02/12/2010

2100 ZONE AMA

Chapitre 4

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A la sortie des cours, Jo se précipita vers Georges. Il était en grande discussion avec d'autres chauffeurs, et non assis dans la voiture comme d'habitude. "Il sait tout déjà" pensa Jo. En la voyant arriver en courant, Georges éclaira son visage d'un immense sourire. Il ouvrit la portière à Jo et s'installa. Comme Nam ne rentrait pas avec elle, Jo baissa la vitre et pressa Georges de partir.

- Direction zone

- Naturellement Miss

- Naturellement. Que savez vous? Vous me racontez?

- Il est libre, Miss Jo, libre ! La famille a bien compris qu'il n'avait rien fait, qu'il ne peut rien faire. Et c'est grâce à vous

- Comment Georges ! Grâce à nous !

- Non, Miss, pas grâce à vous la famille, grâce à vous Jo

- Georges, je ne comprends rien, de quoi parlez vous?

- Et bien hier, je vous ai emmenée avec Miss Julia à la clinique, non? Et vous avez parlé avec la directrice, je sais, je vous attendais, et j'ai bien vu que la demoiselle quittait la clinique avec un chauffeur de la famille. Ce n'était pas Georges, bien sûr, mais vous avez gagné

- Mais Georges, je n'ai rien fait, à la vérité, c'était mon intention de rendre visite à Miss Crone mais nous étions assises sur la terrasse du restaurant quand j'ai vu passer la limousine. Je n'avais pas encore parlé à la jeune femme et encore moins à la directrice !

- Tant pis, moi j'ai raconté à tous les chauffeurs que c'est grâce à vous, que vous avez réglé le problème parce que vous vous êtes intéressés à nous, les hommes. Vous êtes la star chez nous !

- Mais Georges, c'est inexact, je n'y suis pour rien, il faut dire la vérité, je ne peux pas bénéficier d'un succès que je n'ai pas provoqué, je n'ai rien fait, c'est tricher...

- Miss Jo, je ne connais pas beaucoup de jeunes femmes, si vous me permettez, même vos amies Julia ou Nam par exemple, ce n'est pas elles qui se sont déplacées dans la zone pour parler à un chauffeur, ce n'est pas elles qui ont bravé leur mère pour expliquer qu'il pouvait y avoir une autre version, ce n'est pas elles qui ont fait l'effort de visiter la clinique où se reposait la demoiselle pour parler à la directrice. Maintenant, vous avez peut-être eu le résultat plus tôt que ce que vous pensiez, mais c'est bien la somme des efforts et des réflexions que vous et vous seule avez fournis qui a résolu le problème et rendu la vie à Georges. Car je suis sûr que si vous aviez parlé à la directrice de la demoiselle et que l'histoire était remontée aux oreilles de la famille, la même suite logique se serait produite. Et pourquoi? Parce que Georges est innocent. Et ce soir, c'est la grande fête à la coloc, on va inviter tous les potes pour célébrer.

- Georges, je n'y suis pour rien, mais je suis très soulagée pour votre ami. Il va retrouver son travail?

- ça, il ne le sait pas encore, il ne sait pas ce qu'il veut faire, vous savez, Miss, il vient de naître. Il était mort, vous l'avez vu, et sa vie s'ouvre à lui comme une page blanche. C'est vrai que c'est un peu triste de devoir parfois en arriver au seuil de la mort pour réaliser à quel point la vie nous donne de belles choses et qu'il faut le réaliser chaque instant. Rien que respirer, Miss Jo, respirer !

Jo ferma les yeux et écouta sa respiration, longue et profonde, elle le tenait comme un cheval libre qui veut sauter un obstacle. « Ma respiration est un cheval de vent ». Le seul problème est que si la plainte est retirée, personne ne pourra approfondir les dispositions liées au viol. Et pourquoi la famille a retiré la plainte? Parce que la demoiselle est guérie? Amoureuse de son chauffeur et que le scandale serait trop énorme? Parce que la société pharma a eu peur de devoir tester ses implants et les rappeler? Parce qu'ils sont effectivement déficients? Une histoire de gros sous? C'était certainement une histoire d'argent. Devait-elle aller plus loin dans son enquête ou laisser tomber? Jo passa en revue les sujets qui l'occupaient ces temps: d'abord, le bébé, c'était sa priorité, ensuite, Nam avec qui elle allait vivre et qui traversait une crise dépressive assez pénible et qui avait besoin de son soutien, son anniversaire à préparer et le sien également, Jo allait aussi avoir 20 ans bientôt, le premier août. Cela lui rappela qu'il y avait aussi l'uni, à ne pas oublier, avec sa fête qui approchait et ensuite les examens, une semaine de stress maximum. Et ensuite, elle devrait attaquer la Mission du siècle, retracer pour le centenaire la vie d'une femme vivant en l'an 2000, pas une mince affaire. Et il y avait Georges et cette histoire de viol. Jo écouta son cheval de vent qui lui chuchotait à l'oreille. Et il y a Zac. Zac, mon oncle. Le X qui faisait l'inconnu dans l'équation. Le X que donne l'homme.

 

 

07:00 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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