21/12/2010

Théâtre en... Panne

La Panne, de Friedrich Dürrenmatt, au théâtre de Carouge, date un peu, c'est vrai. L'adultère n'est plus un crime, et à l'heure du fastporno, plus personne ne se pendrait pour une bête histoire de patron trompé... Et pourtant, là où Jean-Yves Ruf a réussi à nous surprendre c'est dans la distribution des acteurs. Des hommes d'âge mur, aux tempes blanches, ventres rebondis et sourires grimaçants. Y a-t-il un âge pour jouer ? Les acteurs jouent parfois l'autre sexe, voire se griment pour paraître plus vieux... mais être vieux et jouer un vieux, voilà une forte démonstration qu'on ne l'est pas. La prouesse remarquable de cette Panne est de nous prouver que jouer la comédie est une activité sérieuse et que les acteurs sont toujours vivants dans leur rôle et dans leur être, pour notre plaisir de spectateur.

On savait que les textes traversaient les siècles, les thèmes vieillissent, mais les acteurs restent, et c'est d'eux dont nous nous souviendrons. La Manufacture produit toujours des joyaux, vous  prendrez bien encore un dernier verre !

09:22 Publié dans Théâtre | Tags : théâtre, genre, plaisir | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Un jour la terre ne sera plus que cendre et poussière... Un texte, une page d'un livre trainera peut-être quelque part pour faire savoir aux êtres d'une autre planète que l'Homme a existé... mais il n'y pas la moindre trace d'un acteur.
Cordialement.

Écrit par : Hank Vogel | 21/12/2010

Dans mon souvenir d'Homme, qui existe et aura existé, il restera peu de ce texte, mais le souvenir de ces hommes - peut-être, qui sait, on n'en n'est pas revenu - sera ce qui me restera. Des acteurs de leur vie et de la vie d'un autre... c'est ce qui était puissant dans la mise en scène. Mais il ne restera aucune page, les anges ne lisent pas !

Écrit par : jill Székely | 22/12/2010

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