31/10/2013

Wonder Woman: la pilule... argentée ?

 

La révolution du siècle dernier s’est appelée « sexuelle ». La femme a pris possession de son corps qui dépassait la définition de reproduction à celle de plaisir. Non que les femmes d’avant la révolution n’aient pas eu de plaisir, mais que ce plaisir risquait d’enfanter, ou pas.

 

Cette révolution fut matérielle. On est dans le corps – objet. Dans le plaisir physique. Dans l’appropriation, la découverte, la jubilation de ces organes qui deviennent siens. 

 

Cette révolution matérielle s’accompagne, comme son ombre suit son corps, d’un autre changement radical, mais totalement, ou presque, ignoré.

 

Le tabou mort aurait-il donné naissance à un autre tabou ? Plus subtil encore ? Plus caché ? Plus intime ? Plus pervers ?

 

La révolution matérielle est bien… matérielle. A la matière du corps succède l’argent matériel. Au sens où l’argent est un bien qui nous permet d’acquérir des biens matériels et nous donne l'illusion de pouvoir en acheter des immatériels. L’argent, d’or et d’argent, est devenu papier, puis écriture. Avant la révolution matérielle, la femme ne possédait que ce qu’on lui donnait. Après, la femme possède ce qu’elle gagne. Ce qu’elle se donne à elle-même, par son travail ou ce qu’elle reçoit par dépendance.

 

Tout s’achète, tout se vend. Mais qu’en est-il au quotidien ? Quelles différences entre faire les courses pour le repas du soir, négocier son salaire, s’acheter une belle robe ou offrir un somptueux cadeau à la personne qu’on aime ?

 

Rien ne relie ces actes, ces comportements, sauf un : l’usage de l’argent. Combien ? Pour quoi ? Et que coûte ce qui n’a pas de prix ?

 

L’argent est un mystère profond, un « continent noir » comme disait Freud en parlant des femmes. Dans le cœur des ténèbres, il y a le sexe, et aujourd’hui, il y a l’argent. Qu’en sait-on ? Que savez-vous ?

 

Certaines * se penchent sur la question et apportent des ébauches de cartes pour naviguer dans cet univers argenté. Un voyage au cœur du dernier tabou qui vous invite à vous découvrir. On est libre quand on choisit ses dépendences. On est responsable de sa liberté.

 

Dis-moi comment tu dépenses et je te dirai qui tu es…

 

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*Conférence de Bloom & Boom sur « Wonder Woman : à l’aise avec l’argent ? »

http://bloomandboom.com/conference2013/

*Ateliers de WiB-Swiss pour les femmes « Parlons Ca$h »

http://www.f-information.org/

https://www.facebook.com/events/173339669523215

 

23/10/2013

Ma meilleure copine ? Ma mèèèèèère !

Elles ont treize ans, juchées sur leurs longues jambes qui ont poussé trop vite depuis l’enfance… et elles jaugent les adultes de leurs grands yeux fardés. 

Des petites femmes. Des petites filles. Des lolitas maquillées comme des prostituées, habillées, ou déshabillées, comme des prostituées. Les jupes si courtes ou les micro-shorts si micro que les yeux de certains hommes se posent là où on parle souvent de viol-ence quand on parle des enfants.

Une fillette juste pubère, une femme encore ignorante de sa fonction de femme. Mais déjà dans la séduction. Le maquillage à outrance, les vêtements sexy, les dessous en froufrou pour des seins juste naissants. Les strings noirs en dentelle sur des peaux vierges et imberbes.

De qui se joue-t-on ? Des hommes pour les faire baver, comme le loup de Tex Avery ? Mais la jeunette ne sait pas encore ce que c’est !

Alors ?

Alors ! Mais c’est bien sûr ! La fillette vous regarde avec ses grands yeux noirs et vous dit « ma mère c’est ma meilleure copine. Elle ma passe ses fringues, me prête ses crayons, rouges, vernis et autres mascarades. » 

La mère. On disait de Madame Claude que c’était une mère maquerelle. La mère, celle qui « apprête » sa fille pour un beau « mariage ». Celle qui maquille sous la jeunesse ses propres traits qui se fanent inéluctablement. Celle qui appartient à un homme parce qu’elle est dépendante, de son image, de sa capacité à séduire, sexuellement, ou de son incapacité à se faire aimer autrement. La mère qui pousse sa fille en avant, en souriant, et déclare, devant cette petite princesse déguisée en p… : « Qu’elle est belle ma fille ! ». 

La mère, pour éviter d’être la marâtre de Cendrillon ou de Blanche Neige vampirise l’enfante en se projetant en elle. Dans les anciens contes, la mère indigne chassait la fille de peur que cette jeune beauté lui vole son homme. Aujourd’hui la mère immature transforme avant l’heure sa fille en « marâtre », la vieillit, la farde, la maquille, la jette bien trop tôt dans un monde qui lui est encore étranger.

Mais où es-tu père, pour poser les limites ? Pour redonner à la femme le rôle de mère et à la fille le rôle de fille ? Chassé, il assiste, impuissant au terrible spectacle. La mère, omnipotente, orchestre un inceste hideux qui est une invite au viol. Le viol de la jeunesse, le viol de l’innocence. Et la fillette vous toise, du haut de ses treize ans, idiote ignorante victime à son insu.

On parle beaucoup de la violence des pères, de leurs colères, de leurs éclats, mais on oublie trop facilement celle des mères. 

Cette violence sournoise qui transforme des filles en filles de joie…

18/10/2013

Ado porno ou "on ne badine pas avec l'image"

Il a 14 ans, regarde ses pieds, et soudain, relève la tête. « Oui, j’ai baisé cette fille, et je l’ai passée à mes copains, c’est vrai… Mais elle n’a jamais dit « non » ! 

