21/03/2011

2100 ZONE AMA

Chapitre 8

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Georges sentait qu'il allait trop loin, mais il sentait aussi que son secret partagé avec Jo lui ouvrait une porte, une porte sur l'âme, une porte sur des sujets dont on ne parlait jamais. Dans cette société, la mère n'était mère que d'une fille, les mères de garçons se cachaient, ou venaient de milieux moins favorisés, ou étrangers. Une femme se devait de donner naissance à une fille, c'était la lignée, le sang, l'héritage, la puissance, la fortune, le rang. Une mère avait une fille, tout le reste ne comptait pas. D'ailleurs, Adam en était la preuve la plus tangible, quelle femme aurait pu abandonner sa fille? Aucune. Mais un fils, que faire d'un fils, en plus d'un fils aveugle. Une femme ne peut pas le garder, elle doit le poser au bord de la route, comme une poubelle. Georges soupira.

- Quoi encore Georges?

- Miss Jo, vous savez, Adam...

- Quoi Adam?

- Adam est une question

- Une question?

- Oui, en fait non pas une question, mais la question

- Georges, vous pourriez être plus clair?

- Adam, c'est la question de la vie

Georges posa la tasse et Jo se planta dans le silence. Que dire? Rien. Kim descendait les escaliers en riant

- Alors les deux, que complotez-vous dans la cuisine? Oh mais je vois que ma petite Jo est belle comme un cœur et que notre cher Georges est habillé d'une nouvelle chemise, rasé de près et souriant. Laissez-moi deviner, Jo, tu vas étudier encore à la bibliothèque de l'uni et Georges va t'attendre sagement dans la voiture? Ils éclatèrent tous de rire

- Oui Mman, je prends mon maillot de bain pour aller m'enfermer dans une salle fermée avec des ordinateurs fermés et des idées fermées.

- Oui, mais j'ai une mauvaise nouvelle, enfin, pas pour vous. Je ne peux pas aller chez Mami Li aujourd'hui. Nous devons terminer un projet au Ministère, les fériées approchent et on doit impérativement finir avant. Donc, je pars dans un bureau fermé, avec un ordinateur fermé, des idées fermées et des fenêtres... ouvertes. Il y a ma copine la grenouille sur son nénuphar qui m'aide à ne pas souffrir d'être dedans. Tu te souviens?

- C'est pas une grenouille, c'est un prince charmant, transformé il y a des siècles par une vilaine sorcière

- Bien, je vois que tu n'es pas trop fâchée que je ne vienne pas avec vous. Georges, vous emmenez Jo chez Mami Li, ça va?

- Oui Mme Kim, j'emmène Jo seulement chez Mami Li

- Merci, je comprends bien votre petit stratagème, Mman je t'ai promis que je n'irai pas dans la zone, je n'irai pas. Je ne veux pas te mettre en danger, j'ai bien compris, je ne suis pas stupide.

- Je sais Jo, tu es formidable. Et Kim prit sa fille dans ses bras, la serra très fort en murmurant à son oreille un « je t'aime » tout doux. Je t'aime, je te tiens, je te retiens et te soutiens pour que tu ne tombes pas, pour que tu ne te fasses pas mal, pour que personne ne te fasse souffrir.

 

 

07:05 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

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