28/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Et Jo se replongea dans le paysage et ses pensées. Elle était ravie de ne plus devoir prendre les tunnels de sécurité. Elle n'avait pas demandé à Mary Mady ni à Angie, mais il ne lui semblait plus obligé de se cacher. D’ailleurs Mary Mady lui avait demandé de se rendre au bureau de la directrice ce vendredi à l'heure du déjeuner. Elle lui poserait la question, ou plutôt non, elle ne dirait rien, et si Angie n'en parlait pas, ce serait une affaire réglée. Il ne faut pas réveiller la louve qui dort pensa-t-elle. Sa pensée la ramena à l'uni. La meilleure uni, oui, à combien de coquines ? Si Jo en avait reçue une, et qu'elle l'avait prise, elle avait forcément amélioré ses résultats. Ce n'était pas vraiment de la triche, mais tout de même, un sacré coup de pouce. Alors, combien d'autres jeunes filles avaient bénéficié de ces largesses ? Et la questions restait entière de savoir qui distribuait cette manne qui coûtait une petite fortune sans se montrer. Angie ? Jo hocha négativement la tête. Angie ne pourrait jamais au grand jamais faire une chose pareille. Elle était trop droite, trop entière, trop occupée, trop fière de son uni pour risquer de se faire prendre dans un tel scandale. Et si une fille parlait ? Si une journaliste était informée ? Jo imagina Nancy Floc. Que ferait-elle ? Si elle venait d'une autre uni, elle se ferait un devoir de le dénoncer. Et d'ailleurs même si elle venait de cette uni, encore plus. Cette histoire sentait bizarre. Il faudrait en reparler avec Kim.


27/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Jo s'assit au devant de la scène. Elle attendait Angie qui se préparait dans la salle des profes. Et les sièges furent bientôt presque tous occupés par les jeunes filles. Angie entra sous un tonnerre d'applaudissements.

- Oui, mesdemoiselles, mesdames, chères collègues, chères professeures, nous sommes les meilleures !

Elle cria presque le dernier mot. Chaque jeune fille se mit à hurler de joie.

- Oui, cette année, pour la première fois, nous nous trouvons devant l'université de Fairmont. Nous avons réussi ! Nos cours, nos professeures, nos classes, tout est mieux jugé. Je suis très fière d'être la directrice d'un tel établissement. Je vous remercie toutes de votre travail incessant et de vos efforts pour toujours élever notre niveau. Merci, merci et merci

 

L’uni était au premier rang du classement des universités. Jo n'en revenait pas. Quel magnifique succès. Dans la voiture qui la ramenait à la maison, elle repassait les diverses phases du discours dans sa tête. Le fait d'être la meilleure uni voulait dire que les meilleures profes venaient, elles étaient mieux payé, les meilleures familles venaient, elles avaient le prestige sur leur cv d'avoir passé par cette uni-ci et pas une autre, et les subventions étaient bien évidemment augmentées. Une spirale vertueuse, meilleure uni, meilleures profes, meilleures élèves, plus d'argent, meilleures profes etc. etc. Julia avait été surprise que Jo ne sache pas cette nouvelle avant. Elle avait été publiée début août, dès que les résultats de toutes les élèves avaient été communiqués. Jo avait prétexté son séjour au bord de la mer, plongée dans son travail de recherche pour excuser son inexcusable manque d'intérêt pour les choses importantes. Elle ne pouvait tout de même pas lui dire qu'elle passait ses journées dans les bras d'un homme, à manger et boire et faire l'amour sans regarder l'heure ni les infos ! Jo rit toute seule et Georges sourit dans le rétroviseur.

- Georges, et si nous allions dans la Zone ?

- Miss Jo, je crains que ce ne soit pas raisonnable.

- Et si nous n'étions pas raisonnables ?

- Miss Jo, Mame Kim m'a demandé de vous ramener immédiatement. Elle m'a prévenu que vous voudriez certainement aller voir votre oncle Zac et que je devrais refuser !

- Quelle devine cette maman-là !

- Oui, la meilleure miss Jo.

- Oh, Georges, veuillez éviter le mot meilleur ces prochaines heures, je l'ai beaucoup trop entendu…

- Oui miss Jo.  


26/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Jo connaissait son horaire donc elle pouvait prendre rendez-vous avec la Clinique de la Paix. Elle appréhendait un peu, mais Mme Emma lui avait promis qu'on ne lui poserait pas de questions. Jo avait les yeux rivés sur la fleur de son bureau et s'était soudain sentie absente. Adam lui avait manqué, tellement manqué, c'était une sensation physique, comme une absorption de toute la matière, de tout le temps, de tout l'espace et plus rien n'existait. En marchant dans le couloir, elle reprit le même chemin dans sa tête, le chemin qui menait à Adam. Elle plongeait dans son souvenir, dans les images qui lui emplissaient la tête, le loft, les petits déjeuners, les repas du soir sur la terrasse, le vin frais.

- Miss Jo, c'est la troisième fois que je vous appelle, vous me snobez ?

Jo s'arrêta net. Mary Mady se tenait devant elle en souriant.

- La dernière fois que je vous ai vue, vous marchiez les yeux fermés, au risque de vous cogner aux murs. Et maintenant, vous marchez les oreilles closes, au risque de paraître bien impolie aux yeux des gentilles professeures qui vous saluent !

