18/09/2013

Un bébé post ménopause... pour qui ?

La naissance d’un enfant est l’un des événements les plus miraculeux de notre existence, voire le plus extraordinaire. Cet être nouveau, ce corps, cette âme, tout est bouleversant.

C’est l’enfant qui fait la mère. Et c’est l’enfant qui fait le père. Oui mais pas vraiment de la même manière. Le nourrisson qui sort de son corps rend la femme mère (1). Pour le père il en va autrement, mais là n’est pas le propos.

Pourquoi fait-on des bébés ? Question éternelle. J’y vois plusieurs raisons, que je vais exposer, sans en faire une casuistique, pardonnez mes oublis.

La première serait celle du « paradis » : la jeune femme et le jeune homme s’aiment tant qu’ils veulent fonder un lien plus fort que tout, celui de la chair, et mettre au monde un bébé qui, unique, sera aussi un peu la mère et un peu le père (2).

Parfois, la femme fait un bébé toute seule, comme dans la chanson. Soit que le père se soit égaré en chemin, soit que la femme n’en ait pas voulu.

Dame Nature, relayée par notre droit humain, a mis une limite à la procréation. Les femmes, passé un certain âge, ne peuvent plus enfanter. Cette limite est injuste du point de vue du sexe, les messieurs âgés voire très âgés peuvent mettre au monde des rejetons tant que la femme qui en deviendra la mère est « jeune », en tout cas plus jeune que lui.

Mais voilà, certaines femmes veulent passer outre cette limite et « faire un bébé » alors que leur corps n’est plus opérationnel biologiquement. On pourrait penser que si la femme n’a jamais eu d’enfant, qu’elle a enfin pris la décision, ou rencontré le prince charmant ou toute autre raison elle peut « forcer » la nature et porter ce bébé d’amour. Mais si elle a déjà des enfants, la question se pose de la raison psychologique qui sous-tend cette volonté.

Faire un bébé post ménopause... est-ce pour le bien de l’enfant ? Les parents pensent-ils aux conséquences ? Il aura une mère qui aura l’âge des grands-mères à la sortie de l’école (tout comme ces pères très âgés qui attendent leur champion en bas des pistes de ski de peur de se casser le fémur).

Cet enfant est-il un alibi qui va devenir otage ?

L’enfant fait la mère, mais quand l’enfant grandit, la mère devient, ou redevient, femme. Adulte dans une relation d’adulte avec ses enfants et son conjoint. De « mère à père », ils se retrouvent dans une relation de « femme à homme », « d’amante à amant », sans tiers au milieu de leur « huis clos » (3).

La femme qui veut rester mère serait-elle une mère qui ne peut être femme ? Ou qui ne peut être adulte ?

La ménopause est l’âge où on pense à ses futurs petits enfants. Certains auront Mami comme mémé et d’autres comme maman...

Elle est pas belle la vie ?

 

 

 

(1) Je n’oublie pas que la mère est celle qui élève l’enfant et ne parle ici que de l’aspect biologique

(2) Idem pour les familles arc-en-ciel, un enfant peut avoir deux parents du même sexe, mais ce n’est pas le sujet ici

(3) Petit clin d’oeil philosophique et intellectuel. Jean-Paul Sartre, « Huis-Clos » où « l’enfer c’est les autres » dans un univers fermé à trois personnes.

Les commentaires sont fermés.