07/02/2011

2100 ZONE AMA

Chapitre 7Diapositive1.jpg

Amour

Jo sentit qu'elle sortait tout doucement de sa torpeur. Sa peau frissonnait, elle ouvrit les yeux et sourit: Adam était couché tout contre elle, sur le dos, sa poitrine plate et poilue se levait et s'abaissait régulièrement. Il dormait. Il dormait comme un bébé, et même, il ronflait. Tranquillement, sans gêner personne, il ronflait. Ils étaient tous les deux allongés sur le sol de l'atelier. Jo profita du sommeil d'Adam pour glisser son regard de la poitrine vers le visage, elle s'arrêta sur les épaules, fortes et larges, remonta le cou, remarqua le duvet sombre qui ombrait légèrement le menton, les joues. Elle admira l'ourlet de sa bouche et soudain son cœur se mit à battre plus fort. La bouche d'Adam, cette bouche qui l'avait aimée, goutée, embrassée sur toutes les parcelles de son corps. Elle ferma les yeux, pleine du goût et de la chaleur de l'homme. Elle continua sa visite et ses yeux se posèrent sur ses yeux, clos, les cils longs et collés sur un regard qui ne la verrait jamais... elle monta encore le long du front, jusqu'à la racine des cheveux, longea la tempe, trouva l'oreille. Un coquillage pensa-t-elle. Adam a des oreilles de coquillages. Jo bougea un peu pour s'installer plus confortablement sur le côté, elle remonta une couverture sur son sein en se demandant d'où venait la couverture, puis continua son voyage au corps de l'homme. Elle retourna à son point de départ, la poitrine d'Adam. Elle avait très envie de poser sa main sur ce sein plat, de jouer avec les poils et de caresser les tétons, mais elle se retint, écoutant la respiration toujours régulière d'Adam. Elle descendit son regard sur son ventre, lisse. Le nombril faisait comme une île au milieu de la chair, les poils s'y réunissaient et traçaient une sorte de ligne en descendant jusqu'au sexe. Jo détourna le regard, son corps frémit, elle ne pouvait pas regarder. Pas encore. Son propre sexe était encore engourdi de toutes les sensations nouvelles qu'elle avait ressenties, et Jo voulait conserver ce mystère mystérieux. Son plaisir, qu'elle connaissait si bien, l'avait surprise. Il y avait eu une dimension qu'elle n'avait jamais soupçonnée qui s'était ouverte dans son corps, un sentiment de passer dans un autre monde, l'intérieur d'elle-même, la peau qui vibre par des canaux invisibles qui relient tous les membres pour n'en faire plus qu'un seul élément en fusion, elle s'était anéantie dans l'amour, avait disparu, avait été engloutie dans un vide comme un gant qui se retourne. Sa peau, qui se trouvait en-dehors de son corps et en fixait la limite sensible s'était comme inversée et avait vibré de l'intérieur. Adam avait rempli son corps comme une onde. Jo sentait le désir monter dans ses cuisses, ses seins se tendre et gonfler. Elle posa sa main sur la poitrine d'Adam. Il ouvrit les yeux, sourit, se tourna sur le côté, face à elle, la serra contre son cœur et se mit à pleurer. Jo voyait le tableau derrière Adam, elle lui caressait le dos et admirait le champ de blé, si doré et ensoleillé. Elle soupira.

- Adam, il est beau ton tableau, je te remercie de m'avoir emmenée dans ton atelier

- Jo, tu es une fleur dans le jardin des délices, tu es ma fleur

- Oui Adam, je suis le coquelicot de ton tableau

Jo suivait des yeux la longue tige verte et les pétales de la fleur fragile qui poussait à la lisière du champ de blé.

- Adam?

- Oui Jo

- Le coquelicot

- Oui

- Et bien...

Jo s'interrompit

- Oui Jo, je sais, il est bleu

Jo marqua sa surprise

- Tu sais ? Mais dans la nature il est rouge?

- Oui, dans la nature, mais dans mon tableau, il est bleu. Bleu comme tes yeux, tu es mon coquelicot sauvage. Et tu ne peux pas être comme tous les autres coquelicots, quand tu auras quitté mon tableau, il redeviendra rouge, comme un sang clair. Maintenant, il est bleu comme un ciel d'été.

 

 

 

07:01 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.