- Je suis désolée Mary Mady. Mais c'est vrai je ne vous ai pas entendue.

- Quelle aptitude vous avez à vous exclure du monde. Je suppose que c'est une force. Mais enfin. Je vous demandais comment vous alliez ?

- Je vais très bien, merci, les vacances furent fabuleuses et je suis contente de revenir. Et vous ?

- Je vais très bien. Je me réjouis de cette année, c'est une grande année pour l'université. Et si vous arrivez à mener ce projet de recherche à terme, nous serons encore plus reconnues. Vous avez commencé à regarder ce qui se trouvait dans la caisse ?

- Oui, un peu. J’ai trouvé un très beau poème.

- Ah, un poème ?

- Oui, il s'intitule "Ailleurs" et il parle d'amour et d'absence.

- Thème classique. Je suis ravie que vous ayez commencé. Je suis à votre disposition pour vous aider si vous le voulez. Vous avez déjà établi un plan ?

- Non, pas vraiment. Je voulais tout d'abord faire connaissance avec les textes que j'ai dans ce carton puis établir un agenda en fonction des thèmes que je vais aborder. Nous pourrions nous voir à ce moment-la ?

- Quand vous voulez. Je suis à votre disposition. Et utilisez la salle de recherche, c'est une grande opportunité pour vous. Et vous savez que les champs d'étude sont plus vastes là-haut que chez vous.

- Comment ça ?

- Vous avez accès à plus de bases de données depuis l'uni que depuis votre maison. Donc ne pensez pas travailler depuis votre chambre à coucher. Vous serez trop limitée.

Mary Mady jeta un coup d'œil à sa montre

- Il faut y aller, la séance d'information commence dans 10 minutes. Vous venez ?

- Oui naturellement. Je voulais prendre un verre d'eau avant, mais je n'aurai pas le temps.

- Il y a des verres et des bouteilles en bas, venez avec moi, je vous emmènerai dans la salle des profes. Dites-moi, je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais vous avez pris un peu de poids cet été ? ça vous va très bien, vous faites plus, comment dirais-je, femme ? Oui, plus femme et moins jeune fille.

- Merci, je suis touchée

- Allez venez, on descend.


25/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Georges était arrivé sur le parking devant l'uni. Jo retrouva les mêmes escaliers menant à la même place devant les portes. Elle ralentit pour jeter un coup d'œil à la boutique, il y avait de très jolis vêtements, des vestes courtes, des chemisiers en lin, des sacs en toile super sympas. Elle se promit de venir faire un tour dès qu'elle en aurait le temps. Les filles se rejoignaient par petits groupes, toutes avaient des choses à raconter. Jo sentit l'absence de Nam comme un poids de vide. Mais tout à coup, un grand éclat de rire la fit se retourner, c'était Julia, rayonnante.

- Alors ma belle, comment vas-tu ?

- Bien merci, et toi? Ton mariage était le plus beau que l'on puisse rêver. Personne n'osera organiser une fête après la tienne, c'était sublime !

- Merci, c'est vrai que c'était magnifique disons que maman et laman de Flor ont fait beaucoup. Mais entre toi et moi, sans Madame  C. Crone ce mariage n'aurait pas été aussi féérique. C’est son château, tu sais.

- Oui je l'avais entendu dire. Quelle magnifique demeure !

- Gigantesque tu veux dire. Et elle fait du vin, tu as vu les vignes ?

- Tu penses, j'ai vu les vignes, vastes et bien entretenues. En revanche, je n'ai pas goûté son vin.

- La prochaine fois, je t'en apporte une bouteille.

- Et comment va Flor ?

- Super bien. Tu te rends compte sa chance, avoir son anniversaire de vingt ans le jour de son mariage ! On n'avait pas pensé nous marier si vite, mais organiser sa fête pour ensuite organiser le mariage, on a pensé que ce serait plus sympa de n'en faire qu'une grande. Ah mais j'y pense, tu as attrapé le bouquet ! C’est toi la prochaine !

- Rien n'est moins sûr, tu connais ma position sur le mariage...

- Oui d'ailleurs, si Nam n'est pas là...

Elle s'arrêta net.

- Excuse-moi je ne voulais pas te faire de la peine.

- Tu ne me fais pas de la peine, c'est vrai que Nam est partie aussi parce que je refusais de me marier. Mais elle aurait pu accepter de vivre avec moi sans ce lien. Et qui sait, avec le temps, je l'aurais éventuellement accepté.

- Oui, mais vous aviez évolué très différemment ces derniers temps, je ne suis pas certaine que vous aviez toutes les deux envie de vivre ensemble. Tu vois, j'ai rencontré Flor l'année dernier enfin, ce printemps. Vous avec Nam, vous vous connaissez depuis, combien, 15 ans au moins. Et qu'est ce qu'on peut changer en 15 ans, surtout de l'enfance à l'âge adulte.

- Tu as raison, je crois que nous n'étions plus sur la même longueur d'ondes, mariage ou pas mariage. Toujours est-il que je peux très bien m'en passer.

- Cela dépend aussi de l'autre. Ce n'est pas une décision qui se prend de manière unilatérale.

La première sonnerie retentit et les jeunes filles se dirigèrent vers leur classe. Les portes se verrouillèrent sur leurs gonds à la deuxième sonnerie. Et les leçons reprirent.