La victime dans cette histoire est cette jeune fille, bien sûr. Sa vie, sa chair, son avenir… tout est marqué. 

Mais il y a une deuxième victime, une victime indirecte, une victime bourreau. Oui, le jeune homme est une victime aussi. Sa vie, sa chair, son avenir… tout est marqué.

Aujourd’hui on soigne. On accuse. On punit.

La jeune fille est violée au moins trois fois : une fois par le mec (et ses copains), une fois quand elle raconte aux policiers et une fois encore quand elle se trouve face au juge. Raconter, encore et encore, l’abominable séance de torture.

Et lui ? Se pose-t-on la question du « pourquoi ?» Non pas celle du « il a des parents qui le battent, ou alcooliques, ou absents, ou… » hou hou fait le hibou.

Non, la question est le modèle. La sexualité de l’ado est porno. Il voit des images, chaque jour s’il le souhaite, facilement accessibles, de scènes de viol, d’humiliation, de gang bang, et autres « abominables séances de torture ». Il voit, il apprend, il répète. C’est comme ça qu’on fait l’amour ! C’est drôle ! Et en plus, la fille elle adore puisqu’elle ne dit pas « non »… 

Savent-ils seulement ces ados que le porno n’est pas l’amour ? Que le porno emprisonne la femme dans un rôle qui n’est pas le sien et emprisonne également l’homme dans un rôle qui n’est pas le sien ? L’amour n’est pas de boucher des trous. Oui, mais qui leur a dit ? Qui leur a montré ? Qui leur a enseigné ? 

L’amour est un acte sacré entre deux âmes qui s’unissent dans un partage de plaisir. « Il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres…»*

L’ado porno est stigmatisé, avant même de commencer une vie à deux, par des images réductrices. Le porno est avant tout un immense business, une machine à fric, comme n’importe quelle drogue. On crée une dépendance, on y revient, on en redemande, toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort.

Et ce jeune homme se retourne dans son lit, il s’excuse auprès de la jeune femme qui est couchée à ses côtés. Il ne peut pas, il n’arrive pas, il est navré, il est nul… Il ravale sa morgue, sa honte, sa tristesse.

Pourtant, elle disait « oui » elle !

 

* Alfred de Musset, On ne badine pas avec l’amour.

04/10/2013

Le pénis, un mâle nécessaire ?

N’en déplaise à certain-e-s, le pénis est une création unique et irremplaçable. Surtout pour la femme.

 

Le plaisir sexuel de la femme est un mystère. Ou plusieurs mystères. Ou plusieurs plaisirs. On en parle et on écrit beaucoup à ce sujet, surtout les hommes, faut-il le souligner. Nous, femmes, on ne nous demande pas notre avis, on nous « étudie ». Objet de science, le plaisir sexuel féminin ? Par chance plus personne n’ose citer Freud et sa vision réductrice du clitoris, il fait sourire et c’est tant mieux.

 

Notre belle société de consommation produit des jouets intimes de toute sorte : en plastique, en latex, en verre, en acier, qui vibrent, qui bougent, qui changent de couleur, qui parlent, qui font vrai ou qui font faux, ou faux-vrai ou vrai-faux.

 

Mais aucun, non aucun ne peut remplacer le pénis. Le pénis ? Et pourquoi ? Parce que le pénis, outre ses fonctions qui ressemblent à celles d’un jouet, est unique. La texture, la chaleur, la forme... rien ne le remplace. Même le plus perfectionné des ersatz le plus perfectionné ne sera jamais qu’un ersatz. Un jouet, un objet.

 

De plus, le pénis est l’arbre qui cache la forêt. Car derrière le pénis se trouve... un homme. Non pas un Homme, femme ou homme, mais bien un homme. Une version mâle de la race humaine.

 

Un homme ? Ce truc poilu avec de grands pieds ? Oui, un homme, avec des mains, une peau, une bouche... un homme qui peut faire jouer la femme avec son pénis, qu’il a et qu’elle n’a pas. Un homme dont les mains peuvent toucher la femme, ses mains, son corps, tous les autres lieux qui allument et déclenchent des plaisirs. L’homme qui a aussi une peau, qui entre en contact avec la peau de la femme, pour caresser, masser, glisser. L’homme qui a aussi une bouche qui peut vous susurrer des mots doux et faire des tas d’autres choses que je vous laisse imaginer.

 

Vous savez tout cela me direz-vous. Oui mais ce que l’on nous dit, à nous femmes, c’est que l’homme ne pense qu’avec son sexe. L’homme est réduit à son sexe. L’homme n’a de plaisir que par son sexe.

 

L’homme ne pense pas avec son sexe, il joue avec. Ce qui manque sans aucun doute à de nombreuses femmes, jouer avec... d’où les nombreux jouets pour y suppléer. Mais surtout, l’homme ne se réduit pas à son sexe, car il est un corps comme celui de la femme, qui aime les mêmes choses que la femme. L’homme est une femme, avec un pénis en plus.

 

Un homme peut vous caresser, une femme aussi. Un jouet peut donner du plaisir, une femme aussi. Mais seul l’homme peut vous donner ce que vous ne pouvez obtenir toute seule, la fusion de deux énergies, dont le vecteur est le pénis, ce trait d’union de l’amour.

 

Dans ce siècle du porno-cirque, j’ose le dire et je l’affirme, le pénis est un mâle nécessaire. Jouons, vibrons et aimons, homme et femme ensemble, tout simplement.