23/12/2010

2100 ZONE AMA

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Justice

 

Jo avait passé une semaine de folie. Entre les soi-disant copines qui voulaient toutes venir à la fête de Nam, les profes qui la regardaient d'un drôle d'air, et la discussion avec Mado C. Crone qui lui revenait sans cesse à l'esprit. Le pire avait quand même été le matin suivant avec Julia. Jo était arrivée à l'uni, comme d'habitude, sauf que Georges avait à nouveau pris le tunnel depuis un autre garage souterrain. Jo était arrivée sur le parvis, et avait vu Julia. Elle s'était approchée, souriante en voyant son amie, quand Julia l'avait toisée de haut et tourné les talons à son approche. Jo l'avait suivie, l'avait retenue par l'épaule et s'était campée en face d'elle. Julia avait un air hautain et distant que Jo ne lui connaissait pas. Julia puait le mépris. Jo ne savait que dire, tellement elle était sous le choc. Et Julia avait commencé à l'insulter

- Je ne veux pas te parler, tu nous fais honte, tu es une tare pour notre université

Jo avait protesté, demandé ce qui lui valait un tel débit de méchancetés, et Julia lui avait craché tout son venin

- Tu ne te rends même pas compte. Tu remets en cause tout ce qui fait notre vie, notre équilibre, toutes les valeurs que nous défendons et qui font que notre société est ce qu'elle est: un lieu de paix et de liberté. Ton comportement est une atteinte à tout ce que nos mères, et les mères de nos mères ont créé, construit, bâti. Tout ce qui fait notre force, la puissance de la vie, l'indépendance de la femme, la tranquillité... tu bannis tout, sous prétexte sans doute que tu adores passer à la télé et être la star. Simple narcissisme de jeune fille unique et peu équilibrée. Tu es prête à détruire notre société sous prétexte que tu te crois meilleure que notre Souveraine, que nos lois, que nos valeurs.

Jo était interloquée et avait essayé de s'expliquer

- Attends, Julia, je n'ai rien fait de mal, je n'y suis pour rien, je suis allée à la clinique pour parler à Miss Crone, et elle est partie avant, tu le sais bien, tu étais là, Julia, rappelle-toi

- Oui j'étais là, et tu m'as utilisée à tes desseins malsains. Sans rien me dire, tu as abusé de ma confiance, de mon amitié. Tu m'as dit vouloir aller dans cette clinique pour un bébé, mensonge ! Tu ne voulais que rencontrer cette pauvre fille pour cette sordide histoire de viol, et pour défendre un chauffeur en plus ! Mais tu es devenue complètement folle ! Un chauffeur viole une jeune fille et toi tu veux défendre le chauffeur ! Je me demande ce qui se serait passé si ça avait été toi. Et en plus, tu me mets dans cette histoire sans rien me dire, sans me dire la vérité, je risque ma réputation et celle de ma famille pour tes projets vaseux. Tu me dégoutes

- Julia, ne le prends pas ainsi. Je suis allée dans cette clinique pour faire un bébé, c'est vrai, plus que vrai, tu peux demander à Nam, cela fait des mois que je lui dis que je veux un bébé. Maintenant, d'un point de vue juridique, il peut être intéressant de se poser la question de notre réglementation quant au viol, comme un sujet d'étude quelconque ! On est étudiantes en droit, ou je me trompe? Le Parlement est en train de rediscuter les lois du divorce, et ce n'est pas un crime, alors pourquoi pas le viol. Et c'est vrai que j'aurais bien aimé discuter avec Miss Crone mais, comme tu le sais tout aussi bien que moi, elle est partie avant qu'on puisse la rencontrer.

Julia la regardait de son air méprisant, le regard un peu absent,

- En tout cas, ne compte pas sur moi pour ta fête, je ne viendrai pas. Tu veux la télé, tu n'as qu'à faire venir ta copine journaliste, mais moi je ne viendrai pas. Et Julia tourna le dos en un seul mouvement, et engagea un pas très grand loin de Jo. L'espace s'agrandissait entre les deux, et Jo restait plantée comme un arbre, les feuilles au vent. C'est une main qui se posa sur son bras qui la fit se retourner.

 

07:15 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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