24/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

 

C’est à ce moment-là que Kim avait raconté à Jo que Nam et saman étaient parties et que Nam rejoindrait une autre université. Donc Nam sortait de la liste.

 

Jo avait conclu en disant qu'il n'y avait somme toute que 4 points cardinaux: Kim l'ouest; Adam, Jo et bébé le sud ; l'uni l'est et le nord pour les coquines. Le sud était le plus gros morceau avait soupiré Jo. La question du bébé, dans l'immédiat, avait été réglée. Mme Emma avait fermé les yeux sur le silence protecteur que Kim et Jo avaient utilisé pour ne pas répondre aux questions de la fécondation. Jo avait eu une prise de sang et devait fixer un rendez-vous avec une obstétricienne dès qu'elle connaîtrait les horaires de ses cours. Donc aujourd'hui. Jo avait eu la confirmation que la grossesse pouvait être suivie à la Clinique de la Paix, et elle s'en était réjouie. Elle avait soudain eu très peur de l'avenir en pensant au bébé. Mais elle et Adam, comment pourraient-ils faire ? Cela faisait deux nuits qu'elle dormait dans sa chambre, seule, et elle trouvait cela insupportable. D’abord, elle avait le sentiment d'avoir régressé, d'être redevenue une petite fille dans sa chambre de petite fille. Au loft, elle avait vécu comme une femme libre, et ce retour à la maison était inconfortable. Jo se demanda si elle pouvait aller vivre dans la Zone, elle pourrait vivre chez Zac et aller à l'uni tous les jours ? Elle chassa cette idée stupide de sa tête en secouant ses mèches folles. Impossible, impossible de vivre dans la Zone. Kim ne la laisserait pas, et Zac non plus.


21/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

- Jo, on va mettre à plat les choses a régler ou à faire cette année. Il me semble que nous devons mettre un peu d'ordre pour y voir plus clair. Que places-tu en numéro 1 ?

Jo n'avait pas hésité une seconde:

- Toi.

- Moi ?

- Oui, le numéro un est « deux points » Kim.

- Ok, je mets Kim en premier. On va en reparler, d'accord ?

- Si tu veux.

- En deux ?

- Adam.

- Jo,  Adam est ta priorité ?

- Oui mman, Adam est plus qu'une priorité. Il est le père de mon bébé.

- Bien, alors en deux je mets Adam, Jo et bébé. Cela te va ?

- Ok. En trois je pense à Zac.

- Non Jo,  excuse-moi mais en trois je vois l'uni et ton diplôme. Zac est assez grand et il sait se gérer lui-même.

- D'accord, l'uni. Tu y mets les coquines ?

- Non les coquines seront en 4.

- Et quoi d'autre ? Nam ?

20/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Jo était pensive dans la voiture. C’était lundi, elle allait à la fac, comme elle l'avait fait des dizaines de fois. Mais cette fois-ci, Georges ne s'arrêterait pas pour prendre Nam. Ni ce lundi, ni mardi, ni jamais plus. Saman et laman de Luce s'étaient séparées et Liz était partie avec Nam dans un autre quartier de la ville. C’est Kim qui le lui avait annoncé la veille. Jo avait demandé si elles seraient encore amies, et Kim avait répondu que ça dépendrait de Jo, de Nam et des circonstances. Il fallait laisser passer des jours et attendre que le temps s'épuise. Jo s'était sentie tout triste. Au moins, Nam avait décidé de continuer l'uni et de ne pas prolonger son séjour dans ce monastère à la montagne. Enfin, Nam avait décidé, c'est sa mère qui avait décidé et Nam avait fait ce qu'elle lui avait dit de faire. Jo pensa à ses propres examens qu'elle avait finalement réussis. Elle avait du repasser l'épreuve de Me Aiko, et s'en était bien sortie, quelle chance. Angie lui avait fait une remarque un peu équivoque, mais rien ni personne ne pouvait savoir pour la coquine. Et comme Adam l'avait si bien expliqué, la coquine permettait de retrouver ce qui avait été mis dans les tiroirs de la mémoire, pas de mettre de la mémoire dans les tiroirs. Elle avait ses connaissances, la substance interdite retrouvait le chemin vers elles. De la lumière, avait dit Adam. Cette année serait la dernière et le travail de diplôme un gros morceau. A quel rang l'avait-elle placé ? Dimanche, avec Kim, alors qu'elles étaient rentrées de la Clinique de la Paix, Kim avait pris un papier, un crayon, et avait voulu faire une liste des priorités.

19/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Kim était prête et profitait encore du temps radieux qui inondait la terrasse. Georges bricolait dans la cuisine en chantonnant, Mami Li assise sur un tabouret en face de lui, et Swan était dans le bain. Jo colla un gros baiser dans le cou de saman et s'assit près d'elle.

- Tu m'as eue petite coquine.

- Comment mman, je t'ai eue ?

- Tu es enceinte et tu n'es pas mariée ! Tu te souviens de cette discussion que nous avons eue ce printemps ? Je t'avais dit que je voulais que tu te marries pour avoir un enfant.

- Oui, avec Nam. Franchement mman, tu m'imagines avec Nam ?

