leur expliqua qu'il y avait un programme quotidien, et que les jeunes mères pouvaient s'inscrire à l'avance, avant l'accouchement ou après.

Dans le jardin, elles rencontrèrent des mamans avec des landaus élégants, souriantes et jolies. Julia avait pris la main de Jo, dans un élan de sentimentalité. Dans le parc, Jo remarqua l'allée qu'elles avaient prise avec Georges. Une longue limousine descendait le long des lauriers roses à une vitesse très lente. Jo bloqua son regard sur cette voiture jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Elles arrivèrent à la terrasse du restaurant et se posèrent sur des chaises en bois. Les jardiniers avaient disparus.

 

 

07:00 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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