20/01/2011

2100 ZONE AMA

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Amitié

 

Dans la voiture, Jo fulminait. Elle ne savait pas si elle était plus en colère ou plus en tristesse. Elle avait envie de hurler et de pleurer. En prenant un mouchoir, elle sortit son téléphone et composa un message à Nam : "Nam, ne décide rien ce soir. C'est ton anniversaire, il faut que tu termines l'uni, il faut que tu nous laisses une deuxième chance. Je te propose d'attendre jusqu'à mon anniversaire, le 1er août ». Jo envoya les mots en l'air, ne sachant pas que Nam était incapable de lire quoi que ce soit. En fait, elle le savait. Elle savait qu'elle ne voulait pas de cette vie rangée, de cette vie conventionnelle. Le fait de ne pas vouloir se marier n'était qu'un prétexte à remettre en cause toute la structure classique, traditionnelle. Avec le mariage qu'elle refusait, elle renonçait à la maternité, elle mettait en doute la famille, elle contestait l'ordre établi. Elle franchissait une ligne qu'en fait elle voulait abolir. Jo ouvrit la fenêtre d'un coup, elle avait besoin d'air. En route vers la zone, elle avait demandé à Georges de la mener chez Zac. Et Georges roulait dans cette direction. Jo ferma les yeux, respirant l'air qui entrait en elle comme une fontaine de fraicheur. Elle voulait mettre un point, elle voulait fermer la porte, elle voulait se réveiller et commencer un nouveau jour, sans repenser à celui-la. Quand Georges parqua la voiture devant l'immeuble AMA, elle sortit avant qu'il ait éteint le moteur. Elle se tenait debout, sur le trottoir, pieds nus, une chaussure à la main. Georges, fermement, la prit par le bras et lui ouvrit la porte. Elle dédaigna l'ascenseur et monta les deux étages à pied, Georges sur ses talons. En arrivant devant le palier, la porte était ouverte et Zac se tenait debout, dans la lumière. Jo se précipita dans ses bras, sa tête contre la poitrine dure de son oncle, et lâcha un torrent de larmes. Zac la poussa gentiment dans la pièce, Georges ferma la porte derrière eux. Zac posa Jo dans un canapé, lui tendit un mouchoir et se dirigea vers la cuisine.

- Je vais faire du thé, tu veux?

- Oui Zac, merci. Pourquoi ta porte était ouverte, tu attendais quelqu'un?

- Oui, j'attendais Cendrillon, et tu vois, elle est arrivée

- Je ne comprends pas...

- Ma sœur a appelé, enfin, Kim, taman

Zac était embarrassé. Il s'affairait à la cuisine, Jo écrasée dans son coin de canapé, Georges assis sur une chaise le plus loin possible. Soudain, Jo sentit une présence, et une main malhabile lui toucha l'épaule, redescendit le long du bras et lui prit la main

- Adam?

- Oui Jo, c'est moi. Tu es si triste, pourquoi es-tu si malheureuse ?

- Je ne suis pas malheureuse, répliqua Jo en éclatant en sanglots. Elle pleurait un océan d'eau, larmes qu'elle n'avait sans doute jamais pleurées. Adam lui tenait la main. Il s'assit près d'elle. Et la nuit passa, et le thé refroidit.

 

 

07:15 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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