- Non c'est vrai, mais enfin, il n'y a pas qu'elle ! Je suis certaine que tu as des copines formidables dans ton uni.

- Oui mman, des copines...

- Mais qu'est ce qu'il a ce garçon. D’ailleurs, c'est un garçon ! Quand je vois Georges…

Jo l'interrompit.

- Georges n'a rien à voir. Georges, c'est notre chauffeur, notre ménager. Il est avec nous depuis vingt ans, c'est comme un... un, non en fait, une sœur. Georges est comme une sœur. Une sœur est proche mais on ne peut pas imaginer avoir une relation sexuelle avec. Voilà, Georges est la sœur de la famille !

- Tu as bien failli dire un frère, remarque.

- Oui, mais j'ai pensé à Zac. Et Georges et Zac n'ont rien à voir non plus.

- Tu l'aimes bien Zac ?

- Mman, il est incroyable, il est génial. Il a plein de livres chez lui, il a une culture inimaginable. Et un sens de la modestie ! Tu te rends compte si un homme aussi intelligent que lui sortait de ses gonds et voulait briser les lois iniques et injustes qui le maintiennent au rang de... citoyen de deuxième ordre. Et même, il n'est même pas citoyen. Esclave ! En fait, les hommes sont des esclaves.

- Jo ne parle pas si fort, et ne généralise pas toujours tout. Je te demandai simplement comment tu trouvais Zac, en tant que personne.

- Il est formidable. Je ne le connais pas bien mais quand je vois les valeurs qui habitent Adam, je peux dire que Zac a fait un travail d'éducation remarquable. Et en plus, il peint si magnifiquement.

- Lequel des deux peint en fait ?

- Ils peignent les deux. Adam commence par l'invisible et Zac termine par le visible. Tu n'as jamais remarqué ? Il y a toujours deux dimensions dans les tableaux. Mami Li en a plein ses murs.

- Et moi aucun. Il est temps que ça change. J’attends avec impatience la prochaine expo de Miss Niva !

- Pourquoi ? Je suis certaine que Zac serait ravi de te laisser voir leurs œuvres avant l'expo et tu pourrais choisir la toile qui te plait.

- Je ne sais pas si j'oserai demander à Zac.

- Ne sois pas si compliquée, Zac serait ravi, j'en suis sûre.

Georges arriva en souriant et annonça qu'il les attendait devant la porte dans deux minutes, si cela leur convenait. Kim se leva, prit son sac, ses lunettes noires et descendit devant sa fille.

18/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Dimanche, Jo téléphona à Mme Emma en lui demandant de bien vouloir la recevoir à la clinique. Jo insista sur le fait que c'était dimanche et qu'elle était vraiment désolée de la déranger un dimanche, mais elle devait impérativement venir.

- Impérativement, c'est le mot que la docteure Maje a employé également.

- Elle vous a appelé ?

- Oui, elle m'a raconté votre aventure d'hier au mariage de Julia. C'est cette jeune personne qui était venue avec vous lors de votre visite à la clinique ?

- Oui, effectivement

- Je croyais que vous étiez ensemble. Mais étant donné qu'elle se marie avec une dénommée Flor, j'en ai déduit que ce n'était pas le cas. Vous pouvez venir vers 11 heures ? Il y a une équipe minimum sur place et à 11 heures elles ont fini les soins réguliers.

- C'est parfait, je ne sais comment vous remercier.

- Nous en parlerons. A toute à l'heure.

- A toute à l'heure.

17/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Swan les attendait, inquiète, devant son assiette pleine.

- Madame  C. Crone est passée et m'a dit que tu n'avais qu'un malaise passager, mais je suis bien contente de te voir ma belle.

- Merci Swan, tu es un amour.

Kim et Jo s'installèrent et Jo prit son sérum. Elle faillit être malade encore mais la nausée passa et Jo put manger un peu des délicieux mets de fête qui se succédaient. Quand le dessert fut servi et que les convives commençaient à changer de table, Kim estima qu'il n'était pas impoli de partir et discrètement se dirigea vers la sortie, suivie de Jo et de Swan. Georges les attendait et elles rentrèrent à la maison les yeux pleins de cette mémorable soirée.

14/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

La docteure Maje se leva et se dirigea vers la fenêtre.

- La vue est splendide. La nuit enveloppe les vignes de teintes sombres. On dirait des gens qui marchent dans la pénombre. Bon je vais y aller, votre mère attend devant la porte. Vous pouvez vous lever et, prenez le sérum. Je vous en donne un second pour demain matin, avant que vous alliez à la Clinique de la Paix. Bonsoir

- Bonsoir docteure, merci encore.

Et la docteure Maje, dans sa splendide robe bleue turquoise, franchit la porte de la chambre. Kim entra.

- Alors ma chérie, comment te sens-tu ?

- Bien mman. La docteure Maje m'a donné un sérum, que je dois prendre maintenant et encore un demain matin.

- Mais pourquoi m'a-t-elle fait sortir ? Pour une simple hypoglycémie, c'est ridicule, c'est le surmenage, non ?

- Mman, je dois te dire une chose très importante.

- Ici ? Cela ne peut pas attendre d'être à la maison ?

- Je ne crois pas. C’est maintenant. Je me suis évanouie, car je fais de l'anémie...

- Et tu as des nausées...

