13/01/2011

2100 ZONE AMA

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Amitié

 

- Et quelle est cette solution de non choix?

- Je choisis effectivement de ne pas choisir. Dans cette alternative, soit je reste avec toi contre mes convictions fondamentales de vie, soit je te perds et je perds mon amour, car je ne pourrai jamais aimer une autre...

- Alors, je ne vois pas

- Alors je pars, je m'en vais

- Comment ça tu pars, tu vas où?

- Tu veux aller voir au-delà des limites extérieures de notre société, je vais m'enfermer au milieu des limites de mon propre être. Je vais sonder ma vie, mon corps, mes émotions, mes pensées. Je vais voyager au fond de moi en tant que femme et en tant que femme parmi les femmes, une femme, la femme. Retrouver par la méditation ce qui a fait de moi ce que je suis, et prier. Jo, je vais prier, jour après jour, chaque jour, chaque heure, chaque nuit, je vais prier pour toi, je vais prier pour toi mon amour

- Mais tu es folle, je ne veux pas de ce lien, je ne veux pas que tu m'imposes ta réclusion, je ne veux pas être la cause de ton malheur, je ne veux pas que tu me fasses porter une culpabilité qui n'est pas la mienne. Je ne veux pas de tes larmes, de tes chaînes, de ton poids. Tu ne peux pas m'imposer un tel fardeau, tu ne peux pas !

- Et toi, tu m'imposes ton choix, je dois l'accepter, je meurs de ton amour ou je meurs de mes valeurs. Je ne veux ni l'un ni l'autre, je veux ton amour et mes valeurs. Et je prierai, tu n'as pas besoin de le savoir ni d'y penser, mais je prierai pour toi, toujours

-...

Jo était tétanisée. Les ballons bleus flottaient dans la pièce comme des bulles irréelles qui se seraient égarées dans une histoire d'horreur. Tout était si immobile, si froid, si distant. Jo sentait ses yeux en-dehors d'elle, elle les voyait, deux gros globes blancs qui hurlaient de terreur. Sa peau était glacée, elle ne respirait plus

- Jo, Jo, on se verra encore, regarde-moi. Nam lui avait pris la main et la secouait. Jo, on ira chercher des choses sûres ensemble, tu veux?

Jo détourna son regard et le posa sur Nam, "chercher des chaussures" lui résonnait dans la tête. Elle se baissa, enleva son escarpin, le tint par le talon, et le tendit à Nam

- Voilà Nam, ta chaussure. Et elle s'échappa à travers la porte d'entrée le jardin et les nuages...

 

 

07:15 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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