17/12/2010

2100 ZONE AMA

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Justice

 

Les filles avaient été très excitées par le récit de Jo, qui restait mot à mot identique au texte initial. Nam ne la lâcha pas d'une semelle lors du déjeuner, si elle avait pu s'asseoir sur ses genoux, elle l'aurait fait, mais par chance Nam était trop timide pour oser désobéir au règlement et elle se tint sur sa chaise, très proche de Jo, mais sans plus. Jo essaya de changer de sujet et de parler de l'anniversaire de Nam qu'elles devaient organiser les deux. Peu de filles avaient déjà accepté l'invitation, mais ce jour-là, elles vinrent les unes après les autres pour lui confirmer qu'elles viendraient, lui demandant son adresse et ce qu'il fallait amener. Jo avait réfléchi et, en remplacement de la mère de Nam qui semblait vraiment incapable de penser au vingtième anniversaire de sa fille unique qui approchait, elle avait décidé que le cadeau de Nam serait un bijou, et répondait à toutes les filles invitées qui lui confirmaient leur venue qu'elles pouvaient participer au cadeau. Jo avait pensé à un bracelet en or qui comptait 20 pierres de lunes, taillées en forme d'amandes et reliées entre elles par une chaîne au maillon fin. L'ensemble était souple et délicat, les pierres de lune avec leur couleur laiteuse et la douceur des reflets s'accorderaient très bien avec la peau de Nam. Jo regardait son amie avec tendresse. Nam lui tenait la main, ses yeux un peu noyés perdus dans les siens. En parlant de l'anniversaire, Nam reprenait des couleurs, et soudain, devenait toute pâle. Jo pensait que c'étaient les sentiments contradictoires qui la traversaient qui lui faisaient sourire puis presque pleurer. La mère de Nam était totalement indifférente, voire absente. L'ambiance à la maison devenait de plus en plus délétère et aucune des deux mères ne voulait partir vivre ailleurs. Luce était elle aussi dans un piteux état, lui avait dit Nam. C'était l'enfer. Jo s'était énervée en disant que personne n'avait le droit d'infliger l'enfer aux autres, que si une femme voulait vivre dans le malheur, c'était son choix, mais que ce n'était pas acceptable d'y engager d'autres êtres, surtout sa propre fille. Nam avait acquiescé en disant que l'enfer c'est les autres, mais qu'on ne peut pas vivre sans eux, et que finalement, on vit donc toujours en enfer. Ce syllogisme avait encore plus énervé Jo qui avait, à bout d'argument, proposé que Nam vienne vivre à la maison le temps que ça se calme. Et surtout, le temps de la fin de l'uni, il fallait absolument que Nam réussisse son année et puisse travailler pour la semaine d'examens qui aurait lieu après la fête de fin d'année. Et Nam avait accepté de venir vivre chez Jo. Et Jo avait pensé que c'était la fin de quelque chose.

 

 

07:20 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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