- Oui, même plus en fait. Quand j'étais dans le parc, c'est parce que je ne me sentais pas bien déjà

- Tu es enceinte ?

- Oui mman.

- … ?

- Je suis enceinte d'Adam.

- D'Adam ! Mais tu te rends compte de ce que tu fais ?

- Mman, je vais avoir un bébé.

- Mais tu ne le connais même pas !

- Et toi, quand tu as choisi le X  qui serait le deuxième X  de moi, tu connaissais le Y qui allait avec ? Tu ne sais même pas quelle tête il avait !

- Adam ! Un bébé !

Kim avait l’air hébété, mais elle se ressaisit assez vite.

- Ma chérie, c'est magnifique que tu attendes un enfant. Tu as déjà vu une clinique ? La Clinique de la Colline ?

- Non, mman, j'irai a la Clinique de la Paix, chez Mme Emma.

- Elle sait déjà ?

- Non, et je ne sais pas très bien comment lui dire soit un très gros mensonge, soit une impossible vérité.

- On verra. Le mieux serait de lui dire que tu ne peux rien dire. Parce que le mensonge serait quoi ?

- De dire que je me suis fait inséminé dans une autre clinique, celle de la Colline par exemple, comme elles sont toutes soumises au secret médical, Mme Emma ne pourrait pas vérifier.

- C'est un gros mensonge. Et la vérité?

- Lui dire que je suis enceinte d'un homme ! Et qui plus est qui n'existe pas ! Officiellement et socialement ? Non, c'est impossible.

- Donc j'en reviens à ma suggestion: tu lui dis que tu ne peux pas lui dire maintenant mais que tu lui promets de lui raconter plus tard. Quand elle sera encore plus proche de toi, tu pourras tout lui expliquer.

- Ok, je vais voir. Je dois impérativement aller demain faire un contrôle. C’est la docteure Maje qui me l'a demandé, et j'ai promis que j'irai.

- Très bien, Georges t'y amènera et je viendrai avec toi.

- Merci mman.

- Mais de rien ma chérie. Je te rappelle que j'ai une fille, un peu spéciale, je l'avoue, et tellement extraordinaire. Au moins on ne s'embête jamais avec toi !

Jo embrassa saman, se leva, frotta sa robe bleue coquelicot et s'approcha de la fenêtre.

- C'est vrai qu'on dirait des gens qui marchent dans la nuit.

13/09/2012

ADAM & REVE

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Mens, songe !

Quand Jo se réveilla, elle était étendue sur un lit immense. Au-dessus d'elle trônait un baldaquin immense. Elle tourna les yeux et vit saman assise sur le bord du lit, elle lui tenait la main en répétant : « ma chérie, ma chérie ». Derrière elle, debout et droite comme la justice se tenait Madame  C. Crone. Son visage était tendu et quand elle vit que Jo la regardait, un semblant de sourire illumina ses traits. Son autre bras était bloqué dans un tube et Jo, en regardant de ce côté, vit une ravissante jeune femme dans une jolie robe de taffetas bleu turquoise en train de la manipuler.

- Bonjour Jo,  je suis la docteur Maje. Comment vous sentez-vous ?

- Bien merci, un peu faible peut être.

- Etes-vous majeure ?

- Euh, oui j'ai eu vingt ans le premier août.

- Alors Madame C. Crone et vous Madame, puis-je vous demander de quitter la chambre ?

Madame  C. Crone ne broncha pas et quitta majestueusement la pièce. Kim regarda tour à tour sa fille et la docteure et finalement se plia à la requête et se leva.

- Vous pourrez revenir quand je sors, attendez devant la porte.

- Très bien, merci docteure.

Kim sortie, la docteure Maje regarda Jo, et en rangeant son appareil, déclara :

- Vous êtes enceinte.

Jo n'aurait su dire s'il s'agissait d'une question ou d'une affirmation, alors elle resta silencieuse.

- Vous avez eu une chute de tension, une hypoglycémie je suppose. Je vais vous donner un sérum très concentré en oligo éléments et surtout en fer. Vous souffrez d'anémie et mon conseil est que dès demain vous preniez contact avec votre clinique pour un examen du sang un peu plus approfondi. Vous êtes suivie par quelle clinique ?

Jo mentit, mais seulement à moitié, car son intention était bien d'aller voir Mme Emma.

- A la Clinique de la Paix.

- Ah, je connais bien la directrice, Mme Emma. Si vous voulez, je l'appelle.

- Non, non, merci, je le ferai moi-même je préfère, c'est un peu délicat.

- Votre mère ne sait pas encore ?

- C'est un peu ça. C’est une histoire compliquée.

- Qui ne me regarde pas, mais le diagnostic médical me concerne. Vous devez impérativement faire un contrôle. Vous me promettez ?

- Je vous le promets.

- Merci. J’espère que votre mère ne sera pas trop fâchée d'avoir dû sortir, mais dans ces situations un peu particulières, je ne sais jamais si toutes les personnes sont au courant. En plus, je pense que Mme  C. Crone n'a pas besoin de connaître votre vie privée. Et je ne pouvais pas la faire sortir et laisser votre mère. Vous lui expliquerez ? Vous savez, Madame  C. Crone n'est pas la première venue. Et nous sommes dans son château!

- C'est son château ?

