05/02/2014

Mon sexe ma maison

Alors que j’étudiais le genre à l’université de Genève, j’ai été confrontée à une question qui m’est restée comme une énigme. L’étude du genre, selon la définition de cet illustre établissement, est « l’étude de la socialisation différenciée entre le masculin et le féminin » et, deuxième niveau, la hiérarchisation de l’un sur l’autre, la toute puissante domination masculine. J’adhère à la première partie, la seconde me rend hoministe.

Lors d’un cours, une très éminente professeure professa quelque chose qui m’interpella. Madame disait qu’il n’y avait pas de différence de sexe entre homme et femme. Depuis plusieurs semestres à user mes jeans sur les chaises académiques, j’osais poser la question qui tue, celle de dire « oui, le sexe du point de vue du genre, mais le sexe biologique est bien différent entre les deux ? ». Je vous laisse visualiser le sexe d’une dame et le sexe d’un monsieur. Personnellement, je ne vois pas les bosses aux mêmes endroits… 

Et bien, vous qui me lisez, vous avez tort, comme moi, car l’éminente professeure m’assena d’un grand coup que « non, il n’y a pas de différence de sexe biologique non plus.

Bien, étant étudiante à l’illustre université de Genève, j’osais insister en disant que, par exemple, le porno était me semblait-il du porno masculin et je demandais à quand du porno féminin. Vous imaginez la réponse : « il n’y a pas de porno masculin ou féminin, c’est du porno pour tous… ». 

J’en restais pantelante de surprise. Comme vous l’imaginez fort bien je suis une adepte boulimique de porn… et me demande parfois à quoi servent nos impôts… tout au moins il me semble que la posture de mâle dominant et celle de femelle dominée voire humiliée est une constante du genre (porno, on se comprend). Et de là à penser que ces rôles de femmes sont « égalitaires » pour reprendre un terme fort féministe, me semble un raccourci quelque peu dévalorisant et simplificateur.

Mais disons que ma science en la matière porn est quasi nulle donc je m’incline devant la connaissance académique.

 

Toujours est-il que mon bon sens à moi conteste et manifeste. Et je vais vous dire en quoi mon sexe est ma maison.

L’homme et la femme ont des sexes biologiques différents, je crois que nous sommes d’accord. Si la femme s’est libérée de beaucoup de jougs dans son rapport à sa sexualité, l’homme a-t-il autant évolué ?

Dans un rapport sexuel entre deux êtres de sexes opposés, le Monsieur a son sexe qui « sort », la Dame a un sexe qui « rentre ». J’aime prendre par analogie l’image de la maison. Monsieur sort de sa maison pour aller visiter d’autres maisons. Il quitte son « chez lui » et va se rendre « chez elle ». Il peut le faire autant de fois qu’il le souhaite, son « chez lui » reste « chez lui ». En revanche, la Dame reçoit « chez elle ». Le Monsieur qui sonne à la porte va entrer dans sa demeure. Il va entrer dans son lieu le plus intime. Si la Dame répète à foison cet exercice, cela pourrait s’apparenter à recevoir beaucoup d’inconnus dans sa maison. Pourquoi pas me direz-vous ? Que nous soyons bien d’accord, il n’y a pas de jugement de valeur. Chacun et chacune fait ce qu’il veut de sa maison. Juste que les conséquences ne sont pas les mêmes et qu’il vaut mieux le savoir avant. 

Deux épisodes illustrent mon propos. Un certain François qui se balade, par chance avec casque, dans une maison qui n’est pas son Elysée… sans commentaire… et la votation en Suisse sur l’avortement. La jeune femme qui reçoit chez elle risque de se retrouver avec un « cadeau » très particulier qui quand il est encombrant demande à être retiré de la maison. La question ici n’est pas de savoir si la société doit ou non payer pour cet acte, ni s’il est moral ou non de le faire, mais bien de se dire que si la Dame doit renoncer à ce « cadeau » c’est bien qu’il lui a été offert par un Monsieur… 

Aujourd’hui on considère encore que la grossesse, surtout non désirée, est une affaire de femme. Ah bon ? Et le Monsieur qui a mis sa petite graine dans la maison ? Il n’est pas concerné ? Alors si nous voulions être « égalitaires » et ne plus faire « payer la société » des actes personnels, proposons de partager les frais moitié-moitié entre le Monsieur et la Dame ! Que l’avortement soit à la charge des DEUX personnes responsables ! 

Au-delà de cette votation d’un autre siècle où l’on confiait son corps à des faiseuses d’anges, il faudrait se rappeler que le sexe est comme la maison. On reçoit ou on visite, selon qu’on est femme ou homme.

Aux jeunes femmes, et aux moins jeunes, qui disent, selon certain-e-s, trop vite « oui », on pourrait leur faire imaginer la maison de leurs rêves et leur demander si le premier inconnu qui passe est immédiatement invité dans la chambre à coucher ou bien s’il peut rester quelques temps dans le salon, ou la cuisine, ou la salle à manger avant… Ne serait-ce que pour connaître son identité et lui envoyer la note de l’interruption de grossesse par exemple ! Ou à ses parents !

 

Mon sexe ma maison…

Je fais l’amour avec qui je veux, quand je veux, où je veux. Oui. Mais je n’ouvre pas ma porte à n’importe qui, parce que justement, c’est MA maison…

Commentaires

Le genre est probablement arrivé des USA dans nos universités avec le même délai de "retard" que la planche à voile, les rollers, la planche à roulettes, et quelques autres moyens de se divertir, sans nous divertir autant. Un plus long délai va être nécessaire pour la diffusion du football américain, mais peut-être ne sera-t-il pas enseigné dans les universités. Comme le "genre" cela pourrait pourtant faire bien dans le catalogue des offres, tout en étant un peu plus accessible que les mathématiques, la médecine ou la physique quantique.

Écrit par : Mère-Grand | 05/02/2014

Petit détail : vous n'avez pas terminé l'histoire de votre échange avec la prof de genre. Vous avez basté ? Qu'y avait-il à comprendre (selon vous) de l'attitude fermée de cette prof ? Comment le cours a évolué ?
Il y a quelques temps, j'ai entendu sur France Inter une féministe tendance couteau entre les dents soutenir que Jeanne d'Arc n'était pas du tout une exception, que de nombreuses femmes portaient les armes à cette époque...
Elle n'a pas indiqué dans quels documents elle avait découvert ça.
Il y a quelques années, j'avais correspondu dans les blogs avec une autre féministe qui prétendait que dans les temps reculés de l'humanité, les femmes allaient à la chasse comme les hommes. C'est pour le moins contraire à ce qu'on observe en Afrique - où ils en sont toujours au début du Néolithique dans les campagnes -, où les femmes ne se donnent pas le droit de tuer ne serait-ce que les poulets.
Les femmes donnent la vie, les hommes donnent la mort...
Le genre : jalousie de l'état masculin ? Féminité non acceptée ?

Écrit par : Géo | 05/02/2014

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