15/03/2011

2100 ZONE AMA

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Amour

 

Jo dormit très mal, Elle se tourna et se retourna des dizaines de fois, Elle marchait dans la rue et sentait qu'une voiture la suivait, elle se retournait, voyait une immense voiture noire juste derrière elle. Elle essayait de courir, mais ses jambes ne lui obéissaient pas. Elle voulait crier, mais aucun son ne sortait de sa bouche, il faisait nuit et jour en même temps, et la voiture approchait, se rapprochait. Elle voyait Zac au volant, c'était lui qui conduisait, il lui criait : "Va dans les champs de coton, va voir la vérité" et derrière lui, Jo voyait Madame Mado C. Crone, avec un sourire terrible, un sourire gentil, et elle buvait du thé, dans une tasse en porcelaine fine. Et Zac portait des gants blancs, des gants blancs tout maculés de sang. Jo se réveilla en sueur. Sa montre de chevet lui indiquait 4h16. Elle alluma la lumière. Et elle se vit. Encore. Jo pensa qu'elle revivait cette expérience de se voir marcher à côté d'elle quand elle réalisa qu'en fait, c'était son tableau qu'elle voyait. Il était là, posé sur la table de chevet, et lui faisait face. C'était certainement Kim qui l'avait mis là, pour qu'elle le voie en rentrant. Jo s'assit et prit la toile entre ses mains. Elle voyait son sourire, ses cheveux. Elle voyait Adam qui peignait, Adam qui peignait son coquelicot bleu, et elle voyait Zac, qui finissait le tableau. Mais en fait, elle n'avait jamais vu Zac peindre. Mais Zac devait peindre car Adam seul n'aurait pas pu peindre un portrait si réaliste. Et en bas à gauche, le nom de Miss Niva. « Quelle impostrice » pensa-t-elle. Ou non, c'était grâce à elle que les tableaux magiques comme le Marché Rouge pouvaient être admirés dans des endroits où des femmes passaient et les aimaient. S'il n'y avait pas de femmes qui achetaient ces toiles, il n'y aurait pas de Miss Niva, et sans Miss Niva, il n'y aurait pas de tableaux peints par Adam. Ou alors, ils seraient peints et entreposés quelque part, dans le noir de l'oubli. Les fantômes n'existeraient pas. Jo pensa à Kim, qui lui avait offert cette toile, il faudrait bien lui dire un jour. Mais comment? Kim ne connaissait pas la présence d'Adam. Jo pourrait lui dire qu'en fait le tableau était celui de Zac. Zac le fantôme, et Adam, le fantôme invisible. A quel moment existe-t-on?

 

"Je pense à toi donc tu existes" pensa Jo. Et elle se recoucha, Adam dans ses yeux.

 

 

07:15 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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