28/12/2010

2100 ZONE AMA

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Justice

 

Et Jo avait accepté, que pouvait-elle faire d'autre? Elle avait réalisé en sortant du bureau qu'elle avait plein de questions. Qui fabriquait ces coquines? Savait-on aussi qui les distribuait? Elles étaient certainement produites par des laboratoires pharmaceutiques, clandestins, naturellement. Et Jo était restée sur le mot clandestin. En retournant en cours, elle se surprit à regarder dans la direction de Julia, mais elle ne leva pas les yeux vers elle. Julia l'ignorait au plus haut point, elle était entourée de deux ou trois filles, dont Sally et Vic qui étaient insupportables. Elles critiquaient toutes les filles, elles savaient toujours tout mieux, minaudaient, intriguaient et faisaient circuler des rumeurs. Des filles avec lesquelles Jo ne voulait pas discuter. Sally surtout était infernale. Elle ressemblait à Julia, elle était de la même trempe, elle était une fille des Trente. Alors évidemment, elle était supérieure, tout au moins le croyait-elle. Sa naissance lui donnait certes un avantage indéniable sur les autres, mais ce n'était pas suffisant au regard de Jo. On est ce qu'on est né, et on devient ce qu'on doit. Ce qui compte c'est là ou on va, et comment, mais pas tant d'où on vient. On a peu de mérite à être née dans une famille ou une autre, on n'en est pas responsable. En revanche, on est complètement responsable de ce que l'on fait et des buts que l'on se fixe, dans un univers et un temps donné.

 

- A quoi tu penses?

- Je pense à Julia,

- Et tu as l'air bien triste et dubitative

Kim, était assise en face d'elle, à la table ronde de la salle à manger. Swan était aussi en face d'elle. Jo sourit en pensant que le rond évitait de montrer qu'elles ne formaient pas une famille standard de deux mères avec leur deux filles, assises en carré. Une table ronde permettait à chacune de trouver sa place sans jamais avoir de siège vide. Swan était assise à coté de Kim et Kim était assise à coté de Jo, mais aussi en face. Pourtant, depuis quelques temps, Nam était là, et sa présence créait les deux paires qu'elle n'avait jamais connues

- Tu veux nous raconter? Kim lui souriait

- Si tu veux, je sors. Swan était toujours d'une politesse délicate et élégante

- Non, reste Swan, tu pourras aussi me donner ton point de vue. Il s'agit de Julia. Depuis la visite à la clinique et surtout depuis l'interview, elle ne me parle plus, elle est fâchée contre moi et m'ignore complètement. Elle s'est aussi liguée avec des autres filles, des pestes, et elles passent leur temps à comploter, ce que je déteste. J'ai l'impression qu'elles préparent un mauvais coup contre moi.

 

Jo raconta dans les détails ce qui s'était passé à la fac lors de la dispute en public, et décrivit l'attitude de Julia en cours. Nam était outrée et intervenait dans le cours de l'histoire pour maudire Julia. Kim écoutait, ainsi que Swan, sans interrompre les explications de Jo. Quand le silence revient, Kim prit la parole

- Julia est ton amie, il faut toujours partir d'un postulat positif. Maintenant, si tu pars du principe qu'elle est ton amie, comment peux-tu expliquer un tel comportement

- Elle se laisse manipuler?

- Oui, c'est une possibilité, par qui?

- Par saman, par ses copines, je ne sais pas !

- Par saman, je pense que c'est le point le plus juste. Julia est ton amie, et saman est fâchée contre toi, donc Julia, qui est féodée à saman, doit suivre la même voie. A ton avis, ce scénario est possible?

- Oui, mais alors je ne comprends pas pourquoi la mère de Julia est contre moi. Je ne lui ai rien fait à elle ! Quelle importance !

- Quelles sont les personnes impliquées dans cette histoire de viol

- Il y a la fille Crone et Georges, son chauffeur. Et à ce que je sache, la mère de Julia n'a rien à voir avec la fille Crone, et encore moins avec le chauffeur

- On va y revenir, mais il y a encore un élément, voire deux, que tu ne mentionnes pas. Ce ne sont pas des personnes

- Le viol? Nam avait presque crié

- Oui, le viol, et encore quoi?

- Le droit, la justice

- Juste, et moi je vois encore un élément qui pourrait servir de détonateur

- Je ne sais pas Mman

- Nam? Tu as une autre idée?

- Non Kim

- Moi je vois les implants. Et derrière les implants, toute l'industrie pharma

Swan regarda Kim et ouvrit la bouche pour la première fois

- Alors il y a aussi les médias.

- Exact. Récapitulons. Dans cette histoire, il y a deux personnes: la fille Crone et le chauffeur Georges. Ensuite, il y a la justice, le viol, les implants, les medias. Si on exclut les relations de la famille de Julia avec la fille Crone et le chauffeur...

Swan interrompit Kim

- Excuse-moi, mais la fille Crone n'est peut être pas la bonne personne, pense à Mado C. Crone...

- Oui, quand on a MCC dans le collimateur, on peut perdre les pédales. Qui sait, la mère de Julia et la mère Crone sont peut être de grandes amies, ou de grandes ennemies? Auquel cas, cela pourrait expliquer qu'elle soit très remontée contre toi

- Et le chauffeur?

- Je pense qu'on peut exclure le chauffeur. Il est au service des Crone depuis toujours. En revanche le viol peut aussi être un élément. Imagine que la mère de Julia, ce que je ne lui souhaite pas, ait une fois été maltraitée par un homme, voire, un chauffeur, pourquoi pas. Elle en a gardé des souvenirs horribles et depuis, tout ce qui a trait à ce genre d'événements la traumatise

Jo réfléchissait. Effectivement, si la mère de Julia ou bien même Julia avait eu une expérience traumatisante, on pouvait comprendre que tout ce qui s'en rapprochait les rendait hostiles

- Ensuite, le droit, la justice. Tu ne sais pas, peut être que la mère de Julia est en train de pondre un texte pour proposer de nouvelles dispositions, auquel cas tu lui pourris son projet. Ou bien tu lui poses un problème existentiel en remettant en cause une loi établie et reconnue

- Et les implants? Les sociétés pharma

Nam souriait

- Elle a peut-être des actions ou une participation dans une de ces industries, et elle n'aimerait pas du tout voir le cours des titres s'effondrer en cas de doute et de rappel des implants car elle perdrait beaucoup d'argent.

 

 

07:15 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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