24/12/2010

2100 ZONE AMA

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Justice

 

C'était Nour, qui lui souriait.

- Tu sais, ça va lui passer. J'ai l'impression d'entendre saman. Je suppose qu'elles ont regardé les nouvelles et que Julia s'est vue obligée de choisir un camp. Et naturellement, elle a choisi le camp de la famille ! Saman devrait te remercier, je suis sûre qu'elles n'ont jamais été aussi proches toutes les deux. Allez, viens, Julia reviendra, tu es sa meilleure amie.

Jo se laissa entraîner vers le couloir

- Et moi j'aimerais te dire que je t'admire beaucoup d'avoir répondu comme tu l'as fait devant la télé. Sans être préparée, avec le stress et l'émotion, je trouve que tu as été super. Et rien n'a été déplacé. Tu n'as rien dit de la famille Crone, tu n'as pas répondu à la question du viol et tu es partie sans discuter. Bravo ! Un exercice de rhétorique

- Merci Nour, après les propos de Julia, tu me remontes le moral.

Et elles étaient entrées en classe à la première sonnerie, Julia très loin de Jo. La deuxième sonnerie avait fermé la porte hermétiquement, comme pour toujours.

 

A part l'épisode de Julia qui avait ébranlé très fortement Jo, rien n'avait troublé la fin de la semaine. Jo se forçait à rentrer directement avec Georges, Nam rentrait avec elle et elles travaillaient un max, les examens approchant à grande vitesse. Nam semblait relativement calmée. Jo la trouvait souvent les yeux fixés sur elle, immobile et triste. Jo et Nam avaient convenu que les jours de congé de la fin de semaine seraient occupés à l'étude. Jo avait aussi pris la bonne résolution de ranger sa chambre, ce qui était une révolution. Georges n'avait pas le droit de ranger le bureau de Jo, non pas que Jo le lui ait interdit, mais Kim soutenait qu'un ménager est là pour faire le ménage, pas pour trier des poubelles. Et il était vrai que sur le bureau de Jo se trouvaient tout aussi bien des livres, des plaques, des papiers, des tasses, des strings, des rouges à lèvre, des stylos, des bijoux, des cartes, et toute une quantité de choses hétéroclites qui ne servaient à rien mais qui constituaient un champ de couleur et de choses tout à fait rassurant pour Jo. Et bien là, Jo avait décidé de ranger. Elle avait tout jeté par terre, et se posait la question pour chaque objet où il allait et si elle voulait le garder. Elle fit plusieurs voyages vers la cuisine pour rapporter des paquets de biscuits à peine entamés et des tasses sales. Elle jeta une quantité impressionnante de riens, et ensuite admira son bureau et sa chambre, ayant un sentiment agréable d'avoir la satisfaction de celle qui a accompli une grande tâche et de celle qui découvre et conquiert une nouvelle terre. En fait, elle s'empêchait de penser en se noyant dans du travail concret et pragmatique et dans ses devoirs universitaires. Le week-end passa vite, il n'y avait que Mary Mady qui lui avait demandé de ses nouvelles, en plus de Mami Li, naturellement. Georges était aux petits soins, il lui avait apporté un immense bouquet de roses rouge sang qui embaumait toute la maison.

 

La semaine commença par un lundi. Un lundi lourd comme un premier jour de semaine. Nam était la peine incarnée, et organiser un anniversaire avec la peine incarnée frisait l'impossibilité. Jo était la star, toutes les filles la harcelaient de tout et de rien. Et la cohorte de journalistes ne cessait de gonfler devant l'université, Mme Crone ayant fait une déclaration. Jo avait rangé dans un tiroir de sa mémoire les propos de Mme Mado Crone Crone comme un dessert que l'on garde pour plus tard. Jo essayait de s'occuper de cet anniversaire de Nam, de rester concentrée sur ses études et d'éliminer le reste. Dès la semaine suivante, elle reprendrait les autres thèmes comme le viol et les dispositions légales, sa participation à la fête de l'uni, les examens et le bébé. Elle hésitait quant à l'ordre à donner à ses priorités, mais ne se mentait pas. Adam apparaissait régulièrement en fond d'écran, elle ne pouvait oublier la façon dont il l'avait regardée. Mais elle chassait l'image chaque fois qu'elle le pouvait. Après les examens, il y aurait les vacances, son anniversaire et elle pourrait ensuite s'atteler à son travail de recherche sur cette femme du siècle dernier. En pensant à ce projet, Jo se permit une incartade et se rendit dans la salle de recherche. Après avoir appuyé son bracelet sur la borne elle put entrer et s'installa à l'ordinateur. La puissance ici était telle que la vitesse allait presque aussi vite que le cerveau. Jo demanda à l'ordi de s'allumer puis lança une recherche sur la Clinique de la Colline. Elle obtint de nombreux résultats, bien plus que depuis la maison. Elle se rappelait fort bien avoir eu telle page avec tels renseignements, là, elle en avait au moins trois fois plus. Jo tapa le mot "interruption de grossesse", et soudain le visage de la directrice apparut à l'écran. Jo sursauta.

 

 

07:15 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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