11/01/2011

2100 ZONE AMA

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Amitié

 

En arrivant à la maison, Jo trouva Nam dans sa chambre, les yeux rouges, en train de contempler un ballon bleu. La maison était toute décorée, Georges avait bien fait les choses pendant que Jo, Kim et Swan étaient à l'exposition. Les invitées devaient arriver vers 17 heures, Jo fit un baiser dans le cou de Nam et lui proposa un thé. Elle lui racontait le tableau, ce tableau qui s'appelait "ma fille" que Kim lui offrait et qui était si ressemblant. Il y avait la même énergie, les mêmes ombres, la même ambiance que dans le Marché Rouge, mais c'était un portait. Un portrait avec un sourire énigmatique, mi narquois, mi blasé. "Un sourire à la Jo" avait murmuré Nam. Son air triste énervait Jo qui ne comprenait pas que le jour d'une telle fête, Nam puisse bouder. En plus, Kim avait organisé une surprise qui ferait très certainement plaisir à son amie. En plus, Jo lui offrirait un superbe bracelet en pierres de lune, cadeau de toutes ses copines pour ses 20 ans.

 

En remontant avec les deux tasses, Jo se dit qu'elles devaient parler. Elle posa la tasse sur son bureau rangé et propre, et posa celle de Nam devant elle. Prenant une chaise, elle s'assit tout près de son amie.

- Alors, ça ne va pas?

- Non

- Non?

- Non

Et Nam restait dans son silence

- Tu ne veux pas me dire, ce serait plus facile pour t'aider si je savais où était le problème.

- Le problème, les problèmes !

- Commençons par un, quel est le premier problème? Ton anniversaire, ta mère?

- Ma mère et sa femme, oui c'est un des problèmes, mais pas le plus important

- Alors quel est le plus important problème?

- Franchement, tu ne vois pas? Tu ne te souviens pas?

- Si, si je me souviens, c'est moi, donc c'est moi ton problème? Jo était excédée

- Oui c'est toi, et en fait, non ce n'est pas toi mais ton ultimatum. Je te rappelle qu'aujourd'hui je dois te dire si je reste avec toi sans me marier ou si je te quitte

- Oui, soit tu restes avec moi sans me marier et on fait un bébé ensemble, soit tu trouves une autre femme avec qui tu te maries. Je sais que le choix est difficile, mais je suppose que tu l'as fait?

- Tu as l'air bien sûre de toi, oui j'ai fait un choix, et tu vas le détester

- Quoi? Laisse-moi deviner. Tu ne veux pas venir vivre avec moi? C'est ça? C'est nul, tout simplement parce que tu ne veux pas enfreindre une loi vieille et désuète. Je serai la première à ne pas me marier, peut-être, mais je ne vois pas ce qui est mal, ou bien au contraire, il est peut être temps de remettre en cause ces vielles règles qui nous gouvernent. Il y en a assez, c'est des Madames C. Crone qui font les lois, qui font la loi. Et pourquoi ne pas penser autrement, pourquoi ne pas simplement penser? Penser? Tu comprends?

- Oui, je comprends que tu es toujours sur la limite, toujours en train de tester et tu prends sans cesse le risque de te blesser. Tu es comme un cheval dans un enclos, tu te frottes toujours aux barrières, tu tournes, tu les touches. Tu ne comprends pas que tu te fais mal? Et que non seulement tu risques ta peau en agissant ainsi, mais celle des autres? Tu es si proche des limites, des barrières, que tu es sur le point de les briser, de les casser. Et tu sais ce qui va se passer si tu casses les barrières?

- Oui, si je casses les barrières, je vais me faire mal, oui, peut-être, et peut-être pas. Qui te dit que derrière ces barrières il n'y a pas quelque chose de plus beau, de mieux? Moi j'ai envie de voir ce qui est derrière, je veux savoir pourquoi il y a des barrières...

 

 

 

07:29 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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