- Oui, parmi d'autres petites choses. Je comprends qu'elle n'ait pas envie d'avoir des soucis le soir de cette magnifique fête. Mais je suis quand même surprise qu'elle se soit dérangée pour un étourdissement. Elle vous connaît ?

- Oui, enfin, pas vraiment. Mais je crois qu'elle m'apprécie, sans doute à tort !

- C'est pourquoi elle est venue. Vous avez de la chance, vous aurez pu, et moi aussi par la même occasion, apprécier la beauté des chambres.

12/09/2012

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Mariage blanc

- Chères amies, chère Carol, chère Flor, chère Julia. Ce jour est le plus grand jour dans la vie d'une femme après son anniversaire de vingt ans: son mariage. Et si les vingt ans correspondent à un tel évènement, ce jour est tout simplement unique. Mesdames, mesdemoiselles, j'aimerais que nous chantions toutes "Joyeux anniversaire" pour fêter les vingt ans de Flor qui est aujourd'hui majeure !

Un tonnerre d'applaudissements emplit la salle et l'orchestre commença a jouer, sur un rythme rapide, puis, alors que toutes les femmes chantaient, Killy Cooper accompagna la musique qui ralentit pour finir très lentement  sur "Joyeux anniversaire, belle Flor". Les larmes coulaient a flot, le champagne aussi, les cris de « hourras » et « vive les mariées » se mélangeaient. Jo s'évanouit.

11/09/2012

ADAM & REVE

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Mariage blanc

Jo n'arrivait pas en retirer son regard de Madame  C. Crone. C’est uniquement lorsqu’elle-même la regarda en lui faisant un petit signe des paupières que Jo put décrocher son attention. Devant elle, le bouquet de Julia. A droite, Kim.

- Maman, c'était Madame Mado  C. Crone !

- Oui je sais mon cœur.

- Parce qu'elle ne s'est pas présentée.

- Oui, les Trente n'ont pas besoin de dire qui elle sont. Et elle fait partie des deux ou des trois plus puissantes femmes de la cité. Je ne sais pas qui aurait l'affront de ne pas savoir qui elle est !

- Je me sens un peu bizarre.

- Tu as un job ma chérie, et de quelle façon !

- Oui, je suis un k, il y a le l, le m, le n... et le k.

- Il y a le aaah, le euh, le hue charrette ou le oh c'est beau, mais toi tu es une exception a-t-elle dit, une exception !

- Elle devait penser à sa propre fille ! Elle doit être là d'ailleurs. Si la mère est là, la fille aussi. Je me demande qui c'est.

- Mais tu l'as rencontrée à la clinique, non ?

- Non, je t'ai déjà dit, je l'ai manquée. Elle est partie juste quand nous arrivions. Je ne connais pas son visage. Et ici, avec toutes les jeunes femmes invitées, c'est juste impossible de la retrouver

- J'ai une idée proposa Swan, tu vas voir la Madame  C. Crone et tu lui dis: " Mado, tu peux me dire qui est ta fille ? J’aimerais bien savoir, suite à cette sombre histoire de viol"…

Elles partirent toutes les trois d'un grand éclat de rire.

- Mado, je me demande bien qui ose l'appeler Mado. La mère de Julia peut-être ?

- Tu te souviens quand vous étiez fâchées avec Julia ce que je t'avais dit sur le X ? L’inconnue que sa mère et Madame  C. Crone étaient éventuellement amies, voire, très bonnes amies ?

- Oui Mman, tu es une devine. Tu anticipes toujours tout.

- Oui, facile, dans une dizaine de possibilités, si une s'avère juste, on dit que je suis une devine. Je n'ai fait que la liste des courses !

- Mman, je t'adore.

- D'ailleurs Jo, j'aimerais quand même bien savoir ce que vous vous étiez dit avec Mado lorsque vous avez pris le thé ensemble...

- Rien du tout, c'est mon petit secret.

Jo s'interrompit car l'orchestre avait repris un morceau assez fort pour créer le silence des convives. Après quelques minutes et un chant poignant sur l'amour que Killy Cooper entonna, le silence s'imposa.

 

10/09/2012

ADAM & REVE

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Mariage blanc

- Bonjour mademoiselle Solen.

Jo se retourna et son visage marqua une telle surprise que la grande dame qui se tenait debout devant sa chaise reprit.

- Je ne voulais pas vous effrayer, Jo, vous allez bien ?

Jo se leva et saisit la main longue et soignée qui était tendue devant elle.

- Oui Madame, très bien. Puis-je vous présenter ma mère et son épouse ?

Kim se leva et à son tour saisit cette main majestueuse.

- Kim Solen, bonjour Madame.

Swan s'était levée à son tour.

- Swan Solen, Madame.

- C'est un honneur de vous rencontrer toutes les trois en une telle occasion. Jo,  vous êtes resplendissante, le bronzage vous va à merveille, et vous avez peut-être pris un ou deux kilos ? Cela vous rend belle comme un fruit mur que l'on a envie de prendre dans sa main. Dites-moi, Jo, où en êtes-vous de vos études ?

- Je reprends demain la fac de droit, comme toutes. Et c'est ma dernière année, je vais faire mon travail de diplôme.

- Votre travail de diplôme ? Sur quoi porte-t-il ?

- Madame, veuillez m'excuser mais je ne peux pas le dire. La directrice m'a demandé d'être discrète, pour des raisons de...

