01/12/2010

2100 ZONE AMA

Chapitre 4

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En arrivant à la maison, Kim était de nouveau avec ses amies holographiques dans le salon, Swan versait du thé. Jo se prépara un sandwich thon salade, prit un flacon de jus d'orange, embrassa vaguement la joue de Swan et celle de Kim en passant dans le salon, et s'engouffra dans sa chambre.

Premièrement, elle devait envoyer les invitations pour l'anniversaire de Nam. Quelle idiote aussi celle-là pensa-t-elle, et elle regretta immédiatement. La pauvre, saman et sa belleman qui se bataillent tout le temps, au point de ne pas voir que Nam va avoir 20 ans. C'est peut-être aussi ses 20 ans qui font effet miroir aux 20 ans de saman. Elle a peut-être des souvenirs douloureux? Ou bien la nostalgie. Ce devait être ça, la nostalgie. La nostalgie d'avoir la vie devant soi, les choix ouverts, surtout celui de la compagne avec qui on va, ou non, faire telles ou telles expériences, vivre telles ou telles aventures. Et 20 ans après le serment fondateur, la réalité ne correspond sans doute pas, voire jamais, avec ce qu'on a rêvé le jour du mariage. Et la difficulté est d'accepter, et une fois sa fille partie, en se retrouvant seule, de recommencer une nouvelle vie, une nouvelle phase, mais avec la même  femme, celle qu'on connaît par cœur depuis vingt ans. Jo se dit qu'il n'était pas possible d'imposer de vivre avec une femme qu'on n'aime plus après 20 ans. Et quand il faudrait voter sur le nouveau texte de loi, elle serait favorable au divorce. Ce qu'elle devrait aussi faire, c'était questionner saman et Swan, mais pas en même  temps, sinon Swan dirait tout comme saman.

 

L'ordi s'était allumé, et Jo avait bien reçu la liste des filles de la classe de Nam. Elle commença à écrire son mail d'invitation. "Comme c'est banal". Elle l'envoya en groupe, puis envoya un message plus intime à la mère de Nam, et à Luce. Elle invita aussi Julia, et Flor. Il fallait aussi qu'elle parle une fois à Flor, pour comprendre pourquoi elle ne voulait pas voir Julia. Elle avait aussi envie d'inviter Nour, elle ne la connaissait pas bien, mais ce serait une occasion de se rapprocher.

 

Jo entendait les rires et les discussions des amies de saman en bas quand elle éteignit la lumière. Elle avait pris un bain, dans le noir, avec comme seule lumière une bougie dont la flamme provoquait des ombres dansantes sur les murs. Jo avait mis une crème moussante, et elle se caressait la peau avec douceur. Elle avait choisi la fleur de myosotis comme parfum d'eau. Elle s'était presque endormie. Une fois couchée, elle repassa le film du paradis dans sa  tête. Et l'image de la limousine noire lui apparut, celle qui partait, c'était sûrement dans cette voiture que la fille Crone avait quitté la clinique. Jo l'avait manquée, quelle malchance.

 

Jo se força à penser à la petite Chloé, et à ses yeux bleus plantés dans son regard pour réussir à s'endormir.

 

 

Arrivant à l'uni le lendemain, la discussion du jour était la grande nouvelle. Jo s'approcha en se maudissant. Il faudrait qu'elle s'intéresse un peu plus aux nouvelles, elle ne savait jamais rien. En fait, elle apprenait tout sur le perron de l'uni, ce qui est aussi une bonne manière de s'informer, avec en prime, les commentaires !

La nouvelle du jour était que Miss Crone avait quitté la clinique. Jo le savait, cela lui avait pourri la fin de sa visite au paradis.

Mais la grande nouvelle était tout autre.

- Tu as entendu, lui demanda Julia, un sourire aux lèvres

- Non, je suis à l'écoute de radio rumeurs, et il y a des interférences

- Alors je vais te dire, donc tu sais que Miss Crone a quitté la clinique, enfin on le savait déjà hier soir. D'ailleurs, tu as bien dormi? Rêvé au paradis?

- Oui, après un bain tiède ou j'ai faillir m'endormir, j'ai abandonné l'eau pour le lit, alors, c'est quoi la suite, raconte

- Et bien hier soir, madame Crone, la mère de Miss Crone, a annoncé publiquement que sa fille retirait son accusation de viol.

- Quoi?

- Oui, tu as bien entendu, la famille retire sa plainte

- C'est dingue, ça veut dire quoi?

- Alors ça, ma belle, je te laisse cogiter. Pour moi, ce n'était déjà pas une histoire digne d'intérêt avant, alors tu penses bien que maintenant...

 

Elles se dirigèrent vers leur classe, se posèrent devant leur table et les portes tournèrent sur leur gond. La deuxième sonnerie résonnait dans la  tête de Jo.

 

 

07:00 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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