04/07/2011

Le retour des "faiseuses d'anges" ?

Il y a des jours où on se demande si le Moyen-Age religieux est derrière ou bien devant nous. Car on y est: l'initiative contre le remboursement de l'avortement a été déposée, par son père spirituel. Naturellement, quelle mère aurait le courage de déposer un tel cercueil ? Quelle mère ayant du avorter aurait le courage de se dire qu'en plus de la détresse morale et psychique qu'elle a subie, elle devrait... payer ? Quelle jeune fille ayant l'angoisse de son retard de règles va dire en souriant: "papa-maman, j'ai deux nouvelles à vous annoncer: une mauvaise et une mauvaise, par laquelle je commence ? La première c'est que je suis enceinte et la deuxième c'est que vous allez devoir payer quelques milliers de francs." La prochaine étape proposée par "nos pères à tous" sera l'abstinence, comme meilleure contraception possible. Et pourquoi pas le mariage vierge ? Avec contrôle préalable de l'hymen et étalage des draps ensanglantés ?

Mais j'y pense, si la mère a une grossesse, elle doit bien avoir été "engrossée" ? Par un homme ? Un père ? Voulu ou non, il faut être deux pour fomenter un embryon. Alors, pourquoi ne pas proposer que le remboursement de l'avortement soit à la charge de l'homme ? En plus des coûts financiers de l'IVG, on pourrait ainsi y ajouter les recherches génétiques en paternité. Et là, je vois la scène: un jeune homme disant à ses parents: "papa-maman, j'ai deux nouvelles à vous annoncer, une mauvaise et une mauvaise...".

Il est prévu que "la loi pourrait prévoir de rares exceptions, notamment en cas de viol ou lorsque la vie de la femme enceinte est en danger". Le viol, encore faut-il le prouver, ce qui ne fait qu'ajouter un traumatisme supplémentaire... En plus d'être violée et de devoir avorter, il faudra encore plaider...

Depuis toujours nombre de femmes sont venues en Suisse car la Suisse n'émettait pas de jugement moral et procédait à cet acte douloureux, dans tous les sens du terme, dans une tradition de discrétion. Ne plus rembourser l'avortement va faire renaître le pire: les faiseuses d'anges. Je vous salue, père de l'initiative, et plains votre fille, si vous en avez une.

 

Jill, votre candidate PLR au Conseil National

17:27 Publié dans Humeur | Tags : femme, avortement, moyen-age | Lien permanent | Commentaires (9)