- Cette Angie, elle protège son université comme une mère sa fille. Elle veut toujours le meilleur pour les meilleures. Enfin, je comprends et apprécie grandement votre respect de cette consigne, non écrite. Le thème doit être intéressant, je lirai votre thèse quand elle sera publiée et officielle, vous voudrez bien m'en faire parvenir un exemplaire je vous prie.

- Ce serait un honneur, Madame !

- Et Jo,  si vous cherchez un endroit ou votre carrière sera à la hauteur de vos compétences, venez nous voir. Les talents sont rares de nos jours et je connais le vôtre. Nous avons toujours besoin de très bons juristes chez  UGLA.

La créature s'était tournée vers Kim, qui s'était rassise. De son aplomb, elle sourit d'un sourire sans sourire et termina.

- Madame Solen, votre fille est un cas, je suppose que vous le savez. Enfin je veux dire, une exception. Je suis enchantée d'avoir fait votre connaissance, bonsoir.

 

Et, suivie de ses suivantes, Mme Mado  C. Crone se dirigea sobrement vers la table d'honneur. Plusieurs femmes se levèrent sur son passage, d'autres vinrent lui serrer la main, faire une révérence ; parfois on voyait un signe de tête parmi les invitées. Mme  C. Crone portait une robe bleu nuit assez longue pour avoir une traîne qui empêchait ses suivantes de rester trop près d'elle.  Elle marchait comme une reine, ses cheveux remontés sur la nuque, un bijou de rubis et de diamant s'écoulant sur son cou. Arrivée à la table d'honneur, sa chaise se recula et elle s'assit, face a la salle comble des invitées, à la droite de la mère de Julia. Elle se pencha sur son oreille et toutes deux se mirent à rire.

07/09/2012

ADAM & REVE

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Mariage blanc

- Bonjour ma chérie, je te cherchais partout.

- Mman! Mman, que je suis heureuse de te voir. Tu ne m'avais pas dit que tu viendrais !

- Non, je voulais te faire une surprise. Quand Georges t'a déposée, il est venu me chercher, et depuis, je te courre après. Tu ne pouvais pas rester avec les autres, comme tout le monde ?

- Comme tout le monde, Mman, tu sais bien…

- Bien sûr que je sais bien, et c'est bien pour ça que je suis ici en train de me promener dans le parc plutôt que sur le perron avec toutes ces dames. Viens sur mon cœur, ma belle tu m'as tant manqué. Tu imagines depuis combien de temps tu es loin de moi ?

- Depuis trop longtemps Mman. C’est si bon de te voir.

- Alors, je suppose que tu as des millions de choses à me raconter.

- Oui, Mman, des millions, je ne sais pas par quoi commencer.

- Laisse-moi te regarder, tu es splendide. Quelle jolie robe bleue ! On dirait une fleur dans un champ de campagne.

- Un coquelicot ?

- Oui, sauf que les coquelicots sont rouges.

- Cela dépend pour qui...

- Ecoute, la nuit se lève, je te propose de retourner vers la lumière de la fête. Le diner va certainement bientôt être servi, et il serait inélégant d'arriver en retard.

- Oui Mman, tu as raison, comme d'hab !

- Comme d'hab, sinon à quoi ça servirait d'être maman ?

 

Jo et Kim revenaient lentement vers le château inondé de lumière. Les lustres, les bougies, le soleil couchant, l'éclat était tel que le jour se cachait dans l'ombre. Kim tenait Jo par la main et elles gravissaient les marches de l'escalier majestueux quand soudain une rumeur remplit l'air et qu'un objet arriva à toute vitesse sur Kim. Jo eut un reflexe immédiat de lever sa main pour protéger saman du projectile et elle attrapa... un bouquet de fleurs. C’était l'un des deux bouquets de fleurs. Jo le tendit à Kim en lui demandant de le prendre, mais Kim, en souriant, refusa.

- C'est toi qui l'a attrapé, c'est toi la prochaine !

Les cris fusaient de la balustrade. Les visages épanouis et souriants regardaient les deux femmes monter les marches. Jo ne savait plus où se mettre. Si elle avait pu, elle serait redescendue, mais Kim la tenait fermement par la main et Jo arriva sur la terrasse sous les huées. Julia arriva en courant

- Je l'ai lancé un peu fort je ne savais pas que j'avais tant de force ! Bravo, tu l'as attrapé, ce sera donc toi la prochaine à te marier, viens !

Et Julia prit son amie par la main, après avoir fait un petit signe à Kim. Flor arrivait aussi avec une autre jeune femme que Jo ne connaissait pas et toutes les quatre ouvrirent le chemin vers la grande salle de réception où le diner de bal les attendait. Jo accompagna Julia jusqu'ä la table d'honneur, l'embrassa et la remercia avant de se diriger vers sa table. Elle retrouva Kim et Swan et s'assit, le bouquet blanc en face d'elle. 

