15/12/2010

2100 ZONE AMA

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Justice

- Jo, réveille-toi, Jo, ouvre les yeux

Jo n'ouvrait pas les yeux. Kim était convaincue que Jo l'entendait, mais Jo n'ouvrait pas les yeux.

- Je n'ouvre pas les yeux, pensait Jo. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'entendre saman. Et elle ne pouvait pas laisser saman toute seule. Jo ouvrit les yeux

- Oui maman

- Jo, ma chérie, tu n'as pas entendu ton réveil, tu vas être en retard

- C'est vraiment important? On va me faire un cirque à l'uni, je n'ai aucune envie d'y aller

- Ecoute, c'est Mary Mady qui a appelé il y a quelques instants. Elle t'a appelée car elles ont eu une réunion de crise, et la Présidente a pensé que Mary pouvait te convaincre. Elle attend que tu la rappelles.

- Je ne veux pas aller à l'uni, il va y avoir les journalistes et je n'ai rien à leur dire

- Jo, ce que tu as dit hier soir était parfait, tu n'as qu'à répéter

- Je ne me souviens plus de ce que j'ai dit hier soir, j'étais sur une autre planète

- Tu as dit que tu n'y étais pour rien et que si les dispositions liées au viol devaient être révisées, elles devaient l'être par la Souveraine. C'est juste parfait, tu es dans les lignes

- C'est la ministre de la justice qui te l'a dit?

- Comment tu sais?

- Je devine...

- Oui, c'est juste. Je te rappelle qu'il s'agit de la fille Crone, que saman est non seulement l'une des Trente, mais la Raine !

- Et que toi tu es en train de développer un projet pour le Ministère de la Justice et que ta fille est en train de dérégler tout le bel édifice

- Tu ne dérègles rien du tout, et d'ailleurs, tu m'en avais parlé. Je n'avais pas pensé que les conséquences seraient telles. Tu as rendu visite à ce Georges, non?

- Oui, mais je n'ai rien fait, je l'ai juste écouté. Tu te souviens de la plaidoirie que j'avais imaginée?

- Oui, très efficace en fait. Sais-tu pourquoi cette jeune Miss Crone a retiré sa plainte?

- Non, je ne sais pas, je n'y suis pour rien

- Mais tu étais à la clinique, après avoir été dans la zone pour parler à ce Georges. Et quand tu es à la clinique, la fille Crone décide de quitter les lieux et la famille de retirer sa plainte

- C'est une coïncidence

- Coïncidence malheureuse alors !

- Peut-être, ou pas. Je ne vois pas très clair encore. Mais tu sais, maman, la loi sur le viol est injuste et les dispositions doivent être revues

- Oui chérie, mais je te propose de ne pas en parler ces prochains jours. Ou alors, on en parle entre nous, et je fais une connexion avec la ministre de la justice. Mais je t'en supplie, n'aborde pas ce sujet avec tes amies, ou même les profes, et encore moins avec les journalistes. Tu me promets?

- Je te promets, je comprends. Mais...

- Mais quoi?

- Mais tu me laisses chercher à comprendre, et je te dis tout

- Tout?

- Tout ce qui concerne cette affaire de viol. Il y a un truc qui n'est pas clair quand même, mais je n'arrive pas à voir quoi

- Tu sais, Jo, les Crone sont très puissantes. Ne te mets pas dans une situation qui pourrait te nuire. Tu ne connais ni ce Georges, ni cette fille, alors ne t'implique pas trop.

- Oui, mais je suis étudiante en droit à l'université et j'ai choisi le droit car je crois en la valeur de la justice. Et cette valeur est bien au-dessus de mes propres intérêts

- Jo, d'accord pour l'idéologie, pense qu'il y a d'autres êtres autour de toi pour qui les conséquences pourraient être horribles. Des êtres que tu côtoies et qui ont besoin d'une certaine, comment dirais-je, protection? Ou disons, d'une certaine, discrétion?

- Ok Mman. Pourquoi dois-je parler à Mary Mady d'ailleurs? Je n'ai pas peur des journalistes et des photographes.

- Dis-le lui alors. Je crois savoir que l'uni a ouvert le canal de sécurité pour toi, celui qui est souterrain, afin que tu puisses rejoindre les classes sans passer par l'entrée.

Jo regarda saman, les yeux tout grand ouverts maintenant. Elle éclata de rire

- Tu plaisantes? Le canal de sécurité?

- Je ne plaisante pas, j'ai déjà donné des consignes à Georges pour qu'il prenne la bonne voie. Le départ se fait dans un garage fermé, et ensuite, tu as un tunnel jusqu'a l'uni.

- Comment tu connais ça, maman?

- Dis, ma belle, je ne t'ai jamais dit que j'avais une connexion avec le Ministère de la Justice?

- Oui, mais je ne vois pas le rapport

- Et bien je ne t'en dirais pas plus. Allez, appelle Mary Mady, habille-toi, Georges est en bas. Ah, avant de partir, tu te rends compte que tu as sauvé une vie?

- Maman, je t'ai déjà dit que je n'y étais pour rien

- Je ne crois pas Jo. Tu ne sais pas ce que tu as fait, mais la conséquence est là, tu as sauvé une vie. Cet homme, Georges, peut de nouveau dormir sur ses deux oreilles.

Jo se rappela la fête à la coloc quand elle avait voulu le voir, la veille. La veille seulement. Le temps s'accélérait comme un moteur emballé.


 

 

 

08:20 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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