06/09/2012

ADAM & REVE

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Mariage blanc

Jo s'appuya contre le tronc d'un arbre, face à la campagne magnifique qui commençait à baigner dans un début de coucher de soleil. Septembre était un mois qu'elle adorait. Le climat était doux, les champs dorés, le soleil amical. Jo pensa à son anniversaire. "A la famille" avait entonné Mami Li, et ce cri de guerre avait été répété et répété toute la soirée. Comme pour le graver, ou bien l'exorciser. La famille. Kim et Swan sa femme, Jo la fille de Kim et Mami Li saman. En fait, toute la famille tournait autour de Kim. Quatre femmes, une famille. Mais il y avait aussi Zac, le frère de Kim, le fils de Mami Li. Il avait le même sang, les mêmes gènes, donc il faisait partie de la famille ! Il y avait Georges, le chauffeur, qui vivait avec Kim et Swan depuis vingt ans, chaque jour, chaque minute à leur service. Il faisait aussi partie de la famille. Et puis il y avait Adam, le fils de Zac. Jo se souvenait avec précision la discussion que Mami Li avait eue avec Zac et Kim au sujet d'Adam. Zac disait qu'Adam était son fils sans être son fils, car il n'était pas son fils biologique. Et Mami Li défendait de toutes ses forces, qui après deux ou trois spritz étaient très convaincantes, que Zac était le père d'Adam et qu'il n'avait pas d'autre père. Kim avait bien essayé de parler du lien biologique et des gènes en disant que le père est celui qui élève, c'est le père de la culture, alors que le père biologique était le père de la nature. Mami Li n'avait rien voulu savoir. Et la discussion avait fini sur les larmes, car Kim, avec sa logique implacable, avait transposé la question des hommes aux femmes, et si tout le monde était d'accord pour dire que la mère est celle qui élève, soudain Mami Li avait fondu en larmes en disant qu'elle n'était donc pas la mère de Zac et qu'elle se détestait. Zac avait essayé de la réconforter en lui disant qu'il avait vécu sept ans avec elle et qu'il savait bien qu'elle était sa mère, de nature et de culture, et que c'était bien parce que les lois de cette société étaient ce qu'elles étaient que Mami Li n'avait pas pu l'élever plus longtemps. Mami Li avait arrêté de pleurer et Georges lui avait apporté un autre spritz.

 

Les lumières pastel s'allongeaient sur les vignes qui s'étendaient à ses pieds. Ce domaine était splendide. Les grappes allaient être vendangées bientôt, elles ployaient sous le poids de leurs grains sombres et lourds. Les feuilles dentelées arboraient fièrement des couleurs de flamme, et les ceps, tordus et noirs, montraient toute la vigueur dont est capable la terre pour autant qu'elle ait un génie sachant pomper ses nectars. Le vin est l'union de la terre et du soleil dans la magie du cep, sec et aride.

- Adam, j'aimerais tant que tu soies avec moi. Regarde, le rose qui se fane là-bas, le fond du champ qui se cache dans l'ombre violette, le gris argenté du ciel qui se perce de quelques lumières d'étoiles. Adam, tu me manques déjà.

23/08/2012

ADAM & REVE, suite de 2100 ZONE AMA

 

roman, genre, femme

Vous avez lu et aimé mon premier roman "2100 ZONE AMA" ? Comme promis, je vais publier sur le blog de la Tribune de Genève le deuxième volume qui s'intitule "ADAM & REVE". Vous retrouverez Jo, la femme rebelle, Adam, le peintre aveugle, Zac, le frère, et Kim, la soeur. Mamie Li et Georges, le chauffeur. Le monde n'est pas coupé en deux, les femmes d'un côté et les hommes de l'autre, la vie est de partager, non de séparer.

08:41 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

20/05/2011

2100 ZONE AMA

Si vous avez aimé 2100 ZONE AMA, vous aimerez peut-être la suite du triptyque: ADAM ET REVE...

Quand le pouvoir réalise que certains sont exclus... Jo va tout faire pour qu'Adam et les hommes soient intégrés dans cette société. Cela commencera par sa propre vie à elle. Ce monde rose et préservé qui était le sien va se teinter de violence et d'autres réalités. La différence enrichit mais oblige à changer. Jusqu'à quelle limite peut-on aller, et au-delà, y a-t-il un monde meilleur ?

07:00 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)

19/05/2011

2100 ZONE AMA

Chapitre 9Diapositive1.jpg

Famille

 

- Tout le monde est là?

- Non, Mami Li, il manque Jo

- Jo?

- Oui, elle est aux toilettes, elle a... des nausées expliqua Adam

- Des nausées? Mon bébé a des nausées? S'étonna Kim?

Jo arriva sur ces entrefaites en s'excusant

- Non merci, je ne me sens pas de boire du champagne. Un verre de jus de fruits?

Georges se précipita à la cuisine et revint avec un verre coloré.

Mami Li leva son verre se spritz.

- Les enfants, comme vous le savez, c'est un grand jour. Nous sommes ici réunis pour fêter les vingt ans de Jo, et Jo, j'aimerais te dire que le plus beau cadeau que tu puisses recevoir pour ton anniversaire est celui-ci.

Mami Li fit une pause. Le silence bloqua les respirations

- Ce cadeau, ma petite Jo, c'est une famille, la famille, ta famille. Je propose que nous levions nos verres à la famille !

- A la famille reprit Zac

- A la famille répétèrent Jo, Kim, Swan, Adam et Georges,

A la famille !

 

...................................................Fin

07:00 Publié dans Fiction sociale | Tags : roman, genre, femme | Lien permanent | Commentaires (0)